Economie

Délais de paiement: Les gagnants et les perdants

Par Franck FAGNON | Edition N°:5334 Le 15/08/2018 | Partager
La promotion immobilière, l'hôtellerie et le BTP, les principaux bénéficiaires
Les TPE dans l'industrie et le BTP souffrent le plus
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Les grands promoteurs immobiliers transfèrent leurs difficultés à leurs prestataires. Le décalage entre les créances clients et les dettes fournisseurs se traduit par un gain de trésorerie équivalent à 197 jours de chiffres d'affaires. La situation est moins critique dans l'hôtellerie mais reste préoccupante

Chahuté depuis quelques années en raison de la morosité de la conjoncture à laquelle s'ajoutent des erreurs stratégiques dans certains cas, les grands promoteurs immobiliers cristallisent toujours l'attention. Ces derniers transfèrent leurs difficultés à l'ensemble de leur écosystème.

Le secteur tient le mauvais rôle dans la dégradation des délais de paiement. Les grands promoteurs immobiliers règlent leurs fournisseurs en moyenne à 314 jours. C'est l'un des rares secteurs dans lequel les délais continuent de se dégrader. Le solde commercial (la différence entre les créances clients et les dettes fournisseurs) pour ces grands acteurs s'établit à -197 jours de chiffre d'affaires et -140 jours pour les PME, c'est-à-dire qu'ils se font de la trésorerie sur le dos de leurs fournisseurs.

En revanche pour les TPE dans le secteur, le solde est positif de 12 jours. La situation n'est pas meilleure dans l'hôtellerie et la restauration, mais elle est moins critique. Les gains de trésorerie pour les grandes entreprises s'élèvent à 50 jours de chiffres d'affaires et à 22 jours pour les PME. Ils s'établissent à 7 jours pour les plus petites structures.

Les délais de paiement sont fixés à 60 jours et peuvent aller à 90 jours contractuellement. A l'évidence, très peu d'entreprises sont respectueuses de ces règles. Et, impossible d'appliquer les pénalités de retard même pour de grandes PME.

«La loi telle qu'elle est conçue n'est pas applicable», confie un chef d'entreprise. «Le solde entre les pénalités que je dois facturer à mes clients et celles que je dois reverser à mes fournisseurs permettrait d'améliorer mon résultat. Mais, l'application de la loi est complexe», ajoute-t-il.

En plus de grever la compétitivité des entreprises, la tension sur la trésorerie occasionnée par l'allongement des délais de paiement est un accélérateur de défaillance.

 

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