International

La Tunisie sous haute tension sociale

Par L'Economiste | Edition N°:5434 Le 18/01/2019 | Partager
8e anniversaire de la révolution tunisienne
Des élections législatives et présidentielles approchent
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Les Tunisiens sont en colère. La reprise de la croissance ne bénéficie pas aux habitants des banlieues pauvres et des villes de l’intérieur. Le chômage y est deux à trois fois plus élevé que les 15,5% enregistrés nationalement, notamment chez les jeunes diplômés (Ph. AFP)

La Tunisie célèbre le huitième anniversaire de sa révolution dans un contexte de tensions sociales. Transports, écoles et administrations ont été paralysés, jeudi 17 janvier 2018, par une grève générale dans les services publics à l’appel de la centrale syndicale UGTT. Comme conséquence, la RAM a été contrainte d’annuler les quatre vols programmés jeudi et reliant Casablanca à Tunis suite aux perturbations du trafic au niveau de l’aéroport Tunis-Carthage.

A Tunis, le syndicat réclame des augmentations de salaires plus importantes que les 130 à 180 dinars (40 à 55 euros) étalés sur deux ans proposés par le gouvernement, pour contrer la baisse du pouvoir d’achat due à l’inflation, qui a atteint 7,5% en 2018. Le salaire brut moyen d’un fonctionnaire est de 1.580 dinars (500 euros), selon le dernier rapport officiel pour 2016.

Dans un discours télévisé, le Premier ministre Youssef Chahed a assuré que «les finances publiques ne permettaient pas d’accepter les demandes de l’UGTT, tout en ajoutant que le dialogue se poursuivrait après la grève». «Ce sont les augmentations salariales concédées après la révolution en l’absence de croissance réelle qui ont entraîné l’inflation, l’endettement et la baisse du pouvoir d’achat», a-t-il argué.

Ces mobilisations interviennent alors que le débat politique s’est crispé ces derniers mois à l’approche des élections législatives et présidentielles prévues fin 2019. Malgré les avancées de la transition démocratique après la révolution en 2011 et une reprise fragile de la croissance (la Banque mondiale table sur un taux de 2,9% en 2019), la Tunisie peine à répondre aux attentes sociales. Le chômage se maintient au-dessus de 15%, selon les chiffres officiels. La dévaluation du dinar s’est traduite par l’inflation, dans un pays où le salaire minimum est en deçà de 400 dinars (120 euros).

Le pays est lourdement endetté auprès de bailleurs étrangers. Il a obtenu en 2016 du FMI un nouveau prêt de 2,4 milliards d’euros sur quatre ans, en promettant de mener de vastes réformes et de diminuer le poids de la fonction publique dans le PIB.

F. Z. T. avec AFP

 

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