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    Economie

    Plantes aromatiques et médicinales: Le Maroc a raté le virage

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5462 Le 27/02/2019 | Partager
    Avec 4.200 espèces, seules 300 sont récoltées et très peu valorisées
    Le taux de transformation est de 20%, malgré les différents dispositifs d’accompagnement
    Alors que la demande mondiale est en forte croissance et les débouchés multiples
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    Il n’est pas rare de trouver sur le marché des médicaments formulés exclusivement à base de plantes et la croissance de l’industrie des médicaments à base de plantes médicinale  est un véritable potentiel pour les PAM marocaines

    Cosmétique, médicament, pesticide, cuisine…, les plantes aromatiques et médicinales (PAM) sont incontournables au quotidien et le Maroc regorge d'une riche variété d'espèces dont plus de 4.200 recensées. Pourtant, à peine 300 sont récoltées et demeurent très peu valorisées malgré la tendance mondiale.

    Le taux de transformation de ces espèces reste très faible au Maroc, ne dépassant pas 20% au niveau national. Pourtant, les plantes aromatiques et médicinales représentent pour le Maroc une manne économique à valoriser. Estimée à 165 milliards de dollars, l’industrie mondiale des PAM est en forte croissance, poussée notamment par les besoins des laboratoires, mais aussi par une demande pour le naturel/bio, les compléments alimentaires,  l’industrie des bio-pesticides.

    Les perspectives de croissance à horizon 2023, en particulier pour la cosmétique verte et les huiles essentielles, seraient de plus de 10%. C’est dire le fort potentiel de création de valeur non capté aujourd’hui par le Maroc. A titre d’exemple, la création de valeur ajoutée par kg de romarin est 20 à 40 fois supérieure lors de la fabrication de produits cosmétiques ou épices à base de romarin que si cette plante est exportée en vrac.

    Si la culture des plantes aromatiques et médicinales existe depuis bien longtemps au Maroc, ce n’est qu’en 1995 que la filière a commencé à s’organiser, restant toutefois chasse gardée des intermédiaires avec des productions vendues à des prix dérisoires et exportées à l’état brut.

    L’arrivée de quelques acteurs et des coopératives a boosté le créneau. Et cette production génère des revenus alternatifs aux communautés locales, le premier objectif de cette structuration, avec une moyenne de 500.000 journées de travail par an. Le second objectif était la transformation de cette manne pour créer de la valeur ajoutée. Malheureusement, et malgré les différents plans (Maroc Vert, écosystèmes chimie verte…), l’on exporte presque que du brut.

    En effet, la vente directe de produits prêts à l’utilisation ne représente qu’une faible proportion. En chiffres, la production de PAM marocaine est estimée à 141 kt destinée à 75% à l’export, générant une faible valeur ajoutée au Maroc et un chiffre d’affaires de 2,2 milliards de DH.

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    Si le Maroc est  positionné au 7e rang des exportateurs mondiaux de PAM (non transformées), il se classe au 23e rang pour les huiles essentielles avec une forte dépendance de l’Espagne, la France et l’Italie

    Plus de 80% des volumes exportés sont sous forme de vrac tandis que les huiles essentielles/extraction représentent 17% des volumes, selon l’étude commanditée par le cluster Menara et réalisée par le cabinet Naos Consulting. Ainsi, si le Maroc est  positionné au 7e rang des exportateurs mondiaux de PAM (non transformées), il se classe au 23e rang pour les huiles essentielles avec en plus une forte dépendance de l’Espagne, la France et l’Italie.

    Aujourd’hui, le défi est de transformer un secteur fournisseur de matières premières non transformées en véritable secteur industriel pour générer des gammes de produits de qualité à forte valeur ajoutée, que ce soit pour le marché local ou international.

    Plusieurs pays producteurs de PAM nous ont précédés avec des plans et des programmes de développement en Inde, en Roumanie, à Madagascar, en Bulgarie… Pour rattraper le retard et concurrencer le marché international, il faudrait rapidement définir des stratégies valables et réalisables, se doter d’unités modernes de transformation en produits de haute valeur ajoutée, répondre aux règles strictes de qualité internationales et donc miser sur la recherche et l’innovation.

    C’est l'objectif d’ailleurs du projet de l’écosystème «Marrakech, Health & Beauty Valley» conçu par le cluster Menara, fruit de 4 ans d’étude. Il sera créé en partenariat avec les ministères de l’Industrie et de l’Agriculture, le Haut-Commissariat aux eaux et forêts et le Conseil régional de Marrakech-Safi.

    Badra BERRISSOULE

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