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    Analyse

    Première norme anticorruption: Bank Al-Maghrib et Lydec montrent la voie

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5390 Le 12/11/2018 | Partager
    Les deux entités engagées dans le processus de certification ISO 37001
    Une douzaine d’autres structures ont manifesté leur intérêt
    Un label de plus en plus exigé à l’international
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    La corruption est un fléau qui pénalise les investisseurs et démotive les employés de l’organisation victime (Ph. O.D.)

    En 2017, le Maroc s’est classé 81e dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International contre la 90e position en 2016 avec un score de 40/100 contre 37/100 l’année précédente. Une moyenne de 37,6/100 au cours des six dernières années, qui reste largement faible. La corruption est un phénomène mondial. En fait, le fléau sévit dans les 2/3 des pays qui enregistrent une moyenne inférieure à 50/100.

    Ainsi, les pots-de-vin versés chaque année sont estimés par la Banque mondiale à plus de 1.000 milliards de dollars. Les dessous de table peuvent prendre plusieurs formes: des cadeaux, des ristournes, des rétrocessions de commissions, des voyages… Ils représentent un frein au commerce international et contribuent à la démotivation des employés au sein des entreprises.

    L’une des mesures susceptibles d’en limiter l’impact consisterait à adopter un système de management anticorruption. Le Maroc a déjà adhéré à la démarche en adoptant, en mai 2017, la norme ISO 37001.

    Publiée en 2016, elle vient consolider l’arsenal normatif international en matière d’éthique. Elle cible les organisations de tous types et de toutes tailles, privées, publiques, sans but lucratif et ce, quelle que soit leur activité. L’ISO 37001 a été approuvée par 163 pays. Elle couvre tant les cas de corruption active que passive. Le label est de plus en plus exigé à l’international car il est gage de déploiement de diligences éthiques. L’Institut marocain de normalisation a engagé une campagne de promotion de la norme auprès des opérateurs économiques.

    Le processus consiste d’abord à créer une équipe projet et désigner un responsable au fait de la norme. A défaut, il est possible de faire appel à un consultant. L’étape suivante porte sur le diagnostic pour identifier les risques de corruption au niveau des différents services de l’organisation par des auditeurs certifiés. La personne ressource ou le consultant définit un plan d’action décliné en mesures à prendre pour prévenir la corruption.

    L’auditeur détermine ensuite si la structure répond aux exigences de la certification en statuant sur la sincérité des documents fournis par le moyen d’entretiens avec les employés. L’auditeur peut également déterminer s’il y a déjà eu des incidents de corruption par le passé et voir comment ils ont été traités. Lors de la procédure de certification, l’organisation doit promouvoir sa politique anti-pots-de-vin et communiquer autour d’elle en direction de son personnel, de ses clients, ses sous-traitants, ses fournisseurs…

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    L’indice de perception de la corruption se base sur une échelle de 0 à 100. Ainsi, plus un pays s’approche de 0/100, plus il est corrompu et 100/100 correspond à un pays sans corruption

    Le coût de la procédure de certification ISO 37001 démarre à 5.000 DH par jour d’intervention et peut dépasser ce montant en fonction de la taille de l’organisation, la nature de ses activités et la complexité des risques, des tarifs pratiqués par les consultants. A l’instar d’autres certifications, le label anticorruption est attribué pour une durée de trois ans. Chaque année, la structure labellisée doit effectuer un audit. La durée de la procédure est au minimum de 6 mois.

    Pour l’heure, deux organismes marocains ont déjà adhéré à la démarche de certification contre la corruption. Il s’agit de Lydec et de Bank Al-Maghrib, qui ont témoigné sur leur expérience au cours de l’atelier régional organisé par Imanor, mercredi 17 octobre. Les deux entités devraient décrocher leur certification au plus tard début 2019.

    Une douzaine d’autres structures ont approché l’institut de normalisation pour entamer le processus de labellisation. Jusqu’à présent, quatre formateurs sont déjà qualifiés par des experts internationaux pour accompagner la formation des dirigeants et des responsables au niveau des organisations dans la procédure de certification.

    Celle-ci commence d’abord par l’adhésion du management sans laquelle aucune démarche ne peut être enclenchée. Ensuite, la procédure veut que la direction nomme M. ou Mme Anticorruption au sein de la structure chargé de contrôler la conformité. Une démarche qui constitue une forme d’engagement dans la procédure de certification et de pérennisation de la conformité.

    La norme prévoit également la sélection et la formation des employés, l’évaluation des risques de corruption, la mise en œuvre de moyens de contrôle financiers et commerciaux, l’engagement de procédures de signalement et d’enquête.

    Hassan EL ARIF

     

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