Economie

Conjoncture: Le moral des ménages se dégrade

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5372 Le 16/10/2018 | Partager
Pouvoir d’achat, chômage, épargne, les sources d’inquiétude
Plus de 40% des sondés s’attendent à un effondrement de leur niveau de vie
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Au troisième trimestre, 40,6% des ménages déclarent une dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois, 28,3% un maintien  et 31,1% une amélioration. Le solde d’opinion sur l’évolution passée du niveau de vie est resté négatif, à moins 9,5 points, en dégradation aussi bien par rapport au trimestre précédent que sur une année

Dégradation tous azimuts du moral des ménages. Pas moins de 40,6% des sondés par le HCP déclarent un effondrement du niveau de vie au 3e trimestre. Une période qui a coïncidé avec de grosses dépenses, résultant de la succession de plusieurs évènements: Ramadan, fêtes religieuses, vacances et rentrée scolaire.

Pour y faire face, le recours à l’endettement a constitué la règle pour la majorité des ménages à faible revenu. Et la conjoncture s’annonce encore plus morose pour plus du quart des ménages qui s’attendent à une aggravation de la situation sur les 12 prochains mois.

Le sentiment de dégradation concerne l’ensemble des composantes de l’indice de confiance des ménages: évolution du niveau de vie, du chômage, de l’opportunité à effectuer des achats de biens durables et de l’épargne. Cet indice s’est établi à 82,5 points au 3e trimestre contre 87,3 le trimestre précédent et 85,5 points, il y a un an.
En tête des préoccupations, figure le chômage, redouté par plus des 2/3 des ménages au troisième trimestre, alors qu’une minorité (9,7%) s’attend  à une baisse sur les 12 prochains mois. Le solde d’opinion est resté ainsi négatif à moins 65,2 points, en dégradation aussi bien par rapport au trimestre précédent, où il a enregistré moins 61,7 points, que par rapport au même trimestre de 2017 où il était à moins 59,9 points.

La majorité des sondés par les enquêteurs du HCP, soit 56% environ, «considèrent  que la conjoncture  n’est pas propice pour l’acquisition des biens durables». Alors que 27,5% estiment qu’ils  sont dans la capacité de s’en offrir. Néanmoins, le solde d’opinion de cet indicateur est resté négatif, passant à moins 30,2 points contre moins 25,8 le trimestre précédent et moins 31,5 points le troisième trimestre de 2017.

Le même creusement a affecté le solde d’opinion des ménages qui déclarent ne pas pouvoir épargner sur les 12 prochains moins. Au troisième trimestre, ils étaient à 17,7% à se déclarer optimistes mais seuls 3,8% peuvent épargner une partie de leur revenu. Par contre, 82,3% ne s’attendent pas à constituer une réserve financière sur les 12 prochains mois.

En un an, le solde de cet indicateur s’est aggravé de 7 points. Le solde d’opinion est passé, ainsi, à moins 64,6 points, au lieu de moins 57,9 points le trimestre passé et moins 55,7 points une année auparavant.

Si une grande proportion des ménages déclare pouvoir joindre les deux bouts  au 3e trimestre, 62,7% couvrent leurs dépenses, 1/3 des sondés déclarent s’endetter ou puiser dans l’épargne. Le solde d’opinion relatif à la situation financière actuelle des ménages est resté négatif, à moins 29,7 points sur le 3e trimestre contre un résultat négatif de 22,6 à la même période de 2017.

La situation ne s’annonce pas reluisante sur les 12 prochains moins. Environ 30% s’attendent à une évolution négative de leur situation financière  contre 11,8% qui en perçoivent une amélioration. Le solde d’opinion de cet indicateur enregistre 18,2 points au lieu de 28,1 le trimestre précédent et 19,6 points, un an auparavant.

L’inflation aussi redoutée que le chômage

AU troisième trimestre, 88,5% des ménages déclarent que les prix des produits alimentaires ont augmenté, en variation annuelle. Alors qu’une infime minorité (0,4%) ressent un repli du coût du panier. Sur les 12 prochains mois, la poursuite de la hausse des prix des produits alimentaires est redoutée par 82,6% des ménages contre 0,5% qui s’attendent à leur baisse.  L’inflation, surtout celle touchant l’alimentation, est aussi redoutée que l’aggravation du chômage.
Le solde d’opinion de l’indicateur est resté négatif, se situant à moins 82,1 points contre moins 74 l’année dernière.

 

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