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    Analyse

    Nouveau modèle de développement: Les écueils à éviter

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5416 Le 20/12/2018 | Partager
    Les réformes menées n’ont pas permis une transformation structurelle de l’économie nationale
    Lenteur du processus d’industrialisation
    L’actuel modèle est «générateur d’inégalités»
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    Le ralentissement de la croissance du PIB, avec une moyenne de 3% entre 2014 et 2018, est l’un des principaux symptômes des limites de l’actuel modèle de développement. Elle est principalement tirée par la consommation des ménages et par l’investissement public

    La refonte du modèle de développement nécessite d’abord de corriger les dysfonctionnements ayant limité l’impact de celui en cours. Le diagnostic, largement partagé, a mis à nu une série de défaillances. Lors du dernier discours du Trône, le Roi a clairement souligné que «l’ampleur du déficit social et les modalités de réalisation de la justice sociale et territoriale sont parmi les principales raisons qui nous ont incité à appeler au renouvellement du modèle de développement national».

    Concrètement, «repenser le modèle revient à s’interroger sur les choix des politiques publiques à revoir, en tirant les leçons du passé, ainsi que les choix nouveaux à faire, les institutions à renforcer…», selon Mohamed Tawfik Mouline, directeur général de l’Institut royal des études stratégiques (IRES).

    Intervenant lors d’une conférence, organisée hier par cet organisme, à Rabat, il a mis l’accent sur les différents problèmes à surmonter en vue de réussir l’implémentation du nouveau modèle de développement. En tête, «les performances mitigées de la croissance, qui a ralenti durant la période 2014-2018, avec une moyenne de 3%». Elle est principalement tirée par la consommation des ménages et par l’investissement public, «dont la rentabilité n’est pas avérée».

    La compétitivité du Maroc à l’international reste encore faible, à cause de l’absence de diversification des produits à l’export et des pays de destination. L’industrialisation, indispensable pour revigorer la croissance, «s’opère selon un rythme lent, en dépit des avancées ayant marqué les Métiers mondiaux du Maroc».

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    En dépit de l’amélioration du volume et de la valeur des exportations, la compétitivité internationale du Maroc reste freinée par la faible diversification des produits et des pays de destination

    Parallèlement, «l’emploi industriel régresse». Malgré la modernisation du secteur financier, notamment grâce à une série de réformes, cela n’a pas permis la canalisation de l’épargne de long terme au financement des activités productives. Toutefois, les efforts d’inclusion financière des ménages sont freinés par les inégalités régionales et de genre.

    Globalement, le DG de l’Ires a estimé que «les réformes menées n’ont pas permis une transformation structurelle de l’économie marocaine». Comme cela a été relevé par plusieurs rapports, la gouvernance continue d’impacter le rythme de développement. Le problème de cohérence des politiques publiques est particulièrement pointé.

    Le fonctionnement de certaines institutions manque également d’efficacité, est-il indiqué. Cela est couplé à la persistance de difficultés en matière de mise en œuvre et de suivi de ces politiques. Actuellement, le modèle de développement «n’en reste pas moins générateur d’inégalités, considérées par les citoyens comme l’un des principaux obstacles au vivre ensemble», selon Mouline.

    Acquis

    Si l’actuel modèle de développement semble s’essouffler, les efforts menés durant les dernières années ont permis d’assurer une série d’acquis, sur lesquels le Maroc pourrait capitaliser pour relancer la croissance. C’est le cas notamment de «la stabilité politique et de la vocation réformatrice du pays», selon Mohamed Tawfik Mouline. S’y ajoute la cohésion sociale, en dépit du risque de fragilité, lié notamment au recul des solidarités familiales. La richesse globale du Maroc a également doublé, depuis l’accession du Roi Mohammed VI au Trône. S’y ajoutent le développement accéléré des infrastructures, le renforcement de l’aménagement urbain, transformant certains villes en véritables métropoles, notamment Rabat avec le projet du Bouregreg et Tanger avec le port Tanger-Med. Le Maroc est également en avance en termes d’adaptation aux changements climatiques, via une transition énergétique qui mise sur le développement des énergies renouvelables.

    M.A.M.

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