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    Economie

    Fret routier: Amara fait le grand écart

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5396 Le 22/11/2018 | Partager
    Une commission pour statuer sur la surcharge des camions
    Les deux courants de grévistes opposés sur ce point

    Les transporteurs de marchandises feront-ils céder le ministre de tutelle sur des points qui frisent l’illégal? En tout cas, Abdelkader Amara, ministre de l’Équipement, vient de leur envoyer une invitation à la veille de la création de trois commissions thématiques. Celles-ci plancheront sur les revendications portées par des associations de transporteurs de marchandises lors de la grève d’octobre dernier.

    Le ministre demande à chacune de désigner un représentant pour chaque commission. Des dizaines d’organisations à la représentativité parfois douteuse. Il leur est d’ailleurs demandé de fournir un exemplaire de leurs statuts, la liste des membres du bureau ainsi que tous autres documents réglementaires.

    La première commission planchera sur l’épineuse question du prix du gasoil, qui a connu une forte hausse depuis quelques mois. Le carburant représente 40% des charges des entreprises de transport. La pression sur les marges est au maximum. Du coup, la Fédération du transport et de la logistique, affiliée à la CGEM, réclame l’instauration d’un gasoil professionnel à l’image de celui dédié aux entreprises de pêche. La question n’a jamais dépassé le stade de simple requête.

    Le ministre du Transport annonce que des pistes seront soumises à la commission dédiée. Une autre voie permettant de réduire la facture pétrolière des routiers serait d’augmenter la TVA à 20% au lieu de 10%. Pourquoi la TVA ? Parce que la particularité des transporteurs, c’est qu’elle est récupérable sous forme de subvention.

    Ainsi, par exemple, si le prix du carburant est de 10 DH TTC, ils pourraient récupérer 2 DH/litre avec le doublement de la taxe. Le projet de loi de finances n’a pas prévu de mesure dans ce sens, à moins qu’un amendement ne soit introduit au niveau de la deuxième Chambre. Autrement, il faudra attendre la loi de finances 2020 si les professionnels ne perdent pas patience et déclenchent de nouvelles grèves.

    La polémique de la surcharge sera également étudiée par une commission spécifique. Le problème concerne essentiellement les camions de 3,5 et 18 tonnes. Soit l’essentiel du parc roulant. L’on serait curieux de voir comment cette thématique sera traitée car les deux courants de grévistes ont des intérêts diamétralement opposés sur la question. La Fédération du transport routier aux ports (CGEM) est opposée à la surcharge. Elle demande une vraie lutte contre ce phénomène.

    A l’inverse, un deuxième camp de grévistes réclame que les contrôleurs se montrent plus flexibles. Ces derniers ont obtenu, du moins provisoirement, gain de cause. Le communiqué du ministère du Transport parle d’un assouplissement des contrôles et que la marge de tolérance sera portée à 30%.

    Par conséquent, un camion dépassant sa capacité de 1/3 ne sera pas verbalisé. Or, la plupart des camions de moins de 18 tonnes sont déjà en surcharge à vide à cause des multiples modifications qui leur ont été apportées: changement de pneus, installation d’une benne, d’un réservoir supplémentaire…  Certains véhicules transportent le double de leur poids. Les divergences d’intérêts entre les transporteurs augurent d’une belle empoignade lors des réunions. Certains chefs d’entreprise menacent déjà de boycotter les travaux.

    Plongeon dans l’inconnu

    La surcharge est une pratique courante chez les transporteurs de marchandises opérant dans l’informel. Il permet de compenser des prix anormalement bas. La surcharge présente beaucoup de risques d’accident, contribue à l’usure de la chaussée et du véhicule. Ce qui est contradictoire pour un ministre chargé à la fois de construire les routes et de gérer le secteur du transport.
    Pour les opérateurs affiliés à la CGEM, la surcharge est un phénomène qu’il faut combattre pour ces mêmes risques et parce qu’il représente une «concurrence déloyale». En effet, les bas prix constituent un argument de taille pour débaucher la clientèle auprès des entreprises transparentes.

    Hassan EL ARIF

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