Politique

Chambre des conseillers: La bataille pour la présidence démarre

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5356 Le 24/09/2018 | Partager
Hakim Benchamach multiplie les contacts en coulisses pour rempiler
La majorité divisée sur la présentation d’un candidat
Abdessamad Kayouh de l’Istiq-lal veut prendre sa revanche
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Les deux adversaires affichés appartiennent à l’Istiqlal et au PAM, des partis qui campent dans l’opposition au gouvernement. Ils ont tous les deux 50 sièges, à raison de 25 chacun. Une place jugée importante dans la Chambre des conseillers qui compte 120 sièges. Mais pour que l’un d’entre eux puisse l’emporter, il est nécessaire de bénéficier des voix d’autres partis de la majorité. Cependant, si la majorité décide de présenter un candidat à la présidence de cette chambre et la discipline de vote scrupuleusement observée, elle en sortira gagnante. L’appui des voix des parlementaires du patronat sera nécessaire

A moins de trois semaines de l’ouverture de la session d’automne du Parlement par SM le Roi le 12 octobre prochain, la bataille pour la présidence de la Chambre des conseillers est lancée. Hakim Benchamach a déjà démarré une campagne de contacts auprès des parlementaires et des états-majors des partis. L’objectif est de les sensibiliser à voter pour lui.

Ces consultations se sont étendues à des formations de la majorité. A ce stade, le feuilleton de l’élection semble un remake d’octobre 2015, où une seule voix avait départagé le président sortant et le candidat de l’Istiqlal Abdessamad Kayouh, ancien ministre et membre du comité exécutif de l’Istiqlal. Hakim Benchamach est appuyé par sa garde rapprochée, particulièrement Larbi Lamharchi, membre du bureau politique du PAM et président de l’association des élus du parti.

L’ancien patron Ilyas El Omari se tient à l’écart de ce combat. Benchamach veut impérativement rempiler à la présidence de la Chambre, ce qui renforcera sa position au sein de son parti dont il est devenu le secrétaire général à peine en mai dernier.

En cas d’échec, c’est sa crédibilité politique qui risque d’être ébranlée et son image fortement entamée. Ce qui ouvrirait grandes les portes à différentes formes de contestations dans une formation où il ne compte pas que des amis.

A part ses collaborateurs qui veulent le voir s’accrocher à son poste pour que leurs intérêts ne soient pas compromis, d’autres responsables voient en revanche les choses autrement. Ils espèrent que le secrétaire général jette l’éponge pour se consacrer intégralement à la restructuration du parti, avec en perspective les prochaines élections.

Benchamach n’est pas sûr de conserver son fauteuil. En octobre 2015, il avait remporté l’élection à la présidence par une seule voix. A l’époque, des partis de la majorité, des conseillers de la CGEM ainsi que certains parlementaires syndicalistes avaient voté en sa faveur. Le PAM se présentait alors comme la seule alternative en mesure de contrer les islamistes. Aujourd’hui, ce rôle peut être joué par le RNI en plein mutation.

En tout cas, le comité exécutif de l’Istiqlal a discuté la question du renouvellement des instances de la Chambre des conseillers mais a officiellement reporté le choix de celui qui portera ses couleurs pour cette semaine. A moins d’un coup de théâtre, ça sera Abdessamad Kayouh. Le patron de l’UGTM était également tenté mais a finalement renoncé pour laisser la voie libre à Abdessamad Kayouh qui rêve de prendre sa revanche. Qu’importe, les deux prétendants proviennent de l’opposition. Si la majorité décide de présenter son candidat, leurs calculs seront faussés. Le PJD a fait cette proposition à la majorité, mais les autres composantes de la coalition gouvernementale comme notamment le RNI, le MP et l’USFP, n’ont pas montré d’enthousiasme. Dans le cas contraire, que fera le PJD, va-t-il soutenir le candidat de l’Istiqlal comme il l’a fait en 2015? Rien n’est encore acté.

 

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