Economie

Assurance auto: La vente à crédit défie le régulateur

Par Franck FAGNON | Edition N°:5453 Le 14/02/2019 | Partager
Malgré la circulaire de l'Acaps, la pratique reste largement répandue
Une distorsion s'installe sur le marché, se plaignent des courtiers
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L'application de la circulaire sur l'encaissement des primes est optionnelle, ce qui créerait une distorsion sur le marché. Les courtiers s'emploient à pousser l'Autorité des assurances à procéder à des amendements (Ph. Jarfi)

Régler sa prime auto en plusieurs tranches était courant avant la circulaire de l'Acaps (avril 2016) mettant fin théoriquement à l'assurance à crédit. Mais, le texte n'a pas sonné la fin de la récréation. Plusieurs courtiers permettent encore à leurs clients de payer l'assurance auto en deux, voire plusieurs tranches.

Par ailleurs, les compagnies d'assurances ont multiplié les conventions avec le réseau (courtier et société de financement) afin d'étaler le règlement de la prime. «Cette circulaire défavorise clairement les intermédiaires qui l'appliquent», tempête un courtier. L'opinion des assureurs est plus nuancée.

Les assurés ont la possibilité d'étaler le paiement de la prime dans le cadre de dispositifs mis en place par les compagnies d'assurances. Mais les courtiers ne les mettent pas beaucoup en avant, regrette un assureur. Les intermédiaires qui décident individuellement de fractionner le paiement de la prime sont bien conscients du risque qu'ils prennent, poursuit-il. Les automobilistes ont la possibilité de souscrire des contrats de trois ou six mois.

Difficile de changer de vieilles pratiques en un clin d'œil. «La circulaire a le mérite de démarrer un processus pour régler le problème d'encaissement des primes et de la prolifération des impayés. Mais, elle n'est pas équilibrée puisqu'elle met tout sur le dos des intermédiaires», relève Farid Bensaid, président de la Fnacam.

Derrière l'initiative de la circulaire sur l'encaissement des primes, l'objectif de l'Autorité des assurances était aussi d'en finir avec le problème des impayés qui pollue la relation entre les courtiers et les compagnies d'assurances. Tout au moins, l'application de la circulaire stabiliserait le stock des impayés. 6 milliards de DH de primes seraient en souffrance auprès des courtiers (chiffres arrêtés à fin 2016).

«Le stock est un sujet important puisque les  compagnies sont obligées de provisionner de gros montants. Il faut trouver des protocoles qui règlent l'ensemble du sujet», concède un courtier. Aujourd'hui, l'une des difficultés est de distinguer entre les primes qui ont été encaissées et non restituées et celles qui n'ont pas été recouvrées.

«Je peux comprendre que les compagnies soient très fermes sur la restitution des primes qui ont été encaissées. Par contre, il y a matière à discuter sur celles qui ne l'ont pas été. Il faudra trouver au cas par cas un accord en bonne intelligence», souhaite le président de la Fnacam.

F.Fa

 

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