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    Analyse

    Casablanca: La propreté coûtera plus cher pour quel résultat?

    Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5461 Le 26/02/2019 | Partager
    230 millions de DH de plus par rapport à l’ancien contrat de gestion déléguée
    Qui fera le suivi de la qualité des prestations payées au forfait?
    Une SDL pas encore opération-nelle, les élus des arrondissements ou la police administrative?
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    A Casablanca, le volume des déchets, qui est en augmentation de 2,5% chaque année, devra pratiquement doubler en 20 ans (2015-2035)

    890 millions de DH par an, soit près de 6,3 milliards de DH sur 7 ans. Ce montant forfaitaire est partagé par les deux nouveaux délégataires de la propreté à Casablanca. Derichebourg et Averda viennent de décrocher officiellement ce marché après moult péripéties et une période transitoire (et chaotique!) de plus d’un an et demi.

    Finalement, les conventions (correspondant aux 8 préfectures de la ville) ont été entérinées par les élus lors de la session du jeudi 21 février. Etape ultime après la signature des 2 parties et le visa de l’Intérieur. Les deux gestionnaires délégués ont du pain sur la planche. Ils devront retrousser leurs manches afin d’améliorer les services de collecte des déchets dans la capitale économique et réussir là où Sita (filiale du géant Suez) a échoué.

    La tâche est ardue. D’autant plus que les Casablancais sont aujourd’hui désabusés au bout de plusieurs années de gestion cafouilleuse de la propreté. A l’époque Sajid, les élus leur avaient promis monts et merveilles. L’arrivée de Sita et Averda en 2014 a même été qualifiée de nouvelle «ère» de la collecte: matériel dernier cri, suivi GPS, cahier des charges plus verrouillés, suivi et contrôle resserrés, pénalités en cas de défaillance, tri sélectif… Mais ce sont justement ces mesures jugées trop «sévères» qui ont poussé Sita vers la sortie avant le terme de son mandat (2021), selon des observateurs.

    Et bien évidemment, le fait qu’une filiale du groupe Suez jette l’éponge n’encourage pas les futurs prétendants à postuler pour ce marché. Résultat: une période de flottement d’un an et demi en attendant la désignation des heureux élus. Entre-temps, la qualité de service s’est nettement dégradée et le laisser-aller est devenu la norme au grand dam de la population.

    Au final, 4 soumissionnaires se sont présentés et 2 sont retenus après plusieurs semaines d’âpres négociations, selon les termes de Mohammed Haddadi, vice- président du Conseil de la ville en charge du dossier de la propreté.

    Pour la collecte, les responsables communaux ont, semble-t-il, retenu la leçon. Ils repartent sur de nouvelles bases en instaurant un système de rémunération au forfait et non au tonnage (à l’origine d’abus et de triche sur la facturation). Ce système est couplé à une obligation de résultat et un suivi plus resserré sur le terrain (avec la contribution des arrondissements).

    «Nous avons adopté pour la première fois une démarche participative afin d’inclure toutes les parties prenantes au processus d’élaboration du cahier des charges», souligne Haddadi. Ainsi, au lieu d’un seul contrat pour l’ensemble de Casablanca (comme ce fut le cas auparavant), chaque arrondissement est doté de son propre contrat.

    Le contrôle et le suivi sont donc primordiaux pour réussir ce nouveau mandat (valable jusqu’en 2026). Tout le monde est mis à contribution: la SDL Casa-Environnement, les arrondissements, mais aussi et surtout les citoyens.

    «Qui va assurer le contrôle est le suivi? A-t-on assez de ressources humaines dédiées?», s’interroge El Houcine Nasrallah, élu de l’opposition au Conseil de la ville. Pour cet istiqlalien, rien n’a changé si ce n’est le mode de paiement des prestations de propreté. «Tous les ingrédients de l’échec sont là!».

    En effet, la SDL Casa-Environnement, qui hérite de ce dossier, n’est pas encore opérationnelle. «Et les agents de la police administrative qui viennent d’être déployés sont peu nombreux, à peine une cinquantaine», poursuit-il, affirmant que Paris, à titre d’exemple, compte pas moins de 3.500 agents. De surcroît, l’argument de la rémunération jugée «trop chère», évoqué pour l’éviction de Sita en 2017, ne tient plus. La propreté coûtera aujourd’hui 230 millions de DH/an de plus par rapport aux contrats précédents.

    En 2017, les Casablancais ont produit  plus de 1,4 million de tonnes de déchets ménagers et assimilés. La production de déchets, qui est en forte croissance (2,5% par an), atteindra les 2 millions de tonnes/an d’ici 2035. Outre la nature des déchets (principalement organiques ou fermentescibles comme les rebus de cuisine ou du potager, plantes, jus de légumes...), le comportement des populations est également mis en cause dans l’état actuel des lieux. Le Casablancais lambda, qui produit en moyenne 425,8 kg/an, déverse ses déchets n’importe où sans se soucier de l’environnement, ni de la salubrité publique.

    Chiffres-clés de la collecte

    • Budget: 890 millions de DH/an
    • Plus de 6 milliards de DH sur les 7 années du contrat
    • Quantité des déchets: 4.000 tonnes/jour
    • 26.200 km parcourus par jour
    • 20.800 conteneurs collectés par jour
    • 4.700 agents déployés sur le terrain
    • 570 km balayés par jour
    • 160 appels reçus par jour

    Aziza EL AFFAS

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