Economie

Dialogue social: Les syndicats rejettent la hausse des salaires proposée

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5374 Le 18/10/2018 | Partager
Ils veulent une augmentation généralisée à tous les fonctionnaires
Aucune mesure en faveur des salariés du privé
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La part des dépenses du personnel par rapport au PIB figure parmi les plus élevées de la région Mena. L'année prochaine, la masse salariale de l'Etat devrait grimper à 112,15 milliards de DH

Niet des syndicats à la dernière proposition du chef du gouvernement. Saâdeddine El Othmani, qui a rencontré les organisations syndicales, propose une hausse des salaires de 400 DH pour les fonctionnaires… mais pas tous. L'offre écarte ceux qui sont à l'échelle 10 (échelon 6) et l'échelle 11 ainsi que les hors échelle.

«C'est une discrimination envers les fonctionnaires et le montant proposé est dérisoire puisqu'il va être appliqué sur trois ans», souligne Miloudi El Mokharek, secrétaire général de l'UMT.

Cette hausse devrait s'étendre sur trois ans: 200 DH dès janvier 2019, 100 DH en 2020 et 100 DH en 2021. «Nous ne pouvons pas accepter une ségrégation entre les fonctionnaires. Nous rejetons l'offre du gouvernement», indique à son tour Enaam Mayara, secrétaire général de l'UGTM. Ce syndicat compte boycotter les rencontres avec le gouvernement si elles ne regroupent pas les autres syndicats ainsi que le patronat.

«Il faut que l'on se réunisse tous ensemble et que l'on négocie», poursuit Mayara. L’augmentation des salaires même d'une catégorie limitée des agents de l'Etat améliorerait dans l’immédiat le pouvoir d’achat et la consommation mais elle n'est pas sans impact sur les finances publiques. La masse salariale de l'Etat employeur est difficilement compressible: elle devrait atteindre 112,15 milliards de DH l'année prochaine contre 108,8 milliards cette année.

La part des dépenses du personnel par rapport au PIB figure parmi les plus élevées de la région Mena (plus de 11% du PIB). Elle devrait s’accroître davantage sous l'effet du dialogue social!

L'offre du gouvernement compte aussi une hausse des allocations familiales dans la fonction publique: 300 DH contre 200 DH actuellement, soit une augmentation de 100 DH pour 6 enfants. «Ces deux mesures, hausse des salaires et des allocations familiales, sont destinées au  secteur public et rien n'est prévu pour le secteur privé. Or nous avons une liste de demandes soumises depuis plusieurs mois au gouvernement», rappelle le patron de l'UMT.

Dans le secteur privé, le réajustement des allocations familiales devrait être au préalable validé par le conseil d'administration de la CNSS. Sauf que, faute de temps, ce point n'a pas été traité lors de sa dernière session. Les simulations réalisées par la CNSS relèvent que la hausse à 300 DH aurait un impact: 2,6 milliards de DH. Cela pourrait même occasionner un déficit financier dès 2023 nécessitant une hausse du taux de cotisation (0,16%).

Les revendications sur le réaménagement de la grille IR et la revalorisation du Smig  n'ont toujours pas trouvé d'écho. Sur l'IR, le gouvernement serait catégorique puisque l'impact ne serait pas important sur les petits salaires. Quand au Smig, il nécessiterait l'accord de la CGEM. En mai dernier, le gouvernement avait proposé son indexation sur l'inflation alors que les syndicats étaient favorables à des négociations sectorielles.

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