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    International

    Euler Hermes prédit une croissance résiliente

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5361 Le 01/10/2018 | Partager
    Malgré des sources d’instabilité aux Etats-Unis
    Ces pays qui sauront résister aux chocs d’incertitudes
    Le Maroc dans le trio des meilleurs risques en Afrique
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    Même si tous les voyants ne sont pas au vert, le Maroc est considéré comme un pays présentant un faible risque

    Le Maroc se maintient toujours dans la liste des pays à risque faible, selon une nouvelle analyse d’Euler Hermes établie au troisième trimestre 2018. Le Royaume (dans le vert sur la carte) demeure le seul pays classé à ce niveau en Afrique du Nord.

    A l’échelle africaine, seuls le Ghana et le Botswana se distinguent aux côtés du Maroc. Dans la région Mena, si l’Egypte et l’Arabie saoudite sont notées pays à risque modéré, plusieurs pays du Maghreb (cas de la Tunisie et de la Libye) figurent sur la liste rouge (risque élevé). L’Algérie, elle, se situe à un risque significatif.

    Chaque trimestre, Euler Hermes, le spécialiste de l’assurance-crédit, actualise ses prévisions de croissance par région: «Scénario macroéconomique Euler Hermes 2018-2019: Le tourbillon américain». A l’issue du troisième trimestre 2018, ses économistes dressent ce constat: «La croissance mondiale du PIB devrait rester résiliente en 2018 et 2019, malgré des sources d’instabilité situées aux Etats-Unis, dont les élections de mi-mandat, des politiques commerciales non coopératives et une politique monétaire progressivement restrictive».

    «Même si on parle beaucoup de guerre commerciale, nous voyons plutôt la situation actuelle comme une querelle commerciale. Ce qui est encourageant, c’est que le commerce mondial se porte jusqu’ici assez bien, avec une croissance ayant avoisiné les +5% l’an passé», explique Ludovic Subran, Chef économiste d’Euler Hermes.

    «Pour le moment, les effets du nouveau protectionnisme imposé par les Etats-Unis sont modérés. Mais si toutes les taxes évoquées sont appliquées, il faudra s’attendre à un renforcement du risque d’impayé à l’échelle mondiale», dit-il. L’économie mondiale devrait rester stable en 2018 et 2019, avec une croissance estimée respectivement à +3,2% et +3,1%. La dynamique reste donc positive malgré des facteurs d’instabilité en provenance des Etats-Unis.

    En effet, l’économie américaine est sous-pression. La Réserve fédérale (Fed), généralement prudente dans ses projections, a relevé sa prévision de croissance pour l’année de 2,8 à 3,1%. Mais cette expansion devrait ralentir à 2,5% l’année prochaine, 2% en 2020 et retomber à 1,8% en 2021.

    Tous les indicateurs confirment une accélération cyclique incarnée par un faible taux de chômage, poursuit Euler Hermes. Les risques de surchauffe et d’erreurs politiques sont certes contenus. Mais la rapide détérioration du déficit public, couplée au resserrement de la politique monétaire américaine, assèche les liquidités mondiales.

    Et dans le même temps, la résurgence du protectionnisme américain alimente l’incertitude à l’échelle internationale. «Toute la question est donc de savoir si les pays sauront résister à ces multiples chocs d’incertitudes et au resserrement des conditions globales de liquidité», d’après les économistes.

    Les gagnants et les perdants

    Un premier groupe de pays semble en mesure d’absorber ces chocs de liquidité et d’incertitudes commerciales. Il s’agit d’économies dont la politique monétaire est assez puissante pour résister aux perturbations extérieures: la Chine, la zone euro et le Japon.

    Euler Hermes estime que l’économie de ces régions restera stable en 2018 et 2019. Vient ensuite un second groupe de pays, qui sont déstabilisés par les orientations de politique économique américaines. Il s’agit en particulier de pays combinant vulnérabilités structurelles et erreurs de politiques économiques, comme l’Argentine et la Turquie. Les pays qui évoluent sur une corde raide, c’est-à-dire l’Afrique du Sud, le Brésil et la Russie, pourraient également être mis sous pression par les marchés en cas de détérioration de leurs fondamentaux macroéconomiques.

    Enfin, le troisième groupe de pays devrait se montrer résilient si l’environnement commercial international est préservé des attaques protectionnistes les plus violentes. Parmi ces pays, certains restent sur la liste des économies à surveiller (Inde, Indonésie, Hongrie, Roumanie), tandis que d’autres semblent protégés (Asie émergente et pays d’Europe de l’Est dont les comptes courants affichent un excédent).

    Les menaces protectionnistes ont déjà un impact visible. Les indicateurs avancés confirment un ralentissement de la croissance du commerce mondial (le même constat dressé par l’OMC qui a baissé ses prévisions, cf. notre édition N° 5360 du vendredi 28 septembre 2018).

    Euler Hermes estime que la croissance du commerce mondial en volume décélérera à +3,8% en 2018 (+4,8% en 2017). Une stabilisation est en revanche attendue en 2019 (+3,6%), grâce à une demande mondiale qui devrait rester forte malgré le renforcement de la rhétorique protectionniste. 

    L’impact des taxes américaines

    Des taxes américaines plus fortes mettraient la croissance du commerce international en péril. Avec l’application américaine de 10% de taxes sur 200 milliards de dollars d’importations en provenance de Chine, nous nous rapprochons du scénario d’Euler Hermes intitulé: «Querelle commerciale».
    Si les Etats-Unis implémentent une taxe de 25% sur 200 milliards de dollars  d’importations en provenance de Chine (ce qui correspond au scénario «Querelle commerciale»), cela pourrait coûter 2 points de croissance au commerce mondial sur les deux prochaines années. La Chine et les Etats-Unis perdraient quant à eux 0,3 et 0,5 point de croissance du PIB.
    Si les Etats-Unis implémentent une taxe supplémentaire sur 267 milliards de dollars d’importations en provenance de Chine, cela coûtera 6 points de croissance au commerce mondial. La Chine et les Etats-Unis perdraient quant à eux 1 et 1,7 point de croissance du PIB.

     

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