International

Aléna: Armistice entre Washington et Ottawa

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5362 Le 02/10/2018 | Partager
Les deux pays concluent un nouveau traité de libre-échange
Petite concession de Trump à la sauvegarde de l’environnement
L’accord suspendu à la ratification par les Parlements

Quelques heures avant la date-butoir fixée par Washington,  les États-Unis et le Canada sont parvenus à un accord sur leurs relations commerciales.  Le  nouveau traité  vient compléter le compromis trouvé fin août avec le Mexique. Le nouvel accord commercial scellé dimanche soir (30 septembre) entre les États-Unis, le Canada et le Mexique s’appellera «Accord États-Unis-Mexique-Canada » (AEUMC) et succédera au traité signé en 1994.

Il porte sur une durée de 16 ans. Il s’agit «d’un accord commercial de grande qualité qui donnera lieu à des marchés plus libres, à un commerce plus équitable et à une croissance économique solide dans notre région», ont souligné les trois partenaires dans  un communiqué conjoint. C’est une réforme du traité de libre-échange qui lie 500 millions de Nord-Américains depuis un quart de siècle.

Une première. Washington et Ottawa se sont  mises d’accord pour que le nouveau traité commercial contienne un chapitre sur l’environnement. C’est un tournant  pour le président Trump qui dès son investiture avait dénoncé l’Accord de Paris. Mais ce n’est pas sans contrepartie majeure.

La forte taxation imposée à l’acier et à l’aluminium canadiens  (parmi d’autres) par un président Trump soucieux de protéger la sidérurgie américaine reste en place pour le moment, malgré la colère d’Ottawa. De même, Justin Trudeau, Premier ministre canadien, a accepté d’assouplir son marché laitier pour les producteurs américains, en échange notamment du maintien du système d’arbitrage des litiges commerciaux.

Le gouvernement fédéral va payer les producteurs laitiers canadiens pour toutes les pertes liées. Pour ce qui est du secteur automobile, le Canada obtient tout au plus un quota de 2,6 millions de véhicules assemblés sur place. Le système des règles d’origine étant de vigueur.

Le nouveau texte prévoit des règles incitant à se fournir en matériaux et composants aux États-Unis et en Amérique du Nord. Il prévoit aussi une «recommandation» forçant le Mexique à augmenter les salariés du secteur pour réduire les écarts avec les voisins du nord mieux payés.

L’ accord trilatéral liant les États-Unis, le Mexique et le Canada depuis 1994, était une des bêtes noires du président Donald Trump, qui l’accuse d’avoir causé la perte de millions d’emplois américains, notamment dans l’industrie automobile.

Washington et Mexico s’étaient entendues sur les termes d’un nouvel Aléna fin août, ce qui avait accru la pression sur les épaules du Premier ministre Justin Trudeau. Le chef de gouvernement libéral jouait gros un an avant des élections législatives incertaines.

Points saillants du nouvel accord

Le Canada  accepte  d’assouplir son système dit de la «gestion de l’offre» contrôlant  la production et le prix du lait et de la volaille et assure des revenus stables aux agriculteurs canadiens grâce à des quotas annuels et des taxes à l’importation atteignant 275%.
Cet assouplissement permettra aux producteurs américains un meilleur accès au marché canadien, comme le réclamait Washington.  En échange, le mécanisme de règlement des litiges commerciaux, connu sous le nom de «chapitre 19» et honni par Washington, reste inchangé sur le fond.
Ensuite, un chapitre sur l’environnement est créé et comporte des «règles strictes», selon les partenaires. En 3e lieu, l’économie numérique est pour la première fois couverte, alors que de Mexico à Ottawa, en passant par Washington, le régime fiscal des GAFA est dénoncé depuis des années. Le nouveau traité prévoit également des mesures pour faire face aux «manipulations des échanges» par des pays tiers.

 

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