International

Crise des «gilets jaunes»: Après les promesses, l’accalmie?

Par L'Economiste | Edition N°:5412 Le 14/12/2018 | Partager
Emmanuel Macron veut accélérer le rythme des réformes
Mais dans la rue, le mouvement est loin de s’essouffler

«Aucun pays n’avance s’il n’entend pas cette part de colère légitime de son peuple…». Ce sont les mots du président français Emmanuel Macron avant le début du sommet européen prévu le 13 décembre 2018 à Bruxelles, en faisant référence aux annonces pour tenter de mettre fin à la crise des «gilets jaunes».

«Je considère que cette réponse était à la fois légitime et importante pour la France, mais elle n’entrave en rien la volonté de maîtrise de nos dépenses et le maintien du cadre des réformes», a ajouté le chef de l’Etat. Pour certains «gilets jaunes», la mobilisation se poursuivra samedi 15 décembre 2018. Ils rejettent ainsi l’appel du gouvernement français à suspendre le mouvement.

Dans un communiqué, ils avaient jugé insuffisantes les mesures annoncées par Emmanuel Macron (voir aussi notre édition N° 5410 du 12/12/2018) pour tenter d’apaiser la contestation, notamment la hausse de 100 euros par mois pour les travailleurs au smic. «Ces mesures ne reflètent en rien une vraie volonté d’améliorer le pouvoir d’achat, de répartir la charge des taxes sur tous les acteurs et ne donnent pas non plus place à la voix du citoyen», écrivent-ils.

Les protestataires ont pour cela soumis aux internautes quatre propositions: «l’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne, la création d’une assemblée citoyenne, la baisse des taxes sur les produits de première nécessité et la réduction significative des salaires gouvernementaux». Toutes sont plébiscitées par les dizaines de milliers de visiteurs sur leur site, affirment-ils.

Dans la matinée, le gouvernement a appelé les «gilets jaunes» à ne pas manifester et être raisonnables après l’attentat de Strasbourg. D’autres figures du mouvement ont ainsi estimé ces derniers jours qu’il fallait négocier avec l’exécutif. Ce dernier prévoit de présenter le mercredi 19 décembre 2018 en Conseil des ministres un projet de loi qui viendra reprendre l’ensemble des mesures annoncées par le président.

«L’idée est que ce projet puisse être soumis à l’Assemblée nationale puis au Sénat dans les meilleurs délais et être adopté, si les Assemblées le souhaitent, avant la fin de la session ordinaire», a annoncé le Premier ministre Edouard Philippe au Sénat. Le gouvernement se voit confronter à deux difficultés majeures: trouver les financements pour ne pas trop peser sur le déficit et honorer dans les faits l’augmentation de 100 euros pour tous les salariés au niveau du smic…

Afin de rapprocher au maximum de la barre des 3% fixée par Bruxelles, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a souhaité «un effort spécifique demandé aux plus grandes entreprises et une taxe sur les géants du numérique qui devrait rapporter en année pleine 500 millions d’euros». «Les arbitrages seront rendus en début de semaine prochaine», selon Bercy.

Moody’s s’attend à un ralentissement des réformes

L’agence de notation Moody’s s’attend à ce que le rythme des réformes ralentisse en France suite au mouvement des «gilets jaunes». Parmi les réformes citées figurent celles des retraites et de l’assurance chômage. «Elles devraient en principe être largement soutenues par l’opinion, mais les retraites sont un sujet hautement sensible en France et le gouvernement pourrait bien retarder la présentation de ses propositions détaillées, prévues à l’origine pour le second semestre 2019», écrit l’agence. Elle juge d’ailleurs que la poursuite du programme de réformes est plus importante que les conséquences négatives sur le déficit public…

F. Z. T. avec AFP

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