International

Le modèle africain séduit les dirigeants européens

Par L'Economiste | Edition N°:5341 Le 31/08/2018 | Partager
Theresa May insiste sur un partenariat renouvelé post-Brexit
Angela Merkel veut parler migration et développement

Dans «Où va le monde», qu’il a coécrit avec Nicole Gnesotto, l’ancien patron de l’OMC Pascal Lamy porte beaucoup d’espoirs sur le continent africain. Il serait, selon lui, «l’avenir de l’Europe», face notamment au protectionnisme de Donald Trump.

Le message a été bien assimilé par les dirigeants européens. La Première ministre britannique, Theresa May, a souligné, jeudi 30 août 2018 à Nairobi, l’importance d’un partenariat renouvelé avec le Kenya. Et ce, au dernier jour d’une tournée africaine visant à positionner le Royaume-Uni post-Brexit comme premier investisseur occidental sur le continent.

La tournée de May s’inscrit dans les efforts diplomatiques déployés depuis la décision des Britanniques de quitter l’Union européenne, en juin 2016, pour tenter de décrocher de nouveaux accords commerciaux ou consolider les accords existants.

Au Cap, la Première ministre britannique a annoncé une nouvelle enveloppe de 4 milliards de livres (4,4 milliards d’euros) d’investissements dans les économies africaines, ainsi qu’une réunion pour l’investissement en Afrique l’an prochain à Londres. Tout en assurant vouloir devenir le premier investisseur occidental sur ce continent où aucun Premier ministre britannique ne s’était rendu depuis 2013.

Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), le Royaume-Uni était déjà en 2016 le 2e investisseur étranger sur le continent avec 55 milliards de dollars, derrière les Etats-Unis avec 57 milliards, mais devant la France avec 49 milliards. Mais en termes de commerce, la Chine, qui accueille la semaine prochaine son grand rendez-vous africain annuel, arrive largement en tête. Lors de son dernier passage en Afrique du Sud en juillet dernier, le président Xi Jinping avait annoncé 14 milliards de dollars d’investissements.

De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel a entamé, le 29 août 2018, au Sénégal une tournée africaine qui la mènera également au Ghana et au Nigeria. Ceci au moment où Berlin mise sur le développement du continent pour endiguer les flux migratoires et renforcer la lutte contre la menace terroriste.

Merkel, accompagnée d’une dizaine de capitaines d’industrie allemands, a été accueillie sur le tarmac de l’aéroport Blaise Diagne, à une cinquantaine de kilomètres de Dakar, par le président sénégalais Macky Sall.

Au cours d’une conférence de presse conjointe, il a annoncé l’électrification par le solaire de 300 villages sénégalais, grâce à un financement de l’Allemagne dont le montant n’a pas été précisé. Interrogé par la presse, le dirigeant sénégalais a déploré «le lot de morts de migrants africains et appelé à trouver des solutions et des opportunités pour la jeunesse africaine en Afrique même».

La chancelière a renforcé ces dernières années le volet africain de sa diplomatie, comptant sur les pays du continent pour ralentir le flux de migrants vers l’Europe. Un sujet extrêmement sensible en Allemagne.

Importantes ressources et population jeune

Pays d’exportation comme la Chine et le Royaume-Uni, l’Allemagne veut également tirer profit du dynamisme croissant de l’Afrique, dont les pays disposent souvent d’importantes ressources en matières premières et d’une population jeune. Le Sénégal connaît une croissance économique de 6 ou 7% depuis plusieurs années, tandis que le Ghana, dont l’économie est également en expansion, est considéré comme un havre de stabilité dans la région. Bien que confronté aux actions terroristes et à la volatilité des prix du pétrole, le Nigeria reste le second partenaire économique de l’Allemagne en Afrique subsaharienne.

F. Z. T. avec agences

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