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    Economie

    Le business plan de la Fondation des œuvres sociales

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5411 Le 13/12/2018 | Partager
    Objectif: Trouver des solutions collectives à des problèmes individuels
    Mohamed Berrada, Noureddine Chakrani… des profils pointus mobilisés
    110.000 enseignants ont accédé au logement grâce à la Fondation
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    «Le ministère de l’Education nationale nous apporte beaucoup, nous aide sur tous nos chantiers. Nous sommes là pour l’assister et pour satisfaire les besoins sociaux de la population des enseignants», a expliqué Youssef El Bakkali, président de la Fondation Mohammed VI de promotion des œuvres sociales de l’éducation-formation (Ph. L'Economiste)

    - L’Economiste: Quel est le rôle de la Fondation dans l’implémentation de la réforme de l’enseignement?
    - Youssef El Bakkali:
    La création de la Fondation est une émanation de la Charte de l’éducation-formation, considérée comme un levier qui stipulait clairement que pour réussir la réforme, il fallait que ses porteurs, notamment les enseignants, soient motivés. La première motivation est d’ordre professionnel, à travers la révision de leurs statuts, des curricula, des outils pédagogiques et des infrastructures. La deuxième a trait au dilemme des motivations financières, sachant que leur nombre élevé a toujours été un handicap pour une augmentation des salaires et qu’une hausse de 3 ou 5% n’allait pas résoudre les problèmes quotidiens des enseignants. C’est pour cette raison qu’il a été décidé la création d’une Fondation d’œuvres sociales, qui permet de trouver des solutions collectives à des problèmes individuels. Son conseil d’administration est composé d’une représentation tripartite, un tiers des syndicats les plus représentatifs, un tiers des administrations les plus concernées, et le dernier tiers comprend des personnalités du secteur économique et financier. C’est ce Conseil qui met en place la stratégie et le plan d’action de la Fondation. En pratique, la Fondation vise à régler les problèmes sociaux des enseignants dans les domaines du logement, de la santé, des études des enfants, du transport, des loisirs,… Enfin, pour répondre à la question, le rôle de la Fondation dans l’implémentation de la réforme de l’enseignement est de faciliter la vie quotidienne du corps enseignant pour lui permettre de se concentrer sur sa mission principale qu’est l’éducation des générations futures.

    - Que pensez-vous de la réforme de l’enseignement?
    - Nous sommes dans une période exceptionnelle par rapport à la réforme de notre système éducatif. Nous avons une vision claire, une forte volonté de réussir qui remonte jusqu’au plus haut niveau de l’Etat en assurant que l’éducation soit dotée de tous les moyens pour parvenir aux résultats escomptés. Le Maroc a la chance d’avoir le Conseil supérieur de l’enseignement, qui a pris beaucoup de maturité et dont les rapports sont de très grande facture. Enfin, un ministre, jeune et dynamique, doté d’une volonté de réussir ce chantier, d’une grande expérience dans le secteur et d’une grande capacité de travail. Ce qu’il nous faut c’est l’adhésion de tout le monde, des enseignants, des parents, des élus locaux et des citoyens. Tous les ingrédients sont là pour relever le défi. Il faut juste de la persévérance, un peu comme le disait si bien feu Abdelaziz Meziane Belfkih, «il n’y a pas de soir glorieux, il n’y a que de petits matins laborieux».

    - Quelle est la nature des relations que vous entretenez avec le ministère de tutelle?
    - C’est une relation forte sans qu’elle ne soit hiérarchique. Le ministère de l’Education nationale n’a pas de tutelle sur la Fondation qui est un établissement créé par la loi, doté d’un président nommé par SM le Roi et d’un conseil d’administration. Par contre, ce sont nos principaux partenaires et nous sommes complémentaires. Le ministère s’occupe de la population des enseignants dans tous les volets administratifs et pédagogiques et la Fondation se charge des aspects sociaux. Je travaille, main dans la main, avec le gouvernement et principalement avec le ministère de l’Education nationale et de l’enseignement supérieur. Ils nous apportent beaucoup, nous aident sur tous nos chantiers. Nous sommes là pour les assister et pour satisfaire les besoins sociaux de la population des enseignants.

    - Et avec le Conseil supérieur de l’enseignement…?
    - La Fondation est membre du Conseil supérieur de l’enseignement. Aucune des deux institutions n’a de tutelle sur l’autre. Le Conseil se penche sur tout ce qui est stratégique pour le système éducatif: nous, les œuvres sociales. Son président, Monsieur Omar Azziman est un grand homme d’Etat, avec une riche expérience. Personnellement, je le consulte pour toutes les grandes décisions. C’est une source de conseils et d’orientation à chaque fois que j’en ai besoin, sachant que le conseil d’administration de la Fondation est d’une grande qualité. Le tiers est composé de  secrétaires généraux des syndicats les plus représentatifs, le tiers, de certains SG de l’Administration. Le dernier tiers comprend 7 représentants des secteurs économique et financier.

    - Comment vous choisissez les membres de ce dernier tiers?
    - Nous avons ciblé les 7 personnes en fonction des principaux besoins et prestations qui intéressent les enseignants: le logement, la santé, le transport, les loisirs et l’éducation. Chacun nous apporte un éclairage en lien avec son domaine. Nous avons Mohamed Berrada, ancien ministre des Finances. Noureddine Charkani, président du directoire de Wafa-immobilier, Ali Ghanname, ex-président de la Fédération nationale du tourisme. Il est d’une grande utilité pour tous les aspects touristiques et de loisir. Bachir Baddou, DG de la Fédération des assurances pour les aspects de l’assurance maladie, Abdelaziz Adnane, DG de la CNOPS, Madame Rahma Bourquia, directrice de  l’Instance d’évaluation. Nous avons  également le professeur Najia Hajjaj Hassouni et ancienne doyenne de la faculté de médecine de Rabat qui intervient dans tout ce qui relève de son domaine. Ces membres sont proposés conjointement par le président de la Fondation et le ministre concerné au chef du gouvernement pour approbation.

    - Quels sont les principaux projets programmés pour la prochaine étape?
    - Pour la décennie 2018-2028, les actions principales concernent certains domaines. Ainsi, pour le logement, depuis sa création, la Fondation a pu loger 110.000 enseignants, avec une subvention des crédits de plus de 4 milliards de DH. Pour 2018-2028, nous allons lancer un plan d’action qui va toucher encore 100.000 personnes. La subvention sera plus conséquente au point d’atteindre 7 milliards de DH. Nous allons intégrer les crédits alternatifs, parce qu’une grande partie de cette population les attend en plus des crédits classiques Fogalef sur lesquels des ristournes d’intérêt sont accordées. Sachant que la santé et le logement, sont prioritaires pour nos enseignants.

    Ressources

    Deux origines alimentent les ressources de la Fondation. La première est la cotisation des adhérents qui sont en exercice, un prélèvement à la source, de l’ordre de 20 à 80 DH par an, en fonction de l’échelle des enseignants. Cela représente près de 30 millions de DH par an. Les retraités quant à eux choisissent de continuer à être adhérents de la Fondation. S’ils sont d’accord, ils signent pour un prélèvement à la source de l’équivalent d’un jour de pension par an. La deuxième partie des ressources de la Fondation représente 2% de la masse salariale du ministère. Ce budget de l’Etat est mis en place pour accompagner la réforme du système éducatif. Cela représente près de 800 millions de DH par an. C’est grâce à cette manne que nous arrivons à mettre en place les programmes de la Fondation. 

    Propos recueillis par  Mohamed CHAOUI

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