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    Culture

    1-54 Marrakech: Tous pour un art sans étiquette

    Par Joséphine ADAM | Edition N°:5461 Le 26/02/2019 | Partager
    La foire d’art contemporain pose la question de l’identité
    Le cas de 4 artistes marocains et ivoiriens qui ne veulent pas être catalogués
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    A travers le portrait, l’artiste ivoirien Yéanzi révèle en filigrane la personnalité d'individus à la double identité, utilisant régulièrement des noms d'emprunt. Sa manière à lui de ne pas se laisser enfermer dans une case. Un travail sur la question identitaire qui s’applique à toutes les sociétés (Ph. Montresso)

    Il y avait les galeries et leurs artistes installés à la Mamounia, des performances, des soirées, et le plein d’expositions partout en ville. La foire 1-54 à Marrakech a réuni le beau monde de l’art. On y fait son marché pour certains et on savoure. Des temps de contemplation devant les compositions grand-format en textiles du Malien Abdoulaye Konaté ou devant les photographies brodées de l’Ivoirienne Joana Choumali.

    Beaucoup de monde dans les allées du palace, comme dans le centre ville et la médina où les touristes ont déjà l’impression d’être en été. L'événement dédié à l’art contemporain sur le continent a également initié des rencontres. C’est dans le salon d’Hassan Hajjaj au Comptoir des Mines Galerie, invités par le Macaal, la fondation Montresso et le Bozar à Bruxelles, que 4 artistes ont débattu des règles du je(u).

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    Autre artiste soutenu par Montresso, venu de Côte d’Ivoire lui aussi, les oeuvres de Pascal Konan commencent par celui qui ramasse et amasse les composants électriques dans les rues d’Abidjan. Il reproduit avec ces objets de récupération des scènes de la vie quotidienne dans l’exubérance, en sons et en odeurs, des villes africaines (Ph. Montresso)

    Le jeu des marchés, des cotes d’artistes qui ne dépendent que de l’économie du pays, et le «je» de l’identité et de celle que les autres imposent. Comme le fameux «africain» après artiste. «Je comprends la facilité mais je travaille à sa disparition. Nous serons pleinement reconnus quand nous serons des artistes tout court» affirme le peintre Marocain M’Barek Bouhchichi.

    L’Ivoirien Yéanzi ne veut pas non plus être enfermé dans une case. «Trop contraignant». Et puis son travail sur la question identitaire s’applique à toutes les sociétés. «C’est à nous d’oeuvrer pour ne pas être des artistes africains» confie-t-il. A travers le portrait, il révèle en filigrane la personnalité d'individus à la double identité, utilisant régulièrement des noms d'emprunt. Sa manière à lui de traiter la question.

    La plasticienne Amina Agueznay a souligné l’intérêt d’un tel rendez-vous au Maroc sachant qu’à l’ordinaire, ils se croisent sur d’autres continents. Ils sont pourtant marocains ou ivoiriens mais brillent surtout à l’international. «Enfin une table ronde, dont l’Europe raffole, organisée en Afrique» se réjouit-elle. L’identité est, pour les 4 artistes présents, synonyme de transmission.

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     L’artiste ivoirien Yéanzi fait partie du programme In-discipline soutenu par la fondation Montresso. Les oeuvres sont actuellement visibles à la résidence artistique Jardin Rouge à Marrakech (Ph. Montresso)

    Avec Agueznay, le nom des femmes tisseuses avec qui elle collabore entre dans les musées. Autre artiste venu de Côte d’Ivoire, à l’affiche d’In-discipline soutenu par Montresso, les oeuvres de Pascal Konan commencent par celui qui ramasse et amasse les composants électriques dans les rues d’Abidjan. Il reproduit avec ces objets de récupération des scènes de la vie quotidienne dans l’exubérance, en sons et en odeurs, des villes africaines.

    Le résultat d’une enfance heureuse dans la précarité d’une Afrique aux prises avec l’urbanité. «Je ne cherche pas à être un bon artiste mais un grand artiste. C’est-à-dire un artiste qui collabore avec les autres, ceux qui l’entourent» confie Konan. «Mon travail tient surtout à mes rencontres, aux interactions, les autres sont mon carburant». La solidarité étant peut-être l’essence même de l'identité d’un artiste. Lorsqu’il est africain.

    J.A.

     

     

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