×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Culture

    Ballet de sculptures d’un artiste accusateur

    Par Joséphine ADAM | Edition N°:5418 Le 24/12/2018 | Partager
    David Mesguich invente des êtres anonymes, aussi doux que torturés
    L’occasion aussi de voir la «Siberia» de Hendrik Beikirch jusqu’au 31 décembre
    Zoom sur JonOne, un détonant «hors les murs» à Rabat
    ballet_de_sculptures_018.jpg

    Le travail de David Mesguich se penche sur le rapport de l’humain à son environnement urbain (Source: Montresso)

    David Mesguich est passé du graffiti vandale aux sculptures raffinées. Mais le lien est toujours là. Son travail se penche sur le rapport de l’humain à son environnement urbain. Avec ses structures à facette, toutes dans une gamme bi chromatique de noir et blanc, il invente des êtres anonymes, aussi doux que torturés.

    Quand le raffinement se mêle à ce sentiment dérangeant d’y voir aussi du désarroi. Souvent entravés, soit par du grillage, soit transpercés et lestés de métal, ce qui s’apparente à des hommes et des femmes montrent les restrictions, au sens large, de leurs libertés. «Le fait que notre pensée, nos déplacements, soient conditionnés et limités, est au centre de mon travail».

    jonone_oeuvre_018.jpg

    L’artiste JonOne a coiffé la tour de la Bibliothèque nationale du Maroc. Une œuvre gigantesque de 300m2, qui annonce son exposition «Illuminer le futur» au sein du Musée Mohammed VI d’Art Moderne et Contemporain de Rabat, visible jusqu’au 15 février 2019 (Source: G. Le Bras)

    L’artiste modèle de son fer à souder l’image de la chute de notre civilisation et par elle, de nos certitudes. Présentées jusqu’au 30 janvier 2019 au sein de la résidence d’artistes Jardin Rouge à Marrakech, soutenue par la Fondation Montresso, les «Conditions suspensives» de Mesguich réunissent sculptures de petit format et œuvres monumentales. L’artiste y fait se rencontrer les techniques d’imageries 3D et le modelage traditionnel avouant sa préférence pour les grands formats.

    «Ce que j’aime avec le grand format est le fait d’avoir une emprise directe avec le réel. L’occasion de sortir de la galerie et de se confronter au public, à des passants qui ne sont pas venus pour vous voir». Qu’elles soient pérennes ou éphémères, ses sculptures s’adaptent à leur environnement en termes de volume, de message. Quand le projet est trop fou, trop gigantesque, c’est là que Mesguich se rabat sur le petit format. «Pour des pièces que je souhaiterais réaliser en plus grand».

    L’artiste ne semble pas fait pour les oeuvres «bibelots». L’occasion de voir également sa série de dessins issus d’installations imaginaires. Là encore, pour ne pas oublier des scénographies impossibles? Depuis près de 2 ans, il revient régulièrement à Jardin Rouge continuer de travailler ce fil rouge entre l’humain et l’espace public.

    espace-dart-montresso-018.jpg

    Après les marocains, Hendrik Beikirch a croqué les sibériens. A voir à l’espace d’art Montresso, jusqu’au 31 décembre prochain (Source: Montresso)

    Il parcourt les villes et ses espaces de passage, à la recherche de ce qui sépare et divise. Puis vient le numérique pour dessiner les prémices de ses sujets. Un obsessionnel voyage entre réel et irréel, lieux publics et non-lieux, légal et illégal, et entre passé et futur.

    Au détour de la visite, il reste quelques jours pour voyager en Sibérie cette fois. Le «père» d’Aziz, qui fait face à la gare ferroviaire de Marrakech, a changé de terrain de jeu. Après les marocains, Hendrik Beikirch a croqué les sibériens. Dans les vastes espaces d’art Montresso, son travail a trouvé de la hauteur.

    Plus que des portraits, ce sont des scènes de vie qu’il nous montre, la trace de ses rencontres avec les habitants de cette immensité lointaine. Des tableaux, parfois gigantesques, présentés sur le continent africain pour évoquer l’universalité du discours de l’artiste.

    Hors murs

    Autre pointure soutenue par Montresso, l’artiste instinctif JonOne à qui l’on doit l’œuvre originale qui vient coiffer la tour de la Bibliothèque nationale du Maroc. C’est la première fois que l’artiste s’attaque à si grand. A l’invitation du ministère de la Culture et de la Communication, il a en effet réalisé cette œuvre gigantesque de 300m2, qui annonce son exposition «Illuminer le futur» au sein du Musée Mohammed VI d’Art Moderne et Contemporain de Rabat, visible jusqu’au 15 février 2019. Natif de New York, John Perello, de son vrai nom, fait souffler un peu de l’énergie de Harlem. Comme libérée, la peinture de JonOne, à la fois intense et brutale, exulte. Une bouffée d’énergie.

    J.A.

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc