Politique

Rentrée parlementaire: El Malki secoue les députés

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5347 Le 10/09/2018 | Partager
Les commissions immédiatement au travail dès ce mois
Deux urgences: le service militaire et la loi-cadre sur l’enseignement
Le président surfe sur le nouveau modèle de développement
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Habib El Malki, président de la Chambre des représentants, veut mobiliser toutes les énergies pour réussir, sur les plans matériel et logistique, l’inauguration de la session d’automne par le Roi le vendredi 12 octobre prochain  (Ph. Bziouat)

Avec un mois d’avance, la Chambre des représentants se prépare à la rentrée parlementaire, marquée par le traditionnel discours royal considéré comme la feuille de route pour l’année politique. Son président, Habib El Malki, veut mobiliser toutes les énergies pour réussir, sur les plans matériel et logistique, l’inauguration de la session d’automne par le Roi le vendredi 12 octobre prochain.

Il multiplie des réunions avec les différents organes de la Chambre: les membres du bureau, les chefs de groupes parlementaires et les présidents des commissions. Il est important de bien s’y préparer d’autant que l’agenda de la session d’automne sera très chargé. Outre l’examen du projet de loi de finances, les députés devront s’atteler à l’adoption de deux importants projets de loi approuvés par le dernier Conseil des ministres.

Le premier concerne le service militaire que le bureau de la Chambre des représentants a transféré à la Commission de la justice, de la législation et des droits de l’Homme. Pour enrichir ce texte dont la programmation interviendra vers fin septembre, les partis d’opposition ont déjà leurs schémas.

Ainsi, l’Istiqlal propose d’introduire une autre forme de service social ou d’intérêt général. Ce sera une occasion pour mieux vulgariser l’économie générale de ce texte qui souffre d’un déficit d’explication. Des familles, sans la moindre visibilité, s’inquiètent pour le sort de leur progéniture.

Le deuxième projet phare de cette rentrée est la loi-cadre pour la réforme de l’enseignement. Le texte a été transmis à la Commission de l’enseignement, de la culture et de la communication de la première Chambre du Parlement. Son examen interviendrait au cours de la troisième semaine de septembre. Ce texte, qualifié de stratégique, ne manquera pas de raviver des passions sur des questions relatives aux frais d’inscription et aux langues d’enseignement.

Parallèlement à ce travail de programmation au niveau législatif, le président s’est également réuni avec les groupes de travail mis en place dernièrement conformément au règlement intérieur. L’un concerne «le Sahara», un deuxième, «le Maroc et les relations avec les pays d’Afrique». Un troisième se concentre sur «la question palestinienne».

Ces groupes sont chargés de finaliser des plans d’action à déployer pour enrichir le travail parlementaire. Il s’agira aussi d’identifier les modalités pour mieux défendre ces dossiers thématiques et fixer les composantes du plaidoyer et les réseaux d’influence, souligne un chef de groupe parlementaire. 

En outre, les membres du groupe de travail chargé de l’évaluation des politiques publiques ont choisi un thème d’actualité pour démarrer leur cycle. Il s’agit de diagnostiquer  l’enseignement du préscolaire qui constitue une étape déterminante dans la vie scolaire des enfants. Par ailleurs, sur le plan de la législation, la Chambre s’est dotée d’une nouvelle attribution: veiller à la bonne mise en œuvre des lois adoptées par le Parlement.

Le point principal traité est de voir comment les décrets d’application soient signés par les ministres pour que ces textes ne soient pas morts après leur publication au Bulletin officiel. Le président a également tenu à respecter une exigence contenue dans la loi sur le fonctionnement du gouvernement.

En effet, celle-ci recommande que les projets de loi transférés au Parlement  soient accompagnés d’études d’impact. Pour l’heure, très peu de ministères respectent cette disposition. Il est temps d’inverser la tendance, note un député.

Par ailleurs, ces responsables politiques ont insisté sur la nécessité d’approfondir les collaborations avec la Cour des comptes, particulièrement au sujet des projets ayant un impact financier. Une occasion pour évoquer le prochain exposé du rapport du premier président de la Cour des comptes. La séance commune entre les deux Chambres sera convoquée après que les conseillers aient élu leur président.

Avec Habib El Malki la Chambre des députés veut surfer sur le débat autour du nouveau modèle de développement, recommandé par le Souverain. Elle propose de contribuer à ce chantier central, à travers ses attributions, délimitées par deux axes. D’abord, la Chambre compte participer au débat par son action législative. Ensuite, elle peut accompagner ce chantier via ses prérogatives d’évaluation et de contrôle des actions du gouvernement, souligne un responsable.

De même, la participation au Conseil supérieur de l’enseignement, présidé par Omar Azziman, n’a pas été en reste. La Chambre désignera deux de ses représentants au Conseil, l’un de la majorité, l’autre de l’opposition.

Benchamach va-t-il rempiler?

La rentrée parlementaire sera marquée par l’élection du président et le renouvellement des membres du bureau de la Chambre des conseillers. Cette opération devra intervenir juste après l’ouverture de la session d’automne par le Roi. Pour l’heure, le flou est entretenu. Les partis politiques n’ont fait aucune annonce dans ce sens. La majorité n’est pas décidée à présenter un candidat à la succession de Hakim Benchamach. Mais vu qu’un parti politique de cette majorité le soutient, il y a de fortes chances que le président soit reconduit. Pourtant, des responsables au PAM auraient souhaité qu’il renonce à ce poste pour se consacrer entièrement à la restructuration du parti dont il est devenu le secrétaire général depuis près de quatre mois.

 

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