×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Rapport de la Cour des comptes: Des zones industrielles peu compétitives

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5340 Le 30/08/2018 | Partager
    La Turquie et la Tunisie plus agressives que le Maroc
    Plusieurs services prévus par les cahiers des charges des P2I ne sont pas assurés

    L’état des lieux des espaces d’accueil industriels (EAI) est peu reluisant: prépondérance du financement public, faible compétitivité des prix de commercialisation, problèmes au niveau des stations d’épuration et d’application du programme d’efficacité énergétique, planification sans évaluation des plans précédents, lacunes dans la promotion, manque de transparence sur les prix de commercialisation… Leur nombre, 109 espaces pour une superficie globale de 8.659 hectares, est jugé inférieur à des pays  comme la Turquie et la Tunisie.

    Une critique  que le ministère de l’Industrie rejette: «Les données montrent que la superficie dédiée aux zones industrielles au Maroc est plus grande que celle en Tunisie. Pour la Turquie, la superficie n’est pas citée, ce qui rend le nombre des EAI sans importance.

    Afin que la comparaison du cas marocain avec d’autres pays soit pertinente, les indicateurs de comparaison doivent être étoffés en prenant en considération les budgets relatifs au développement des EAI pour chaque pays durant les 30 dernières années, le taux de valorisation selon la tranche d’âge, le chiffre d’affaires, le nombre d’emplois créés par hectare ainsi que la qualité des services rendus et l’attractivité des IDE».

    Pour la Cour des comptes, ces espaces sont également concentrés sur  l’axe Kénitra-Casablanca, engendrant ainsi un déséquilibre régional. A elle seule, la région de Casablanca-Settat compte 22 espaces d’accueil industriels, suivie de celle de Rabat-Salé-Kénitra (20 EAI) et Fès-Meknès (17 EAI).

    Des problèmes de connectivité sont également cités.  C’est le cas en particulier des plateformes industrielles intégrées (P2I) éloignées des ports: de 11 à 300 km comme c’est le cas pour Kénitra Automotive City et la technopole d’Oujda.

    Dans son rapport, la Cour des comptes juge la compétitivité de ces plateformes insuffisante en termes  d’incitation à l’investissement et d’offre de services. Elle rejoint ainsi les critiques récurrentes des chefs d’entreprise qui pourraient s’appuyer sur ce rapport pour obtenir de nouveaux avantages dans la prochaine loi de Finances.

    «La comparaison de l’offre du Maroc par rapport à celle de la Tunisie et la Turquie révèle que les incitations fiscales de ces deux pays sont plus agressives sur divers plans, que ce soit au niveau territorial ou temporel ou en termes de taux de réduction», soulignent les magistrats.

    Sur le plan territorial, le régime préférentiel au Maroc concerne uniquement 20 provinces et préfectures alors qu’il est plus élargi en Tunisie (zones régionales) et en Turquie. Au Maroc, les réductions fiscales concernent  les 5 premières années alors qu’elles s’étendent à 10 ans pour la Tunisie et ne sont pas limitées dans le temps pour la Turquie. Le taux de réduction se limite à 50% pour le Maroc alors qu’il atteint 100% pour la Tunisie et 90% pour la Turquie.

    De même, les aides apportées par l’Etat sont plus importantes en Tunisie et en Turquie. Au Maroc, elles peuvent atteindre 30% pour les gros investissements contre 85% en Tunisie et 100% en Turquie.

    Par rapport aux financements bancaires, le Maroc n’accorde aucune contribution pour les prêts alors que la Turquie peut supporter jusqu’à 7 points du taux d’intérêt! De même, la prise en charge de la cotisation à la sécurité sociale est accordée à l’offshoring et les stagiaires pendant 24 mois au Maroc alors qu’elle concerne tous les salariés pour une période allant jusqu’à 10 ans en Tunisie et 12 ans en Turquie!

    Sur les ressources humaines, les filières scientifiques, technologiques et d’ingénierie représentent 18% des filières de formation au Maroc contre 30% en Asie et 23% pour les pays arabes. En termes de disponibilité de scientifiques et d’ingénieurs sur le marché du travail, la Tunisie se classe à la 48e position devançant le Maroc de plusieurs rangs (67e position), selon le Global Competitiveness Report 2016-2017 du World Economic Forum.

    Les magistrats relèvent aussi que «plusieurs services prévus par les cahiers des charges des P2I  ne sont pas assurés, tels que l’offre de services business  et celle liée à l’industrie (laboratoire, entretien et réparation)». L’offre de service des P2I est limitée aux services d’exploitation, à la gestion des divers réseaux ainsi que certains services de base.

    Intégrer l’efficacité énergétique

    Des améliorations sont attendues en matière de réhabilitation et de requalification des espaces d’accueil industriels. La majorité des programmes se limite à la mise à niveau de la voirie, du réseau électrique, de l’assainissement, de l’éclairage ou de la signalétique. La Cour des comptes recommande de renforcer les capacités, d’appuyer les structures de gestion tout autant que la promotion. La gestion environnementale et l’efficacité énergétique devraient être également prises en compte.
    Il faut par ailleurs assurer un pilotage d’ensemble des espaces d’accueil industriels  et un suivi rapproché au niveau de chaque région qui serait du ressort de l’entité régionale chargée de l’investissement. S’y ajoutent notamment le développement de nouveaux EAI par des études de positionnement et de faisabilité, en associant le secteur privé,  ainsi que la refonte des modèles actuels d’attribution de lots, lesquels  favorisent la spéculation et contribuent aux faibles taux de valorisation.

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc