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    Entreprises

    Des orages s’annoncent dans le secteur de l’acier

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5359 Le 27/09/2018 | Partager
    Protection commerciale: Le dossier qui divise
    Faible mobilisation chez plus de 1.600 opérateurs
    Les challenges du nouveau président de la Fimme
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    Les élections de la Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques (Fimme) se sont tenues le 20 septembre à Casablanca. Tarik Aitri (photo) a été élu président face à Nourredine Lebbar (Ph. Prominox S.A)

    Il a 36 ans, diplômé en managent de l’Université de Columbia et patron de Prominox. Tarik Aitri est le nouveau président de la Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques (Fimme). Il a été élu haut la main par 56 voix contre 30 pour son rival, Nourredine Lebbar de la société Maferi. Pas d’élection à couteaux tirés, en apparence du moins. Car, en coulisse, un vrai duel était engagé entre les prétendants.  

    Le vainqueur des élections professionnelles du 20 septembre nous déclare être conscient que son jeune âge «peut le desservir» durant son mandat de trois ans (2018-2021). «Je suis une locomotive qui ne doit pas dérailler. Deux de mes colistiers sont membres du bureau sortant de la Fimme. Ils vont m’épauler dans ma mission», affirme le nouveau président

    . D’où le slogan électoral de «L’engagement dans la continuité». Abdesslam Halouani du groupe Somadu et ex-trésorier de la fédération et Najib Cherai de LSA Industrie sont vice-présidents. S’y ajoutent 4 membres élus et trois autres coptés par le président. Mohammed Chami, DG de Riva Industrie, en fait partie. Le nouveau manager d’Univers Acier, Amine El Wali, «n’a pas encore confirmé» l’appel du président à rejoindre la nouvelle équipe de la Fimme. Le 3e membre copté est inconnu pour l’heure: «J’y réfléchis. Je cherche des profils de qualité», confie la présidence.  
    Après l’allégresse de la victoire, les choses sérieuses commencent.

    Comment fédérer une industrie qui a des ambitions et compte plus de 1.600 entreprises? 10% à peine d’entre elles sont membres de la Fimme qui a perçu 612.500 DH de cotisation en 2017. Les temps allaient être difficiles sans les 3 millions de DH de subvention étatique. A peu près une centaine ont répondu présent aux dernières élections professionnelles. De plus, les entreprises adhérentes devaient être obligatoirement à jour de leur cotisation pour  voter.

    «Il faut avoir des tripes pour travailler dans ce secteur qui n’est pas assez visible aujourd’hui. Nous sommes sous-estimés parce que nous nous marketons pas assez. Il faut apprendre à travailler ensemble, à chercher les finances et faire du lobbying», estime dans son speech Moulay Youssef Alaoui, président d’honneur de la Fimme.
    Son frère d’arme, Tarik Aitri, assure vouloir «fédérer le maximum d’entreprises» de sa fédération. Il vise ainsi à intégrer la corporation des ferrailleurs et celle des importateurs-distributeurs d’inox.

    Le nouveau président envisage aussi d’élargir le staff de la Fimme. C’est indispensable. L’équipe tourne avec moins d’une dizaine de salariés. Sauf que pour recruter de nouveaux «profils pointus», il faut de l’argent, donc des adhérents et des cotisations supplémentaires. Il est question d’engager l’équipe actuelle à aller sur le terrain pour enrôler des opérateurs. Aura-t-elle le temps de le faire?

    La Fimme et ses salariés doivent gérer de grands dossiers comme la mise en place des écosystèmes industriels et...  des mesures de défense commerciale. L’une de ses adhérentes, l’Association des sidérurgistes du Maroc (ASM) réclame déjà au département du Commerce extérieur 4 nouvelles années de protection. Un autre membre de l’ASM, Maghreb Steel, est distinctement concerné par une prorogation de la protection de la tôle.

    Des orages s’annoncent dans le secteur, même si le président de la Fimme reste confiant. Le jeune manager parle d’abord «de faire un état des lieux» après les 5 années de protection. Le marché de l’acier à l’international a été secoué par les USA via l’augmentation des taxes à l’import.

    N’empêche que la Fimme tient  à trouver «des solutions équilibrées: sauvegarder les fleurons nationaux (comme Maghreb Steel), mais pas au depens des autres entreprises». Des réunions avec les filières vont se tenir à partir du 1er octobre.  
    «Nous allons les écouter et noter leurs doléances. Les problèmes spécifiques, nous les réglerons au cas par cas», indique la présidence. 

    La Fimme va fort probablement  se retrouver avec un scénario similaire à celui de 2012, du temps où l’ancien président, Abdelmjid Souiri, était entre le marteau et l’enclume. D’un côté, les intérêts des tréfileurs, tubistes, chaudronniers et, de l’autre, ceux des sidérurgistes. 

    «Le mot consensus me déplaît un peu. Il y a toujours une partie qui doit donner un peu plus que les autres. L’expérience des quotas accordés aux tréfileurs reste le meilleur compromis trouvé à ce jour. Tout le monde y a trouvé son compte même les Européens. Il n’y aura pas une protection totale du marché si l’on élimine aussi les spéculateurs», confie une source bien informée sur le secteur. Notre interlocuteur a eu toujours des réserves sur les mesures protectionnistes. Il n’est pas le seul.

                                                                                       

    Passation de pouvoir ce jeudi chez les métallurgistes

    Une passation de pouvoir va se tenir ce jeudi 27 septembre au siège de la Fimme à Casablanca. Le président sortant (et désormais d’honneur), Abdelmjid Souiri, va passer le relais au jeune Tarik Aitri.

    Durant les dernières élections, le fondateur de Tube et Profil s’est dit «soulagé» après un mandat «usant» de 7 longues années. Les âpres négociations entre filières sur le bien-fondé des mesures protectionnistes réclamées par les sidérurgistes ont laissé des séquelles... dans toute la profession. Le président sortant de la Fimme tient tout de même «à remercier ceux qui l’ont aidé et ceux qui l’ont combattu». L’histoire se poursuit (lire ci-dessus).  

        
    La passation de pouvoir sera aussi l’occasion de présenter la feuille de route du nouveau bureau où dominent les tubistes. PME et formation figurent en tête des priorités. La première parce que c’est «l’entreprise du Maroc», selon le numéro un de la Fimme.

    La seconde, parce que les formations sont «inadéquates» au marché du travail. Le soudage à baguette est donné comme contre-exemple au soudage de précision qui a recours à la robotique. L’ambition est de faire de l’Observatoire des métiers et de l’emploi un futur vivier pour les entreprises qui tiennent vraiment à monter en gamme et percer dans l’export. L’appui de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) sera sollicité par le secteur métallurgique.

    Parallèlement, la fédération a dû modifier ses statuts fin juin 2016 pour participer à la gestion des Instituts de formation aux métiers des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Un seul est ouvert à Oujda, celui de Tanger sera incessamment inauguré et le centre de Ouarzazate est en construction.

    «La continuité exige de ne pas faire table rase des projets lancés. Il en va de la crédibilité du secteur vis-à-vis de l’Etat», insiste le nouveau président. Après les zones offshore, les écosystèmes industriels sont le nouveau dada de l’exécutif.

    Quatre conventions ont été signées entre 2016 et 2017 avec la Fimme: travail des métaux (accompagnement de 150 entreprises), valorisation des métaux (fonderie de cuivre et de métaux), nouveaux métiers (machines agricoles et bicyclettes). Le dernier écosystème censé redynamiser le secteur porte sur l’industrie navale. Le 5e est en cours de finalisation.

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