International

Mobilité internationale: Ce qui fait rêver les étudiants

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5349 Le 13/09/2018 | Partager
Proximité, langue, établissement prestigieux… influencent le choix des pays de destination
Sciences, technologie, ingénierie, mathématiques, filières attractives
Les doctorants les plus sollicités

Capacité des niveaux supérieurs d’enseignement, rendement plus élevé de l’investissement dans une formation à l’étranger, établissement prestigieux, existence de spécialisations pointues ou de programmes d’après-migration dans des pays d’accueil… Ce sont là des facteurs qui encouragent la mobilité internationale des étudiants. Cette année l’OCDE a consacré tout un chapitre à ce thème dans l’édition 2018 de «Regards sur l’éducation».

En moyenne, dans les pays de l’OCDE, les étudiants en mobilité internationale représentent 6% de l’effectif total de l’enseignement tertiaire, mais 26% de l’effectif total de doctorants. L’enrichissement des économies émergentes a incité les jeunes issus d’une classe moyenne en plein essor à rechercher des possibilités de formation à l’étranger.

Dans le même temps, des facteurs économiques (les tarifs des vols internationaux), technologiques (la possibilité de garder le contact grâce à Internet et aux médias sociaux) et culturels (l’emploi de l’anglais comme langue de travail et d’enseignement) ont largement contribué à démocratiser la mobilité internationale. Les étudiants qui voyagent et vivent à l’étranger grâce à leur milieu socioéconomique sont aussi plus susceptibles d’accéder à des niveaux supérieurs d’enseignement.

Pour les pays d’accueil, investir dans ces niveaux, en particulier en doctorat, est très intéressant. «Car les diplômés de ce niveau contribuent largement aux activités de recherche et développement (R&D) et sont très utiles pour relever les défis socioéconomiques», indiquent les auteurs du rapport.

Le pourcentage d’étudiants en mobilité internationale passe au moins du simple au double entre la licence et le master dans deux tiers des pays de l’OCDE. Les étudiants tendent pour la plupart à opter pour une formation en rapport avec les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques (STIM) ou avec le commerce, l’administration et le droit.

Le coût des études varie entre les pays

Appliquer des frais de scolarité appropriés reste l’une des questions les plus débattues de la politique de l’éducation, relève l’OCDE. D’autant que les responsables politiques cherchent à accroître les taux de scolarisation dans l’enseignement supérieur et à améliorer l’équité de l’éducation.

Le coût des études à charge des individus varie sensiblement entre les pays. Et ce, à cause des différences dans le niveau des frais de scolarité et le coût des services auxiliaires ainsi que dans le budget public de l’enseignement tertiaire et les aides publiques aux étudiants.

Ceux en mobilité internationale tiennent compte de l’idée qu’ils se font de la qualité de l’enseignement et de la réputation des établissements lorsqu’ils choisissent leur pays de destination. Ils prennent comptent aussi des classements internationaux.

Comme les gouvernements cherchent à encourager l’internationalisation de l’enseignement supérieur, ils ont revu leurs accords de performance avec les établissements. Ils tiennent désormais compte entre autres de l’afflux d’étudiants en mobilité internationale pour calculer les budgets alloués aux universités.

La langue d’enseignement est un facteur tout à fait déterminant dans le choix du pays de destination. Les pays où l’enseignement est dispensé dans des langues largement répandues (l’allemand, l’anglais, l’espagnol, le français et le russe, par exemple) peuvent être particulièrement attractifs aux yeux des étudiants en mobilité internationale. L’anglais est la langue véhiculaire par excellence à l’heure de la mondialisation: «plus d’une personne sur quatre le parle dans le monde».

Autres faits marquants

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Le nombre d’étudiants en formation tertiaire à l’étranger a explosé en quelques décennies, passant de 2 millions en 1999 à 5 millions 17 ans plus tard. En 2016, 3,5 millions d’étudiants sont partis à l’étranger, dans un pays de l’OCDE, avec l’intention d’y faire des études.
La mobilité entrante a augmenté dans la quasi-totalité des pays de destination parmi les pays membres et partenaires de l’OCDE. Elle est presque passée du simple au double entre 2013 et 2016 en Estonie, en Lettonie et en Pologne.
La mobilité à destination de pays de l’OCDE est plus variable. Le nombre de ressortissants nationaux partis à l’étranger dans l’intention d’y faire des études a le plus augmenté en Arabie saoudite, en Espagne, en Hongrie, en Inde et en Italie, mais a diminué dans certains pays.
Avec plus de 50.000 étudiants en mobilité internationale en provenance du Maroc, le Royaume est le douzième pays d’origine des étudiants en mobilité internationale dans l’enseignement supérieur des pays de l’OCDE (cf. notre édition N° 4966 du 22/02/2017, «OCDE: Plus de 7.000 médecins et autant d’infirmiers nés au Maroc»).

 

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