Economie

Aïd Al-Adha: Offre abondante et contrôle renforcé pour cette année

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5336 Le 17/08/2018 | Partager
8,1 millions d’ovins et caprins offerts à la vente pour une demande estimée à 5,4 millions
L’état sanitaire du cheptel jugé très satisfaisant
Attention aux bêtes dénuées de bagues garantissant la traçabilité!

Jeune agneau, mouton d’un an ou gros bélier. Il y avait un grand choix, jeudi 16 août sur les marchés ouverts à Casablanca. Et pour toutes les bourses alors que l’offre n’avait pas encore atteint sa vitesse de croisière. La grande affluence des bêtes et acheteurs était attendue le week-end d’après.

Ailleurs dans la région de Casablanca-Settat (Berrechid, El Jadida, Sidi Bennour et Mohammedia) les prix du mouton étaient moins chers par rapport à la capitale économique. Mais la surchauffe était manifeste chez les marchands qui occupaient les garages et autres entrepôts des quartiers résidentiels. Au départ, ces sites de commerce n’ont pas été autorisés mais l’Intérieur a dû annuler sa décision sans raison apparente.

Quoi qu’il en soit, le ministère de l’Agriculture table sur  une offre pléthorique et en bonne santé. C’est ce qui ressort de «l’évaluation élaborée en étroite concertation et collaboration avec les professionnels de la filière des viandes rouges».

Le cheptel a fait l’objet de campagnes de vaccination et de suivi sanitaire par les services vétérinaires de l’ONSSA et des vétérinaires mandatés contre les maladies animales contagieuses et à incidences économiques. Résultat, «l’état sanitaire de l’ensemble du cheptel national, notamment celui des ovins et des caprins, est très satisfaisant dans l’ensemble des régions du Royaume», assure la tutelle.

Tout particulièrement, l’élevage ovin et caprin a profité des bonnes conditions de la campagne agricole 2017-2018. A commencer par l’abondance des ressources fourragères et céréalières. Ce qui s’est traduit par un  impact significatif sur les prix de l’aliment de bétail produit localement. Ces prix ont baissé de 14%  par rapport à la campagne précédente. Des performances zootechniques ont été aussi relevées par les professionnels et les services du ministère de l’Agriculture: un taux d’agnelage de 93% et une mortalité limitée à  2%.

Pour ce qui est de l’offre, l’estimation est établie sur les données statistiques actualisées du ministère de l’Agriculture: Cheptel ovin et caprin. Elle tient compte également des abattages enregistrés au niveau des abattoirs contrôlés et des naissances et mortalités de l’année. En somme une enquête accompagnée cette année et pour la première fois d’une opération colossale d’identification et de traçabilité. (Voir édition du 6 août 2018).  

Au total, l’offre pour l’Aïd Al-Adha est estimée à 8,1 millions de têtes. C’est pratiquement le nombre de bagues que doit porter le cheptel tracé. Sur ce chiffre, figurent 4,6 millions d’ovins mâles, 1,38  million de brebis et 2,1millions de caprins.

Cependant, la demande devait porter 5,45 millions de têtes, dont 4,9 millions d’ovins (4,3 millions mâles) et 540.000 de caprins. Il en ressort donc une offre excédentaire de 48% par rapport à la demande.

A noter aussi le déploiement du plan d’action «spécial Aïd Al-Adha» depuis début juin dernier. Ce plan est poursuivi par d’autres mesures. Il s’agit en particulier de l’installation de souks temporaires dans certaines villes pour renforcer les structures de vente et les limiter (milieu urbain) uniquement aux animaux dûment identifiés et appartenant aux élevages enregistrés.

Ceci, sans relâcher le contrôle à tous les niveaux, avant, durant et après le jour du sacrifice. A cet effet, une ligne est mise en service par l’Onssa: 08 01 00 36 37.

Chiffres clés

  • Offre: 8,1 millions de têtes 4,6 millions d’ovins mâles 1,38 million de brebis 2,1 millions de caprins
  • Demande : 5,45 millions de têtes Ovins mâles : 4,3 millions de têtes
  • Caprins : 540.000 têtes Chiffre d’affaires estimé: 11 milliards de DH

                                                                        

Les conseils de l’Onssa

BIEN que l’opération d’identification des ovins devrait garantir des bêtes de qualité, le risque zéro n’existe pas, reconnaît l’Office de sécurité sanitaire. D’où les conseils qu’il faut observer.  
- Lors de l’achat du mouton, outre les exigences d’ordre religieux, il faut veiller à ce que l’animal ne présente pas des signes de maladies tels que la toux, la diarrhée ou une augmentation anormale du volume de l’abdomen.
- Veiller sur l’alimentation et le repas de l’animal, en lui servant de la paille et de l’eau propre, tout en cessant de le nourrir 12 heures avant l’abattage. Seule l’eau peut être donnée à l’animal.
- Avant de procéder à l’abattage, il faut préparer l’emplacement et les outils qui doivent répondre aux exigences d’hygiène nécessaires notamment la propreté et l’abondance de l’eau.
- La personne qui procède à la saignée doit avoir une propreté corporelle et vestimentaire irréprochable.
- Il faut entamer le dépouillement de l’animal en prenant toutes les précautions pour que les viandes ne soient pas souillées par la peau et en évitant le soufflage de l’animal par la bouche.
- Avant l’éviscération, il faut laver le couteau et les mains car l’opération constitue une étape très sensible sur le plan sanitaire.
- Il faut tirer et couper les intestins en évitant de souiller les viandes et les mettre dans un récipient à part et propre avant de les vider et de les laver.
- Lorsqu’on relève une modification de la couleur de la viande (rouge foncé ou jaunâtre), il faut saisir les services vétérinaires qui assurent une permanence le jour de l’Aïd.
- Si on observe un ou deux kystes dans un organe, on peut les enlever en prenant les précautions pour ne pas les percer et consommer le reste de l’organe. Cependant, s’il y a une grande infection (plusieurs kystes étendus), il faut éliminer tout l’organe.
- En cas d’atteinte par la «larve de taenia», une maladie parasitaire, qui se présente sous forme de points blancs au niveau du foie ou de kystes d’eau sur la face interne du foie ou sur la graisse mésentérique, il est recommandé d’enlever les points blancs ou les kystes et consommer le reste de l’organe si l’affection est légère, sinon détruire tout l’organe en cas d’une grande infection.
- Faire le ressuyage de la carcasse par sa mise dans un endroit frais et éloigné de toute contamination pendant 24 heures après l’abattage.
- Découper la viande et la stocker par réfrigération au cours de laquelle la température recommandée ne doit pas dépasser 3 degrés.
- Saupoudrer la peau d’une quantité suffisante de sel et la stocker dans un endroit frais jusqu’à son utilisation.
- Détruire et inhumer les organes impropres à la consommation, nettoyer le lieu de l’abattage et les outils utilisés par des détergents et collecter l’ensemble des déchets dans des sacs étanches.

 

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