Entreprises

Textile: En attendant le choc de compétitivité

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5348 Le 12/09/2018 | Partager
Le secteur veut des mesures fortes dans la loi de finances 2019
Importations «sauvages» et ALE «toxiques» pointés du doigt
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Le textile habillement et la friperie représentent 36% des saisies de marchandises opérées par la Douane. La même tendance est observée au terme des 6 premiers mois de l’année

Contrebande, dumping… L'association marocaine de l'industrie textile et habillement, (Amith) veut des mesures urgentes contre les importations «sauvages» et demande la révision des accords de libre échange «toxiques à l’économie».  Si l'export se porte bien avec des taux d'accroissement des ventes à l'étranger de 8,8% en 2016 et 4,9% en 2017, le marché local a du mal à affronter les importations en provenance de certains pays ainsi que la contrebande.

Même si les opérateurs reconnaissent «les efforts» de la Douane, la contrebande gangrène le secteur. «Elle est difficile à éradiquer. Ce phénomène nécessitera un travail de longue haleine. L’industrie peine à faire face aux importations déloyales des enseignes low-cost et des réseaux de contrebande organisés au nord du Maroc et à partir de la Mauritanie», souligne Karim Tazi, président de l'Amith lors d’une conférence de presse organisée lundi 10 septembre à Casablanca. Dans ces conditions, aucun business model n’est viable sur le marché local.

L'association veut une mesure dans la loi de finances 2019, une sorte d'ordonnance, pour relancer rapidement le secteur. Elle met en avant l’urgence de «la réduction» du gap de compétitivité. Deux pistes pourraient être explorées, selon des opérateurs: des subventions directes ou des mesures fiscales via notamment une baisse de la TVA pour encourager la consommation de la production locale.

Une mesure qui devrait s'accompagner d'une hausse des droits de douane pour d'une part compenser le manque à gagner en termes de recettes mais aussi pour freiner les importations «sauvages». Estimé par le secteur à plus de 44 milliards de DH, le marché local serait surtout couvert par les produits de contrebande et par les importations alors que la production locale a du mal à se faire de la place. Même l’informel serait affecté.

Pour mettre un frein aux importations «sauvages», le gouvernement avait proposé dans le projet de loi de finances 2018 une hausse de la TVA de 17,5 à 20% et de 25 à 30% sur certains produits finis et semi finis. Mais cette mesure a été rejetée par les élus car elle allait à l'encontre de la politique d'ouverture prônée et pouvait créer une concurrence déloyale en matière de commerce extérieur.

Aujourd’hui, le secteur du textile qui, selon l’association, perd 20.000 emplois par an depuis le début de la décennie revendique l’amélioration de l’environnement des affaires ainsi que le renforcement de la formation. Le soutien à l’émergence d’entreprises de taille intermédiaire, qui pourront à moyen terme tracter les sous-traitants, figure aussi parmi les dossiers qui tiennent à cœur au secteur.

 

 

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