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    Culture

    Hommage à Mahmoud Darwich: De la poésie en toile

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5418 Le 24/12/2018 | Partager
    3 artistes-poètes à la Galerie Expression CDG
    Une programmation culturelle et poétique
    Une œuvre à 6 mains
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    Mahmoud Darwich n’a eu de cesse de faire parler dans ses poèmes, le ciel et la terre, les plantes, le passé et le présent afin que la mémoire reste vivante et résiste à l’effacement (Ph. DR)

    Alors que Mahmoud Darwich titrait, en 1986, «Plus rares sont les roses» l’un de ses recueils majeurs, 3 artistes plasticiens et poètes: Fouad Chardoudi , Abdellah El Haïtout et Aziz Azrhai ont décidé d’aller plus loin pour rendre hommage à l’immense poète, disparu il y a 10 ans. C’est sous le titre de «Plus de roses», qu’ils ont choisi de commémorer l’influence poétique de Mahmoud Darwich sur les arts.

    «… afin de semer des roses partout autour d’eux dans leur pays et peut-être sur toute la terre…», comme le souligne le critique d’art Moulime Laaroussi, dans le texte du catalogue accompagnant l’évènement.  L’exposition qui se tient à la galerie Espace Expression de la CDG, à Rabat est le fruit d’une résidence artistique organisée par les trois artistes pendant 10 jours, donnant lieu à des œuvres reflétant des points de vue différents et des visions diverses et plurielles portés sur Mahmoud Darwich et sur son impact poétique sur leur goût créatif. Elle est réalisée à l’initiative de la Fondation CDG et de la Maison de la Poésie au Maroc.

    «Cette dixième commémoration dédiée aujourd’hui à l’âme de Darwich est également une célébration des 10 années de partenariat entre la Fondation CDG et la Maison de la Poésie au Maroc. Mahmoud Darwich est le parrain de cette amitié poétique et culturelle, et son architecte qui a ouvert la porte à d’autres amis poètes; les poètes du Maroc et du monde», précise Dina Naciri, la directrice générale de la Fondation CDG.

    Ce poète de la détresse palestinienne n’a cessé, sa vie durant, de chanter sa terre natale et sa mémoire en danger de disparition. Il martelait ses mots comme pour les graver sur le roc afin qu’ils demeurent indélébiles. C’est pour cette raison, note Laaroussi,  que Darwich, n’a eu de cesse de faire parler dans ses poèmes, le ciel et la terre, les plantes, les pierres, les fleuves, les oiseaux, le passé et le présent afin que la mémoire reste vivante et résiste à l’effacement, à l’oblitération et à la disparition.

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    Triptyque réalisé par les 3 artistes, Fouad Chardoudi , Abdellah El Haïtout et Aziz Azrhai en hommage à Mahmoud Darwich, faisant preuve d’une grande humilité face à l’engagement intellectuel du poète résistant (Ph. Fondation CDG)

    «Et nous, nous aimons la vie autant que possible/ Nous dansons entre deux martyrs/ Entre eux, nous érigeons pour les violettes un minaret ou des palmiers/ Nous aimons la vie autant que possible/ Nous volons un fil au ver à soie pour tisser notre ciel et clôturer cet exode…» (extrait de poème de Mahmoud Darwich, traduit par Abdellatif Laabi). Les artistes peintres qui exposent et rendent hommage à cette grande figure de la révolution de son peuple, sont eux-mêmes intellectuels et poètes.

    «Je devine la difficulté qu’ils ont eu à faire taire le verbe en eux et laisser s’exprimer leurs émotions sur la toile. Ils ont eu aussi cette qualité de ne pas céder à la tentation, combien trop grande, de raconter et charger leurs œuvres de redondances et d’anecdotes», précise le critique d’art. Les artistes ont vécu et travaillé ensemble pendant deux semaines. Ils ont même produit une œuvre à trois.

    Une œuvre à 6 mains, exceptionnelle, où les artistes ont mis de côté leur ego, faisant preuve d’un état d’esprit  et d’une grande humilité face à l’engagement intellectuel certain de Mahmoud Darwich, comme le décrit si bien l’un des protagonistes Aziz Azhai: «À mon sens, Mahmoud Darwich fait partie de ce panel de poètes ayant dépassé le simple fait d’écrire de la poésie pour constituer des phénomènes humains créatifs traversant le temps et faisant fi des spécificités culturelles et linguistiques... Je ne crois pas qu’il existe un poète ou encore un artiste qui ne soit peu ou prou influencé par Darwich, poétiquement, humainement, et par une présence remplissant l’espace et fascinant le regard».

    L’évènement qui se poursuit jusqu’au 12 janvier, est ponctué de plusieurs soirées poétiques, d’ateliers  créatifs et de visites guidées au bénéfice des élèves de la région Rabat-Salé-Kénitra.

    A.Bo

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