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    Analyse

    Plantes aromatiques et médicinales: Marrakech destination «Health & Beauty Valley»

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5462 Le 27/02/2019 | Partager
    La région se positionne et crée un écosystème dédié
    Objectif: valorisation industrielle des PAM et création de 2.600 emplois
    Et passer de 7% de taux de transformation à 60% à l’horizon 2024
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    L’écosystème Marrakech, Health & Beauty Valley devrait créer près de 13.000 emplois dont 2.600 industriels

    Faire de Marrakech une destination mondiale attractive en matière de valorisation des PAM (plantes aromatiques et médicinales) avec la création de 2.600 emplois directs industriels, générant près de 3,4 milliards de chiffre d’affaires à l’horizon 2024. C’est l’objectif premier de l’écosystème «Marrakech, Health & Beauty Valley» qui est en cours de finalisation.

    Porté par le cluster Menara, cet écosystème est un partenariat entre les ministères de l’Industrie et de l’Agriculture, le Haut-commissariat aux eaux et forêts et le Conseil régional de Marrakech-Safi.  Avec ses 40 acteurs locaux, la région Marrakech-Safi est la 2e région exportatrice des PAM au Maroc, générant un chiffre d’affaires global estimé à plus de 650 millions de DH, contribuant à plus de 25% du chiffre d’affaires national. Comme pour l’ensemble du Royaume, le taux de transformation de ces espèces à Marrakech reste très faible, ne dépassant pas  7%.

    En effet, le tissu d’acteurs est fortement fragmenté et dominé à 60% par les exportateurs de vrac. Et pour développer une industrie de valorisation à plus forte valeur ajoutée dans la région, il faudra lever un certain nombre de freins au niveau de l’amont d’abord.

    En travaillant sur les ressources (peu de plantes cultivées et une exploitation informelle des ressources spontanées), les techniques de collecte, la traçabilité… Au niveau de la valorisation industrielle, il faut pallier les difficultés d’accès au financement -très souvent dues à une méconnaissance des mécanismes existants-, les difficultés d’accès à des débouchés commerciaux et la faible dynamique d’innovation, explique Youssef Mouhyi, président du cluster Menara.

    D’où la mise en place d’un écosystème territorial pour la valorisation industrielle des plantes aromatiques et médicinales qui va capitaliser sur la dynamique déjà enclenchée. Concrètement et pour développer un amont de qualité,  il faut l’acquisition ou la location de 3.000 ha de terrains agricoles pour les PAM cultivées et 30.000 ha de domaines forestiers  pour les PAM spontanées.

    C’est la mission du département de l’Agriculture. Côté transformation, la stratégie consiste en l’émergence  de 7 à 10 champions régionaux et l’attraction de 25 nouveaux investisseurs pour le développement d’activités à forte valeur ajoutée non encore présentes au Maroc, en capitalisant sur l’écosystème Siti/Martin Bauer.

    Enfin, côté financement, la région devra mobiliser un budget additionnel de 120 millions de DH pour le lancement  de l’écosystème. Il servira, entre autres, à la subvention du foncier industriel, la création de deux plateformes logistiques de collecte, valorisation, conditionnement et commercialisation des PAM et huiles essentielles ainsi que des programmes de formation et de certification des coopératives et exploitants.

    A noter que la participation de la région dans les écosystèmes figure dans les ambitions du Programme de développement régional (PDR) pour 2017-2022 (cf. leconomiste n°5158 du 29 novembre 2017). Le ministère de l’Industrie et du Commerce devra de son côté mobiliser une enveloppe de 270 millions de DH dans le cadre des dispositifs existants ou ajustés (FDII Ecosystème chimie / Nouvelle offre Ecosystème Agro-industrie / Maroc PME) en plus d’un appui à l’attraction des investisseurs internationaux via l’Amdie et un budget supplémentaire pour le démarrage de la cité de l’innovation et le financement du laboratoire R&D.

    Dans tous les cas, si cet écosystème prend forme et réussit ses objectifs, il permettra à la ville de Marrakech de sortir du mono-produit qu’est le tourisme et de renouer avec une industrie qui, à une époque, était l’activité économique principale de Marrakech.

    Les filières

    Le «Marrakech, Health & Beauty Valley» englobera les activités de 9 filières: conditionnement vrac; épices, tisanes, compléments alimentaires; extraction naturelle simple (huiles essentielles); cosmétique verte; extraction naturelle complexe (telle que les absolues et les concrètes); formulation complexe (telle que l’aromathérapie, la phytothérapie et les bio pesticides); gomme de caroube; poudre de caroube (vrac et packagée); emballage et imprimerie. La stratégie a été pensée autour de la nécessité de sécuriser l’approvisionnement en matière première (en qualité et volume) pour développer la filière industrielle et la stimulation des investissements industriels nationaux et internationaux pour atteindre des taux de transformation minimums de 50%. L’investissement dans la R&D occupe également une place importante dans la stratégie de l’écosystème, à travers le développement de projets collaboratifs et d’un tissu important de startups.

    Badra BERRISSOULE

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