Economie

Dialogue social: Un nouveau test pour le gouvernement

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5334 Le 15/08/2018 | Partager
Des attentes sur l’amélioration des revenus
L’écart salarial public-privé élevé
Dans la fonction publique, le salaire moyen net représente 3,2 fois le PIB par habitant
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Dans la fonction publique, le salaire moyen brut s’établit à 9.338 DH, en hausse de 4,5% depuis 2000. En revanche, il n’a évolué que de 2,9% en moyenne annuelle dans le secteur privé où il atteint  5.129 DH en 2017

Le gouvernement et les partenaires sociaux vont-ils parvenir à un nouvel accord social? Les négociations, qui devraient reprendre  en septembre, promettent d’être serrées face à la montée des revendications. Les syndicats y joueront leur crédibilité vis-à-vis d’adhérents de plus en plus sceptiques sur leur capacité à décrocher des mesures concrètes.

Des mesures censées améliorer  les revenus à travers la revalorisation des allocations familiales, l’augmentation des salaires, la hausse du smig, … et dont l’impact sur l’entreprise et le budget de l’Etat pourrait être important. En tout cas, les limites budgétaires pourraient tempérer les éventuelles ardeurs des organisations syndicales.

Dans la fonction publique, la masse salariale atteint des sommets:  108,8 milliards de DH est prévue cette année. Cela représente 46% des recettes ordinaires du Trésor et 58% du budget de fonctionnement. «Il n’existe aucun cadre formel de révision salariale dans la fonction publique, tandis que dans le secteur privé, le code du travail laisse comprendre dans sa définition du salaire minimum une sorte d’indexation sur l’évolution du niveau des prix», note Bank Al-Maghrib dans son rapport annuel.

La Banque centrale relève que dans les deux secteurs les révisions générales sont opérées dans les faits à l’issue de cycles irréguliers de dialogue social.

Sur la période 2000-2017, le smig a été revalorisé à huit reprises: il est passé de 1.743 DH/mois à 2.799,71 DH dans l’industrie, commerce et professions libérales. De son côté le salaire minimum dans l’agriculture est à 1.832 DH en 2017 contre 1.129,2 DH en 2000.

La progression annuelle moyenne ressort ainsi à 2,8%, un niveau supérieur à celui de 1,6% de l’inflation annuelle enregistrée au cours de la même période! A la CNSS, le salaire moyen brut s’est accru de 2,9% en moyenne annuelle, pour atteindre 5.129 DH en 2017.

Dans le secteur public, le salaire minimum net a augmenté en moyenne de 5,7% par an depuis 2003 pour s’établir à 3.000 DH en 2017. Quant au salaire moyen brut , il est à 9.338 DH, enregistrant ainsi une hausse de 4,5% depuis 2000. «Un  rythme supérieur à celui observé dans le privé et  abstraction faite de l’évolution de la qualification», relève Bank Al-Maghrib.

La Banque centrale souligne aussi que «le niveau de rémunération dans la fonction publique ressort disproportionné par rapport au niveau de développement tel qu’appréhendé par le PIB par habitant». Ainsi, le salaire moyen net représente 3,2 fois le PIB par habitant, contre 2,5 fois en moyenne pour la région Mena et 1,5 fois au niveau mondial!

L’écart salarial public-privé au Maroc est jugé parmi les plus élevés de la région Moyen-Orient et Asie Centrale. Il est proche des niveaux observés dans les pays du Conseil de Coopération du Golfe et dépasse largement ceux observés en Tunisie et en Algérie. Dans d’autres pays, ce sont plutôt les travailleurs du secteur privé qui sont les mieux payés.

 

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