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    Amine Souaq: «L’amour n’est que le carburant du moteur éducatif»

    Par Karim Agoumi | Edition N°:5419 Le 25/12/2018 | Partager
    Usage de la peur, abus d’autorité, tabou des sentiments… Les failles des couples marocains
    Fuir les schémas de masse, construire à partir de zéro, démontrer son affection… Les tuyaux à adopter
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    Psychologue scolaire au sein du groupe Charles Péguy, Amine Souaq est aussi psychologue clinicien et conférencier (Ph. Charles Péguy)

    - L’Economiste: Quels sont les bienfaits de la parentalité positive? Qu’apporte-t-elle à l’enfant?

    - Amine Souaq: Toute éducation qui se veut bienveillante apporte un réel équilibre chez l’enfant, qui devient progressivement plus autonome et responsable. Cette pédagogie lui permet également d’apprendre à contrôler ses émotions négatives (comme la colère) et de verbaliser ses différents besoins. Des attributs et des qualités qui feront de lui un bon citoyen dans le futur.

    - Que pensez-vous de la manière d’éduquer au Maroc? Y-a-t-il encore beaucoup de chemin à parcourir?
    - Eduquer à la marocaine revient souvent à faire usage de la peur et de la menace, comme en témoignent la culture du «policier» ou encore du «bou3ou». Les parents abusent largement de l’autorité qu’ils peuvent exercer sur leur progéniture alors qu’il serait autrement plus profitable de se placer à leur niveau. Autre problème particulièrement handicapant, la volonté d’exaucer ses rêves ou de colmater ses propres plaies à travers son enfant. Une erreur de taille puisque le fils ou la fille idéale n’existe pas… C’est la singularité de chaque sujet qui compte avant tout! Nous sommes en fait dans une hiérarchisation verticale au sein de laquelle le père prend les rênes de la «horde» et soumet automatiquement ses directives sans se soucier du bien être de son enfant ou de la dynamique familiale. Enfin, l’on cache encore beaucoup trop souvent nos sentiments au Maroc. Pourtant, les sentiments parentaux sont les socles essentiels de l’estime de soi.

    - Quels conseils donneriez-vous aux parents pour éviter de commettre l’irréparable?
    - Les parents doivent à tout prix douter du schéma éducatif actuel et rompre avec la transmission quasi-héréditaire de la culture éducative sous nos cieux. Ainsi, l’on doit apprendre à casser les carcans pour construire à partir de zéro la future personnalité de son enfant. Une manière de faire qui nécessite de réaliser beaucoup d’efforts et de ne pas se contenter d’une simple «présence physique». Enfin, exprimer nos sentiments par des gestes et des termes d’affection est également crucial pour éviter toute frustration.

    - Tout ceci exerce-t-il un impact sur le plan scolaire?
    - Oui, bien évidemment! Toutes les difficultés scolaires rencontrées par les enfants ont pour origine un déséquilibre familial, qu’il s’agisse d’absence des parents, de laxisme ou encore de maltraitance. Il en résulte alors une chute globale du rendement scolaire pouvant aboutir à un décrochage et à un déficit d’autonomie.

    Propos recueillis par Karim AGOUMI

     

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