International

Les cours du pétrole orientés à la baisse!

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5368 Le 10/10/2018 | Partager
Le repli enregistré lundi à Londres et à New-York
Effet de l’assouplissement des sanctions américaines contre l’Iran

Les cours du pétrole amorcent une tendance baissière. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre valait 83,10 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 1,06 dollar par rapport à la clôture de vendredi. Cette baisse intervient pour la 3e séance   consécutive alors que Washington envisage de laisser certains pays importer depuis l’Iran malgré les sanctions.

La dynamique est donc impulsée par l’assouplissement de la position du président américain à l’égard de Téhéran. Dans les échanges électroniques sur le New-York mercantile exchange (Nymex), le baril de light (sweet crude light) pour livraison en novembre  cédait 79 cents à 73,55 dollars.

L’accalmie, voire la baisse des cours de l’or noir, fait suite selon des sources proches du dossier, «aux discussions engagées par l’administration de Donald Trump  pour accorder des exemptions à certains importateurs». Ceci, après avoir adopté une ligne dure sur les sanctions infligées à l’Iran. Ces dernières visaient en particulier les exportations de pétrole du 3e grand producteur de l’OPEP à partir du début du mois de novembre prochain.

A l’époque, les déclarations du président américain avaient attisé la flambée des cours du brut les propulsant à leur plus haut niveau. Les investisseurs se focalisaient donc sur des informations, parfois contradictoires «avec la perspective de réduire à zéro  les exportations iraniennes»  comme l’avait affirmé le conseiller à la sécurité nationale du président Trump, John Bolton en août dernier.

Plusieurs analystes expriment toutefois des réserves. A leurs yeux,  «les actions pèsent plus lourd que les mots» et les prix pourraient repartir à la hausse si les concessions promises par Trump ne se matérialisent pas. D’ailleurs pour certains analystes «le plus gros des sanctions est déjà intégré aux cours du pétrole». Ils estiment que la baisse récente des exportations iraniennes va être compensée par d’autres producteurs. 

D’où les multiples appels lancés en fin du mois de septembre  par le ministre iranien du Pétrole qui espérait que «les membres de l’Opep ne céderaient pas aux menaces de Donald Trump». Réagissant à ces appels, émis à la veille de la réunion d’Alger (dimanche 25 septembre 2018), le chef de l’exécutif américain avait écrit sur Twitter que les pays du Moyen-Orient «ne seraient pas en sécurité pour très longtemps sans la protection des Etats-Unis». 

Et le monopole OPEP doit baisser ses prix, avait-il ordonné. L’Arabie Saoudite et la Russie, deux des trois plus grands producteurs mondiaux avec les États-Unis, étaient déjà pour une augmentation de leur production pour compenser les pertes éventuelles du retrait du marché du pétrole iranien. (voir encadré ci-contre).

Membre fondateur du cartel pétrolier, l’Iran, bête noire de Washington, est sous le coup de sanctions faisant suite à la décision de Trump de se retirer de l’accord de 2015 sur le nucléaire.

Un accord secret entre Riyad et Moscou

Selon des sources autorisées, l’Arabie saoudite et la Russie auraient décidé en septembre dernier, d’augmenter leur production pétrolière pour compenser la chute des exportations iraniennes. Les Etats-Unis auraient été informés de cet accord tenu par ailleurs secret. Donald Trump est monté au créneau plusieurs fois pour exhorter Riyad à augmenter sa production et baisser les cours du pétrole, un sujet crucial pour son électorat à l’approche des élections de mi-mandat aux Etats-Unis le 6 novembre. Les sanctions visant l’Iran pourraient avoir pour effet de retirer du marché mondial plus de 2 millions de barils par jour de brut d’ici la fin de l’année, soit environ 2% de la production mondiale... Les analystes sont cependant divisés sur les effets précis des nouvelles sanctions américaines sur l’Iran, ainsi que sur la capacité des autres pays producteurs à compenser la perte d’une partie de la production de Téhéran.

 

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