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    Alstom-Siemens: Les raisons de l’annulation du mariage

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5449 Le 08/02/2019 | Partager
    Bruxelles invoque les règles de la concurrence
    La concentration aurait entraîné notamment une hausse des prix
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    La Commission européenne a interdit le projet d’acquisition d’Alstom par Siemens en vertu du règlement de l’UE sur les concentrations. «…En l’absence de mesures correctives suffisantes, cette concentration aurait entraîné une hausse des prix pour les systèmes de signalisation qui assurent la sécurité des passagers et pour les futures générations de trains à très grande vitesse…», a précisé Margrethe Vestager, commissaire chargée de la politique de concurrence.

    Tout en ajoutant que: «La concentration a été interdite parce que les parties n’étaient pas disposées à remédier aux importants problèmes de concurrence que nous avons relevés…».

    La décision fait suite à une enquête menée par la Commission (https://europa.eu) sur l’opération de rachat. Laquelle «aurait permis à Siemens et à Alstom de mettre en commun leurs activités en matière de matériel et de services de transport dans une nouvelle société exclusivement contrôlée par Siemens».

    La liste des justifications de l’institution européenne est bien longue. La concentration aurait créé «le leader incontesté du marché sur certains marchés de la signalisation et un acteur dominant dans le secteur des trains à très grande vitesse».

    Elle aurait aussi «réduit de manière significative la concurrence dans ces deux domaines, restreignant ainsi le choix des clients, notamment les opérateurs ferroviaires et les gestionnaires d’infrastructure ferroviaire, en matière de fournisseurs et de produits».

    Au cours de son enquête, l’exécutif européen a reçu plusieurs plaintes émanant de clients, de concurrents, d’associations professionnelles et de syndicats. Outre des observations négatives de plusieurs autorités nationales de la concurrence dans l’Espace économique européen (EEE).

    Pour Bruxelles, la création d’un véritable marché ferroviaire européen dépend fortement de la disponibilité de systèmes de signalisation conformes à la norme du système européen de contrôle des trains (ETCS) à des prix concurrentiels. Les investissements dans ces systèmes permettront l’exploitation aisée de lignes ferroviaires sûres de part et d’autre des frontières entre les Etats membres.

    La Commission a analysé aussi la concurrence qui pourrait être exercée à l’avenir au niveau mondial par les fournisseurs chinois en dehors de leur marché national. Elle conclut que la menace chinoise n’est pas près de se concrétiser en Europe. Au fait, Berlin et Paris souhaitaient la création d’un champion européen du ferroviaire pour concurrencer le chinois CRRC, spécialiste mondial du ferroviaire né du rapprochement de deux entreprises d’Etat contrôlées par Pékin.

    La Commission européenne a pour mission d’apprécier les fusions et les acquisitions entre entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse certains seuils et d’empêcher les concentrations qui entraveraient de manière significative l’exercice d’une concurrence effective dans l’Espace économique européen ou une partie substantielle de celui-ci. La grande majorité des concentrations notifiées ne posent pas de problème de concurrence et sont autorisées.

    A partir de la date de notification d’une opération, la Commission dispose en général d’un délai de 25 jours ouvrables pour décider d’autoriser cette opération (phase I) ou d’ouvrir une enquête approfondie (phase II).

    Trois enquêtes de phase II sur des concentrations sont en cours: le projet d’acquisition, par Vodafone, des activités de Liberty Global en Tchéquie, en Allemagne, en Hongrie et en Roumanie, le projet d’acquisition de l’activité «compresseurs frigorifiques» de Whirlpool par Nidec et le projet de création d’une entreprise commune par Tata Steel et ThyssenKrupp.

    Regret

    C’est via communiqués que le français Alstom et l’allemand Siemens (les deux firmes sont présentes au Maroc à travers leurs filiales) ont exprimé leur regret de la décision de la Commission européenne. «…Il s’agit d’un net revers pour l’industrie en Europe. Alstom, tout comme Siemens, demeure convaincu que cette fusion aurait créé une valeur considérable pour le secteur de la mobilité à l’échelle mondiale, pour l’industrie ferroviaire européenne, les clients, et les passagers, tout en garantissant la concurrence sur le marché européen. Elle aurait également permis la création d’un acteur européen capable de faire face à une concurrence internationale croissante…», ont-ils fait valoir. Se concentrant sur la poursuite de leur croissance et se basant sur une feuille de route stratégique, les deux groupes repartent de l’avant.

    F. Z. T.

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