Entreprises

Election fratricide à la Fimme

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5353 Le 19/09/2018 | Partager
Pour la première fois, deux listes briguent la présidence de la Fédération
De gros défis attendent la future équipe
La date du vote fixée au jeudi 20 septembre

La Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques (Fimme) organise, demain jeudi 20 septembre, des élections pour le renouvellement de son bureau. Pour la première fois, le scrutin s’annonce serré puisque deux listes se disputeront les suffrages des électeurs.

Depuis sa fondation en 1951, les présidents ont toujours été désignés par consensus, sans compétition. Cette fois-ci, la donne a changé. La conjoncture aussi. La présence de deux listes n’est pas très bien accueillie par certains opérateurs dont les intérêts divergent et qui souhaitent malgré tout que la profession reste unie.

Ce qui suppose que la succession se fasse dans la continuité de l’actuel président Abdelhamid Souiri, qui ne peut plus se représenter après avoir cumulé deux  mandats successifs. A moins de 48 heures du jour J, les tractations vont bon train pour réunir des voix en faveur de l’une ou l’autre liste.

En tout cas, quel que soit le vainqueur, les défis à relever sont importants. Le premier concerne la surcapacité qui bride le secteur dans un contexte économique difficile, marqué par le retour au protectionnisme initié par les Etats-Unis. Les statistiques de l’Association des sidérurgistes du Maroc (ASM membre de la Fimme) indiquent que la capacité de production en laminage et en acier est respectivement de 5,5 millions de tonnes et de 2,8 millions de tonnes par an.

Une capacité largement au-dessus des besoins du marché marocain. Le gouvernement avait institué des mesures de sauvegarde jusqu’à fin 2018. Les opérateurs souhaitent que ce dispositif soit prorogé de quatre années supplémentaires. Le niveau du droit d’importation au-delà d’un contingent annuel est actuellement de 550 DH/tonne.

«Nous souhaitons avoir un appui de la Fimme pour obtenir la prorogation de ces mesures», déclare Mohamed Taïeb, directeur général de l’ASM. Toute la profession ne partage pas cette position. Ce bouclier commercial exacerbe les difficultés liées à la surcapacité du secteur.

Certains industriels prônent la protection du produit fini plutôt que la matière première brute. D’autres encore proposent de supprimer les avantages fiscaux accordés aux nouvelles structures dès que le secteur atteint un certain niveau de production.

L’autre défi du futur président consistera à concilier les intérêts parfois contradictoires d’un secteur composé de producteurs, d’importateurs et de distributeurs. Les déboires financiers enregistrés par certaines sociétés de sidérurgistes impactent négativement tout le secteur.

Si bien qu’il est très mal scoré par le système bancaire. Du coup, pour décrocher un financement, il faut montrer patte blanche. Ce qui n’est pas dans les moyens de beaucoup d’opérateurs. Le futur président pourra-t-il trouver une alternative au crédit bancaire? Il est également attendu sur des mesures d’appui du secteur.

Les opérateurs se plaignent de la cherté des facteurs de production qui pénalisent l’industrie. Parmi ces boulets, le coût de l’énergie, mais aussi l’absence de zones logistiques dédiées qui grèvent la compétitivité du secteur.

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Le poids économique de la sidérurgie

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  • Chiffre d’affaires: +10 milliards de DH
  • Valeur ajoutée: 1,1 milliard de DH
  • Total des investissements réalisés: 55 milliards de DH
  • Capacité de production en laminage: 5,5 millions de tonnes
  • Capacité de production installée en acier: 2,8 millions de tonnes
  • Emplois: 5.000
  • 7 sociétés spécialisées en rond béton et billette
  • 1 société spécialisée en acier plat (Maghreb Steel)

 

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