Economie

Energie: 108 milliards de DH d’investissements dans le pipe

Par Nadia DREF | Edition N°:5380 Le 26/10/2018 | Partager
Solaire, éolien, électrique… les secteurs ciblés
Ruée des US, Français, Allemands, Japonais, Coréens, Saoudiens, Emiratis…
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«Le Maroc accueillera 108 milliards de DH dans l’énergie dont 8 milliards dans le secteur électrique. Ce qui permettra la création de milliers d’emplois». C’est ce qu’a annoncé, mercredi 24 octobre, Aziz Rabbah, ministre de l’Energie, des Mines et du Développement durable à Casablanca, lors de l’inauguration du Forum Elec Expo 2018.

Ces nouveaux investissements sont menés par des entreprises américaines, allemandes, coréennes, japonaises, françaises… Ils ciblent les secteurs solaire, éolien, électrique et gazier. «Des joint-ventures maroco-étrangers seront annoncés bientôt», promet Aziz Rabbah. Les pays du Golfe ne sont pas en reste. Des groupes saoudiens et émiratis investiront également dans ce secteur. Ils ne seront pas les seuls.

«Nous espérons nouer prochainement des partenariats avec des investisseurs du Qatar qui justifient d’une grande expertise dans le domaine énergétique et surtout gazier afin de mieux répondre aux besoins locaux et à ceux du marché africain», souligne le ministre de tutelle.

Selon nos sources, les discussions sont déjà en cours. Une information confirmée par l’ambassadeur du Qatar au Maroc dont le pays est l’invité d’honneur du Forum Elec Expo 2018. «Il y a des possibilités de partenariat dans le gaz et le pétrole. Nos entreprises sont prêtes et nous sommes en train de chercher des groupes marocains intéressés par des joint-ventures pour investir au Maroc et aller ensemble en Afrique. Nous visons des partenariats win-win. Pour nous, le Maroc est la porte d’entrée de l’Afrique», affirme l’ambassadeur du Qatar au Maroc.

En effet, le pays servira de hub aux investisseurs internationaux qui ciblent le marché africain dont celui de la Cedeao que le Maroc vise à intégrer. Un marché de 1,2 milliard d’habitants dont plus de la moitié n’ont pas accès à l’électricité. «Il faut transformer ces contraintes en opportunités d’investissement et d’emploi afin de réduire l’immigration vers le Maroc. Nous travaillons pour créer un pool énergie West-Afrique», fait valoir Abderrahim El Hafidi, directeur général de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE). Le continent dispose d’un grand potentiel en énergies renouvelables.

A titre d’exemple, les besoins additionnels à installer, en éolien, sont estimés à 7 GW alors que le continent n’arrive à produire que 1 GW. «Nous avons la possibilité de relever ce challenge», précise El Hafidi. L’ONEE se positionne déjà comme un acteur principal sur le marché de l’électricité en Afrique grâce au savoir-faire acquis à travers ses expériences en matière de planification, d’exploitation, de maintenance et d’électrification rurale.

Grâce au soutien de l’AMDIE, les membres de la Fédération nationale de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables (Fenelec) sont les premiers exportateurs en Afrique subsaharienne. Une mission économique africaine dans ce domaine mène actuellement des rencontre B to B avec leurs partenaires nationaux en marge du Forum Elec Expo.

Côté gaz, le Maroc prépare le méga-projet du gazoduc avec le Nigéria qui devra être lancé avant 2030. L’étude de faisabilité a été confiée à la Cedeao. Un marché très prisé par les investisseurs étrangers. «L’Afrique peut devenir un exportateur d’énergie verte. Nous sommes capables de relever toutes les contraintes liées à l’équation offre/demande pour exporter cette énergie», précise le DG de l’ONEE. 

Le plan gazier «Gas to power» est également dans la ligne de mire des investisseurs. Ce projet vise la réalisation d’un terminal gazier pour contribuer à l’importation des besoins du pays en gaz naturel estimés à environ 5 milliards de m3 par an. L’investissement total est estimé à  près de 40 milliards de DH. Pour rappel, le développement des centrales à cycle combiné fonctionnant au gaz naturel est le moyen de flexibilité le plus approprié pour les EnR.

Défis

Pour faire face à ces challenges, le Maroc a affiné sa stratégie énergétique pour mieux répondre aux défis de sécurité d’approvisionnement, d’accès à l’énergie et de préservation de l’environnement. Objectif : porter la part des énergies renouvelables à 42% de la puissance installée, prévue en 2020, et  à 52% à l’horizon 2030. Dans cette perspective, les programmes nationaux concerneront une capacité additionnelle de production d’électricité de sources renouvelables d’environ 10.100 MW, dont 4.560 MW de source solaire, 4.200 MW de source éolienne, et 1.330 MW de source hydrique, ce qui permettra de réduire la dépendance énergétique du Royaume à moins de 82% en 2030.o

 

 

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