Régions

Fès-Meknès: Les collectivités territoriales adoptent leurs budgets

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5368 Le 10/10/2018 | Partager
Laenser, El Azami et Bouano consacrent près de 1,8 milliard de DH pour 2019
Approche spatiale, projets de proximité, lutte contre les inondations… en priorité

Les budgets prévisionnels des collectivités territoriales relevant de la région Fès-Meknès, au titre de 2019, viennent d’être adoptés.

En effet, les conseils élus ont entériné, la semaine dernière, les travaux de leur session d’octobre. Evaluation du bilan à mi-mandat, discussion et approbation des projets étaient à l’ordre du jour d’une semaine particulière pour Mohand Laenser, Driss El Azami El Idrissi et Abdallah Bouano, respectivement le président du Conseil régional et les maires de Fès et de Meknès. L’Economiste revient sur les principaux projets approuvés lors des sessions.

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■ Laenser veut lutter contre les disparités sociales
Au Conseil régional, l’assemblée du 1er octobre est perçue comme une célébration pour le président qui venait, la veille, d’être réélu à la tête du Mouvement Populaire pour un 9e mandat. A 76 ans, Laenser a toujours des ambitions pour continuer à gouverner la région dont il est originaire (Imouzzer Marmoucha).
«Notre Conseil régional (CR) adopte une approche spatiale en matière de répartition des projets, dans le souci de garantir un développement inclusif et  intégré de l’ensemble du territoire de la région», martèle le doyen des présidents de région.
Concrètement, son Conseil a misé quelque 1,14 milliard de DH dans divers projets entre 2016 et 2018. Par secteur, ces investissements ont concerné les routes à hauteur de 630 millions de DH, l’eau (248 millions de DH) et l’électricité (96 millions de DH), ainsi que d’autres projets (186 millions de DH). «Ces financements ont profité à l’ensemble des préfectures et provinces de la région», défend Laenser. Pour 2019, la priorité est donnée au programme de développement régional (PDR) et celui de la réduction des disparités sociales dans le monde rural.
La création d’une zone industrielle à Aïn Cheguag (province de Sefrou), l’alimentation en eau potable et la promotion touristique de la région ne sont pas en reste. Ainsi, le budget de la région devrait se chiffrer à quelque 650 millions de DH.
Prioritaire dans son action, l’appui du secteur touristique. A ce propos, le CR a approuvé deux conventions avec la compagnie Air Arabia afin de connecter Fès à Tanger et Agadir dans les prochaines semaines.

■ El Azami priorise la gouvernance par SDL

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De son côté, Driss El Azami El Idrissi, maire PJD, a battu un nouveau record en termes de points adoptés lors de l’assemblée du Conseil communal de Fès. Ainsi, pas moins de 41 points ont été approuvés le 3 octobre.
Estimé à 750 millions de DH, le budget 2019 de Fès devrait financer des travaux d’aménagement d’oued Lhimer pour la protection de la ville des inondations. D’un coût global de 41,5 millions de DH, ce projet devrait éviter les inondations récurrentes enregistrées durant la saison d’hiver, dans les quartiers de Zouagha, Bensouda, et autres. Pas trop convaincu du résultat espéré de cet ouvrage, Allal Amraoui, conseiller communal (PI), a proposé l’activation d’un partenariat avec le gouvernement pour la réalisation d’un barrage de retenue. Car, selon lui, l’aménagement d’oued Lhimer ne fera qu’amplifier le débit des eaux pluviales vers la ville.
En outre, les conseillers communaux ont voté pour la mise à niveau de la falaise de Moulay Driss et la route Aïn Smen (41 millions de DH). Mais les points les plus importants à l’ordre du jour étaient ceux relatifs à l’adoption des partenariats des SDL de l’éclairage public et la gestion du stationnement.
Pour le premier volet, quelque 366 millions de DH seront mobilisés, au cours des deux prochaines années, par la commune urbaine de Fès pour la modernisation du réseau de l’éclairage public dans la capitale spirituelle. «Pas sûr», rétorque Amraoui. Et de s’interroger: «Si la Commune n’est même pas capable de payer 21 millions de DH de redevance à la Radeef, comment arrivera-t-elle à respecter ses engagements en créant une SDL et quel serait le tableau des investissements prévus sur les 15 années à venir?».
El Azami qui faisait une tête d’enterrement en recevant ces remarques a omis de donner une «réponse claire et satisfaisante». Toutefois, le premier élu de la ville a noté que «la SDL procédera au changement de 66.312 ampoules par d’autres de type LED, de 8.090 poteaux, 210 générateurs électriques, 35.000 mètres de câbles aériens et 92.000 mètres de câbles souterrains». Signalons que le maire PJD s’est excusé auprès du groupe PI pour sa sortie «accusant ses prédécesseurs de corruption». «Je ne désignais pas l’Istiqlal qui reste un grand parti de nationalistes», argue-t-il.

■ Bouano veut fructifier les recettes de Meknès

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Pour sa part, Abdallah Bouano donnait rendez-vous, jeudi, aux élus de la capitale ismaïlienne. Le maire de Meknès a défendu un budget de 527 millions de DH, soit une hausse de plus de 18% par rapport à 2018 (447 millions de DH). Pour le président de la commission des finances au Parlement, Meknès a tous les moyens pour fructifier ses recettes.
Dans une déclaration à L’Economiste, l’élu «appelle les Meknassis à payer leurs taxes et impôts afin de permettre à la ville d’engager des investissements conséquents dans la mise à niveau urbaine». «Les citoyens doivent être sensibilisés quant aux contraintes financières des communes. Ils ne cessent d’approcher les élus pour l’amélioration de la qualité de vie dans les villes (routes, voiries, ramassage d’ordures, éclairage public…), et ceci a un prix», dit-il. Et d’ajouter: «Meknès compte 230.000 logements habités selon le recensement de 2014. Paradoxalement, le nombre des compteurs d’eau et d’électricité recensés par la Régie (Radem) est beaucoup plus élevé, mais ceci ne se traduit pas par une recette fiscale conséquente».
Outre la sensibilisation des habitants de la ville, Bouano exhorte l’administration fiscale à motiver ses fonctionnaires en charge du recouvrement. «Aussi, il faut autoriser les communes à recruter du personnel dédié au reste à recouvrer», conclut-il.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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