Economie

Indice compétitivité WEF: Le Maroc progresse, mais des retards persistent

Par Franck FAGNON | Edition N°:5374 Le 18/10/2018 | Partager
Il est classé 75e dans l’édition 2018
Des points faibles: compétences, capacité d’innovation
Des points forts sur l’infrastructure, le système financier et la maîtrise de l’inflation
info_competitivite_global_ffa-f.jpg

Le Maroc a amélioré son score dans 10 piliers sur un total de 12, mais il est en dessous de la moyenne ou juste au-dessus sur plusieurs d’entre eux. Par ailleurs, le rapport du WEF attire l’attention, si besoin était, sur deux grandes préoccupations: le niveau du capital humain et la capacité d’innovation de l’économie

Le Maroc a gagné deux places dans le dernier rapport du World Economic Forum (WEF) sur la compétitivité des économies en se hissant au 75e rang avec un score de 58,5 points (140 économies ont été passées en revue dans cette édition).

Au-delà des commentaires que suscite ce type de classement - souvent pris avec des pincettes par les gouvernements lorsqu’il n’est pas bon -, il renseigne néanmoins sur les zones d’amélioration et permet aussi une comparaison avec les principaux concurrents et groupes de pays. Sur les 98 critères d’évaluation du WEF, le Maroc a amélioré son score sur 49. En revanche, sa note a baissé sur 28 points et est restée stable sur 17 autres. Le Royaume n’est pas évalué sur 4 critères.

Sur le pilier de la stabilité macroéconomique, le Maroc a vu son score baisser à 90, mais reste parmi les meilleurs élèves au monde en matière de maîtrise de l’inflation. Il garde la note maximale (100) au même titre que 73 autres pays. Le travail de la Banque centrale a de nouveau été primé à Bali en marge des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI.

Le wali de Bank Al-Maghrib a été désigné meilleur gouverneur de banque centrale dans la région Mena. Par contre, le recul du score sur ce pilier provient des inquiétudes autour de la dette. Le score affecté à la dynamique de la dette baisse à 80.  

114e sur le pilier compétences

Sans minimiser les progrès réalisés en douze mois puisque le pays a quand même amélioré son score dans 10 piliers sur un total de 12, il ne faut pas perdre de vue qu’il est en dessous de la moyenne ou juste au-dessus sur plusieurs piliers. Le rapport du WEF attire l’attention, si besoin était, sur deux grandes préoccupations: compétences et innovation.

Ce sont des sujets majeurs qui auront une forte influence sur le futur. Le Maroc se situe toujours en queue de peloton sur le pilier «compétences» puisqu’il est classé 114e. Son score global de 45,2 est en dessous de la moyenne des pays de la région Mena et des économies à revenu intermédiaire (tranche basse). Il y a consensus sur l’inefficience du système éducatif. Mais les promesses de réformes tournent en rond.

En attendant, l’éducation continue d’absorber d’importantes ressources (6% du PIB par an) sans résultats probants. Le Maroc va intégrer à côté de 27 pays un programme de la Banque mondiale sur le capital humain. L’institution va, entre autres, apporter une assistance technique aux Etats pour renforcer leurs stratégies et investissements dans le domaine (L’Economiste du 10 octobre 2018).

La Banque mondiale va également lancer un indice pour évaluer la qualité du capital humain de plus de 150 pays. L’idée est de créer une émulation entre les pays comme peuvent l’encourager les classements comme celui du WEF sur la compétitivité des économies.
La faiblesse de ressources qualifiées a des répercussions importantes sur la capacité d’innovation de l’économie. Cela se voit en partie dans le comportement de nombreuses entreprises qui ont du mal à s’adapter aux changements économiques. Leurs investissements en recherche et développement sont presque insignifiants. Le score du Maroc sur le pilier «capacité d’innovation» se limite à 34. Cela dit, il devance une soixantaine de pays sur cet indicateur.

Si les marges de progrès sont immenses sur de nombreux points, le Maroc est tout de même dans le peloton de tête des économies les plus compétitives en Afrique. Il est classé 4e juste derrière Maurice, l’Afrique du Sud et les Seychelles. Dans la région Mena, il devance le Liban et ses voisins d’Afrique du Nord, mais se retrouve derrière un groupe de huit pays parmi lesquels le Qatar, les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite ou encore la Jordanie.

A l’échelle mondiale, le podium ne change pas d’une année à l’autre. Les Etats-Unis devancent toujours Singapour et l’Allemagne.

indice_wef_2_074.jpg

 Le Maroc est dans le peloton de tête des économies les plus compétitives en Afrique. C’est la seule économie avec les Seychelles à avoir amélioré son rang entre les deux derniers classements

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc