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    International

    L’étau se resserre autour de l’Iran

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5364 Le 04/10/2018 | Partager
    Téhéran pris la main dans le sac avec un attentat déjoué en France
    Paris a lancé une offensive contre les intérêts iraniens dans l’Hexagone
    Un épisode qui conforte les accusations marocaines de soutien au Polisario

    «Qui sème le vent, récolte la tempête». L’adage populaire tombe à pic pour l’Iran qui est depuis hier dans le box des accusés international. Motif: la France charge le renseignement iranien d’avoir commandité un projet d’attentat déjoué sur le sol français. Cette opération visait un rassemblement de l’opposition iranienne le 30 juin dernier à Villepinte, dans la banlieue parisienne.

    Un travail d’investigations des services secrets français a été mené, dans la plus grande discrétion, pendant plusieurs mois. Il fallait s’assurer de la véracité des éléments disponibles. C’est pour cela que la réaction française ne s’est pas fait attendre au point que Washington l’a qualifiée de «forte». En effet, Paris a lancé dès mardi une offensive contre des intérêts iraniens ou chiites en France, des cibles soupçonnées d'être derrière ce projet qui visait un meeting des Moudjahidines du peuple.

    L’objectif de cette opération coup de poing est de procéder au gel des avoirs de deux personnes et d'une entité du ministère iranien du Renseignement. Elles sont accusées d'être à l'origine de l'attentat déjoué, quoique le gel d’avoirs, d’une durée de 6 mois, fait partie de la panoplie standard des mesures de rétorsion en pareil cas.

    En tout cas, un communiqué conjoint des ministères français de l'Intérieur, des Affaires étrangères et de l'Economie et des Finances a été on ne peut plus clair: «La France a pris des mesures préventives ciblées et proportionnées sous la forme de l'adoption des mesures nationales de gel des avoirs de Assadollah Assadi et de Saeid Hashemi Moghadam, ressortissants iraniens, ainsi que de la Direction de la sécurité intérieure du ministère du Renseignement iranien».

    Le premier est le diplomate iranien qui était en poste à Vienne et qui a été arrêté en Allemagne dans le cadre de l'enquête sur le projet d'attentat de Villepinte. Berlin a autorisé lundi sa remise à la justice belge, qui était aussi dans la partie.

    En effet, Bruxelles a annoncé en juillet avoir mis en échec un projet d’attentat. Trois personnes ont été arrêtées et une voiture avec des explosifs a été découverte.  Dans cette affaire, les Français se sentent plus que trahis, surtout que Paris est le principal défenseur de l’accord international de 2015 sur le programme nucléaire iranien.

    En tout cas, parallèlement à cette offensive ciblant directement des intérêts iraniens en France, les forces de police ont lancé une vaste opération de perquisitions au siège de l'association chiite «Centre Zarah France» et les domiciles de ses principaux dirigeants dans le nord de la France. A cette occasion, plusieurs armes ont été saisies, 3 personnes ont été placées en garde à vue pour détention illégale d’armes et deux déférées devant le Parquet.

    Cette ONG est présentée comme l'un des principaux centres chiites d'Europe. Il héberge plusieurs associations que les autorités françaises soupçonnent de légitimer le jihad et de faire l'apologie de mouvements qualifiés de terroristes, comme le Hezbollah libanais, une organisation soutenue par l'Iran.

    Le mot est lâché. Il y a quelques mois, le Maroc avait annoncé la rupture des relations diplomatiques avec l’Iran, accusé de soutenir militairement le polisario, à travers son allié le Hezbollah. Rabat disposait de preuves irréfutables sur ce soutien militaire au point d’entraîner et de fournir des armes aux séparatistes, à travers son ambassade d’Alger.

    Comme l’Iran vient de le faire avec la France, il avait, en son temps, démenti les accusations marocaines. Cela n’a pas empêché le chargé d’affaires iranien de quitter le pays le jour même. L’ambassadeur marocain a fait de même. Dans cette affaire, c’est Nasser Bourita qui s’est déplacé à Téhéran pour informer son homologue iranien de la décision unilatérale du Maroc de rompre ses relations. Ce n’est pas la première fois que Rabat prend pareille décision.

    Déjà en 2009, le Maroc avait rompu tout lien avec Téhéran. Cette coupure s’expliquait  par une solidarité avec le Bahrein et contre un soutien de l’Iran à des chiites marocains. Une ingérence jugée inacceptable, sachant que le Maroc pratique un rite malekite et sunnite, avec un islam ouvert et tolérant.

    Visées déstabilisatrices

    Cette riposte française contre l’Iran réconforte Rabat dans ses positions. En outre, les Etats-Unis ont récemment condamné la collusion entre le Hezbollah et les séparatistes du polisario, qui cherchent à semer le chaos en Afrique du Nord, ainsi que les visées déstabilisatrices de l'Iran dans cette région. D'ailleurs, un projet de loi a été dernièrement soumis au Congrès américain, avec le soutien des républicains et démocrates. Ce texte accuse l'Iran et son allié le Hezbollah de chercher à déstabiliser le Maroc. Rabat a présenté des preuves à l'ONU et à Washington sur la complicité entre le front du polisario et le Hezbollah, désigné comme organisation terroriste et cherchant à semer le chaos dans le Maghreb.
    A cette occasion, des congressistes ont rappelé que le projet de loi réaffirme le soutien des Etats-Unis à l'initiative d'autonomie présentée par le Maroc, qualifiée de «sérieuse, crédible et réaliste». Celle-ci constitue «un pas en avant pour satisfaire les aspirations des populations du Sahara à gérer leurs propres affaires, dans la paix et la dignité».

     

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