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    Société

    Chasse: La saison démarre

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5365 Le 05/10/2018 | Partager
    79.000 chasseurs s’apprêtent à reprendre l’activité ce dimanche
    Hausse des recettes générées de 87%, soit 43,4 millions de DH
    La chasse touristique est en recul depuis 2008
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    Les 79.000 chasseurs que compte le pays sont prêts à reprendre de l’activité  le dimanche 7 octobre, date de l’ouverture de la chasse (Ph. Bziouat)

    Les milliers de chasseurs astiquent leurs fusils, s’approvisionnent en cartouches, font quelques tours de chauffe avec les chiens pour qu’ils reprennent leurs réflexes de la traque du gibier. Les 79.000 chasseurs que compte le pays sont prêts à reprendre de l’activité  le dimanche 7 octobre, date de l’ouverture de la chasse. 
    Le droit de chasse, au Maroc, appartient à l'État qui peut en déléguer l'exercice sous certaines conditions. La chasse dominante est celle pratiquée dans les territoires ouverts à tous les chasseurs. Cependant, dans un souci de valorisation des ressources cynégétiques et d’implication des chasseurs dans la gestion directe des territoires de chasse, le Haut commissariat aux eaux et forêts encourage le recours à la politique d'amodiation du droit de chasse. Ce droit est accordé à des associations ou à des sociétés de chasse touristique, sur la base d’un cahier des charges définissant les actions et les mesures à mettre en place pour l’amélioration cynégétique des terrains amodiés. Celles-ci doivent y réaliser les aménagements susceptibles de contribuer au développement des espèces de gibier. Les chasseurs, sensibilisés, deviennent des gestionnaires de la faune sauvage en protégeant les habitats et en l'exploitant avec le souci de sa pérennité», souligne Abdeladim Lhafi, Haut commissaire aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification. Si les amodiations de chasse ont pris de l'ampleur pendant cette dernière décennie, cela s'explique principalement par la prise de conscience de plus en plus importante des chasseurs en matière de protection des ressources naturelles. Le nombre de lots amodiés est passé de 565 enregistrés pendant la saison 2007-2008 à 1.036 la saison écoulée, soit une augmentation de 83%. Ils  totalisent une superficie de 2.849.876 ha dont 1.921.102 ha sont réservés à la chasse associative et 696.448 ha à la chasse touristique. Cette progression s’est traduite par une hausse des recettes générées par la chasse de l’ordre de 87%. Elles sont passées de 23,2 millions de DH réalisées au cours de 2007-2008 à plus de 43,4 millions de DH la saison écoulée. Cela est dû principalement à l’augmentation du nombre de chasseurs et des recettes générées par l’amodiation du droit de chasse. D’ailleurs, sur le terrain, les enquêtes permettent de mettre en évidence l'intérêt que portent les chasseurs pour l'amélioration des lots de chasse qui leurs sont confiés. Ils investissent chaque année des montants importants pour la conservation des biotopes du gibier et sa réhabilitation dans et aux alentours de leurs terrains.
    Parallèlement à cette activité, plusieurs lots sont amodiés à des sociétés spécialisées dans l’organisation de la chasse touristique. Ces lots, vastes et variés, permettent ainsi aux touristes de chasser plusieurs espèces de gibier à l'exception de celles qui sont protégées. Or, depuis la saison 2007-2008, le secteur de la chasse touristique a connu une régression significative, d’année en année, en termes de nombre de clients reçus. Pour Abdeladim Lhafi, «ce repli s’explique  principalement par la crise financière dans plusieurs pays émetteurs de clients, par des  difficultés liées au transport aérien des armes, par des procédures administratives liées à l’usage des armes et par la qualité de l’offre touristique». Cependant, le tourisme cynégétique commence à reprendre et ce, grâce aux multiples encouragements accordés à ce secteur d'activité par le Haut commissariat aux eaux et forêts. En effet, le Maroc dispose d’un potentiel important pour son développement. La situation géographique à deux heures de vol de l’Europe, avec plus de 10 millions de chasseurs, la diversité de ses paysages et du gibier sont autant de facteurs de promotion de l’offre touristique et d’attraction des clients chasseurs. Aujourd’hui, 47 organisateurs de la chasse touristique opèrent sur le terrain. Cette activité s'exerce sur près 700.000 hectares, répartis sur 92 lots au profit de 2.000 touristes cynégètes.

    Braconnage, les PV en baisse

    La lutte contre le braconnage est un défi permanent pour le Haut commissariat aux eaux et forêts. Après un pic de 729 procès verbaux en 2012 et 682 en 2015, le phénomène a commencé à baisser pour se stabiliser à 476 en 2017. Sur ces PV enregistrés la saison dernière, 65% ont fait l'objet de transaction avant jugement, 30% sont en cours de jugement et 4% ont été  jugés. Selon les statistiques,  31% des infractions constatées concernent la chasse en réserve, 14% dans les lots amodiés et 10% des espèces protégées. En plus, 8% portent sur la chasse à l’aide de moyens et engins prohibés, 7% sur les infractions relatives au défaut de présentation de papiers, 7% sur la chasse en temps prohibé, et 5% se rapportent à la chasse en temps de fermeture. La chasse sans licence, la vente et l’exposition à la vente d'animaux protégés demeurent les plus rares. Elles ne représentent que 4% chacune de l’ensemble des infractions relevées. En outre, 13 cas de délits de chasse enregistrés durant la même période portent sur le tir d’espèces protégées dont la gazelle au niveau des régions de Souss Massa et des provinces du Sud. Les auteurs de ces délits font l'objet de poursuites judiciaires.


    Sangliers en ligne de mire

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    Le programme de maîtrise des populations de sangliers a été entamé par le Haut commissariat depuis la saison 2012-2013. Il porte sur plusieurs axes d’intervention dont l’établissement d’une carte de sites à haut risque des dégâts faisant ressortir les points noirs et la définition des actions à mener. L’autre axe porte sur l’amélioration de l’efficacité des battues et le renforcement des mesures de sécurité. Il s’agit de réguler les populations de sangliers dans les réserves et aires protégées. Ces axes sont couplés à la communication et l’organisation de la concertation. En tout cas, l’évaluation de la mise en œuvre du programme pendant 5 ans a fait ressortir quelques éléments. En effet, depuis le lancement du programme, la moyenne annuelle des points noirs programmés est de 323 où sont organisées 968 battues aboutissant au prélèvement de 5.389 sangliers. Si 99% des battues programmées annuellement ont été réalisées, 80% des points noirs ont enregistré une baisse des moyennes de prélèvements au fil des années pour passer de 7 à 4 sangliers par battue. En outre, la moyenne des battues particulières et en lots amodiés organisées annuellement sont respectivement de 151 et de 678. Le prélèvement moyen annuel réalisé, toutes battues confondues, est de 10.442 sangliers par 24.624 chasseurs, assistés de 39.414 rabatteurs.

     

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