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    Politique

    PJD-RNI: La bataille des prétendants sera longue

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5445 Le 04/02/2019 | Partager
    Les deux se disputent le leadership politique pour 2021
    La nouvelle dynamique du RNI inquiète les pjidistes
    Le PAM occupe les strapontins

    A peine un feu éteint qu’un autre est allumé. Les relations entre le PJD et le RNI seront ponctuées d’incendies et de rebondissements tout au long de la période qui nous sépare des législatives de 2021. Pis, plus le rendez-vous approche, plus la fièvre montera. Le dernier épisode a porté sur les commerçants, celui d’avant sur «l’agenda caché du PJD», lancé par Rachid Talbi Alami, en marge d’une rencontre interne du parti de la colombe à Marrakech.

      Le terreau est fertile pour laisser pousser les mauvaises herbes d’autant que la dernière ligne de la course aux élections n’est pas encore prévue pour les autres partis politiques. Pour l’heure, ces deux formations, qui sont en compétition pour le podium, animent la scène politique. Chacun cherchera à affaiblir l’adversaire. Dans cette bataille lancée à l’avance, l’épouvantail d’hier, qu’était le PAM, ne figure plus sur les radars du PJD.

    Les responsables du parti de Saâdeddine El Othmani ont décidé de croiser le fer avec Aziz Akhannouch. Au Parlement, dans les Commissions mais aussi en séances plénières à l’occasion des questions orales, aucune occasion n’est laissée pour s’en prendre au président du RNI. Tout y passe, cumul de l’argent et de la politique, les ministres de son parti font cavaliers seuls, mais c’est le Plan Maroc vert qui est jeté en pâture.

    En tout cas, la dernière critique en date a concerné l’accord agricole. Les groupes parlementaires ont indirectement applaudi le ministre de l’Agriculture pour le travail efficace mené pour faire aboutir ce dossier et signer ce document avec les européens, après l’épreuve de l’arrêt de la Cour de justice de l’UE. Malgré la sensibilité de ce dossier et ses répecussions politiques, le PJD a décidé de botter en touche.

    Alors une question s’impose: pourquoi le PJD cherche à diaboliser Aziz Akhannouch alors qu’hier encore, il lui tressait des lauriers en l’invitant à conserver son poste de ministtre de l’Agriculture dans le gouvernement de Abdelilah Benkirane? Pour un observateur, son organisation et sa méthodologie mises en œuvre depuis qu’il a été porté à la tête du RNI, inquiètent les responsables du parti islamiste.

    Si jusqu’ici, le PJD a profité des faiblesses des autres formations de l’échiquier politique pour s’imposer comme la première force électorale du pays, les choses risquent de changer profondément. Il a compris que s’il continuait ainsi,  il risquerait de bouleverser la carte politique de 2021 et fausser ainsi leurs calculs en raflant la mise.

    En effet, la dynamique qu’il a su insuffler au RNI commence à prendre. Aziz Akhannouch passe ses week-ends à sillonner le pays, pour réorganiser son parti, lancer les organisations parallèles et remettre les militants au travail. Il le fait à un moment où les autres partis semblent fonctionner au ralenti. En décidant de délocaliser les réunions du parti dans les régions, il rappelle à ses ministres le b.a-ba de la politique de proximité pour aller à la rencontre des citoyens et du travail de terrain.

    Même les bureaux politiques se tiennent désormais en dehors de Rabat. Ce mode d’emploi dérange l’échiquier politique habitué à lancer la machine juste avant les élections. Le RNI s’est lancé longtemps à l’avance. En effet, pour 2019, il a placé la barre haut puisqu’il s’est engagé à recruter 200.000 nouveaux adhérents.

    Une campagne nationale pour encourager les recrutements est programmée, avec des caravanes pour les adhésions et l’encadrement des jeunes dans les domaines de la participation politique et de la gestion des affaires locales. Le RNI compte organiser le sommet de la femme indépendante au cours de mars prochain à Marrakech et le congrès des marocains du monde à Madrid. Au menu également, une rencontre nationale des ingénieurs indépendants et une autre consacrée aux élus du parti.

    En outre, le RNI a compris le schéma du PJD et a donc décidé de libérer la parole. En effet, le président n’est plus le seul à exprimer les opinions du parti. A l’instar du PJD, le parti a laissé ses responsables prendre des initiatives pour peser sur le débat. Ainsi, l’ancien président du Raja a répliqué à la sortie de Mustapha Ramid sur les réseaux sociaux au sujet de l’affaire des commerçants et sa propension à impliquer le RNI.

    Ainsi, pour Boudrika, les sorties de route du ministre d’Etat continuent. L’avant dernière a été l’affaire de Abdelilah Hamidine où il avait touché à l’indépendance de la justice. En tout cas, au RNI, on a compris que le PJD a toujours développé une duplicité dans le langage comme s’il était dans l’opposition alors qu’il était aux commandes de l’exécutif.  Il pouvait séparer le travail du gouvernement, de celui du Parlement, tout en prenant ses distances vis-à-vis des partis de la majorité.

    C’est cette ingénierie politique qui a poussé certains observateurs à coller au PJD un sobriquet: la semaine, il gère le gouvernement et le week-end, il excelle dans l’opposition. Sauf que lorsque le RNI s’inscrit dans cette logique, il est vertement rappelé à l’ordre par le PJD, se lamente un responsable du parti de la Colombe.

    L’épisode du modèle de développement n’a pas arrangé les choses. En effet, le chef du gouvernement a présenté une mouture préliminaire du projet à la commission chargée de préparer et de rédiger la vision gouvernementale. Les membres de cette structure ont rejeté cette proposition.

    Social-démocratie

    Le RNI a fixé ses références et ses valeurs avec un positionnement sur l’échiquier politique. Ainsi, il a opté pour le Centre et la social-démocratie, basée sur la justice sociale. Trois valeurs essentielles le cimentent. Si la première a trait à l’égalité complète entre les citoyens pour réaliser la justice sociale, la deuxième concerne la responsabilité dans le sens où les droits sont parallèles aux obligations. Dernière valeur, la cohésion sociale. En effet, une société équitable doit garantir le minimum de sécurité et de paix sociale pour les citoyens.

    M.C.

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