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    International

    Guerre commerciale: Jusqu’où ira l’escalade?

    Par L'Economiste | Edition N°:5333 Le 10/08/2018 | Partager
    Plusieurs gros partenaires dans le collimateur
    Les tensions pourraient affecter le PIB planétaire
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    L’administration Trump a lancé une guerre commerciale tous azimuts à plusieurs partenaires économiques. Le conflit avec Pékin pourrait amputer le PIB planétaire de  0,7% d’ici 2020, selon des estimations récentes du cabinet Oxford Economics. D’après ses prévisions économiques, les tensions commerciales croissantes et le pétrole plus cher (le Brent évolue autour d’environ 75 dollars) pourraient aggraver le ralentissement mondial actuel.

    Les perspectives de croissance sont maintenues à 3,1% cette année et à 2,9% pour 2019. Elles sont soutenues par la politique budgétaire américaine et par une demande intérieure chinoise toujours relativement saine. L’activité de la zone euro est en perte de vitesse et risque de compromettre les perspectives des marchés émergents. Voici un panorama des fronts commerciaux ouverts par la Maison-Blanche.

    ■ La Chine dans la ligne de mire: Après avoir imposé des taxes à l’importation de 25% sur les machines à laver, les panneaux solaires, l’acier et l’aluminium, soit déjà un total de 34 milliards de dollars de produits chinois, Washington va taxer à partir du 23 août une série d’autres produits, pour une valeur de 16 milliards de dollars. Dans la ligne de mire: des motos, des tracteurs, des pièces pour chemins de fer et des circuits électriques notamment. Les Etats-Unis ont d’ores et déjà menacé de taxer 200 milliards de dollars de marchandises chinoises supplémentaires (poissons, pneus, papier et produits chimiques par exemple), à partir de septembre. Ce qui porterait à 250 milliards de dollars le total des produits chinois taxés par Washington.

    ■ Déficit abyssal: Et Donald Trump s’est dit prêt à taxer la totalité des importations venues de Chine (505 milliards de dollars en 2017, soit un déficit pour les Américains de 375 milliards sur les seules marchandises). Outre ce déficit abyssal, Washington reproche à Pékin le vol des droits de propriété intellectuelle, les barrières non-douanières et les transferts de technologie imposés avec les joint-ventures chinoises.
    De leur côté, les autorités chinoises ont annoncé le 6 juillet des mesures de rétorsion sur 34 milliards de dollars d’importations américaines, notamment du porc et du soja. Ils ont ajouté, le 8 août, 16 milliards supplémentaires (comprenant le charbon, des instruments médicaux ou des déchets). Les taxes chinoises s’élèveront également à 25% et seront aussi appliquées à partir du 23 août. Mais cette bataille des droits de douane pourrait trouver ses limites. La Chine importe presque quatre fois moins qu’elle n’exporte vers les Etats-Unis, ce qui limite sa capacité de représailles.

    ■ Une trêve avec Bruxelles: Donald Trump a accepté une trêve avec Bruxelles le 25 juillet. Les deux parties ont dit vouloir supprimer la quasi totalité des tarifs douaniers, et le président américain a confirmé qu’il n’y aurait pas de taxes sur le secteur automobile européen pendant les négociations. L’UE est, depuis le 1er juin, sous le coup de taxes douanières punitives américaines de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium. En guise de représailles, elle a relevé les droits de douane le 21 juin sur près de 3,2 milliards de dollars de produits typiquement américains, dont les jeans, le bourbon, ou encore les Harley-Davidson. La trêve a permis à l’UE d’éloigner la menace de droits de douane sur les importations automobiles. Ce qui inquiétait particulièrement l’Allemagne, grande exportatrice de voitures en Amérique du Nord.

    ■ Canada et Mexique: Ottawa, visé par les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium, a aussi pris des mesures de représailles, à hauteur de 12,6 milliards de dollars, entrées en vigueur le 30 juin. Outre l’acier et l’aluminium américains, sont notamment visés le whisky, le ketchup, le jus d’orange, les bateaux à voile et à moteur ou encore les tondeuses à gazon. De son côté, Mexico a imposé des taxes douanières équivalentes sur divers produits importés des Etats-Unis, dont certains aciers, des fruits et des fromages. Par ailleurs, les négociations entre Washington, Mexico et Ottawa pour moderniser l’Accord de libre-échange nord-américain (Aléna), en vigueur depuis 1994, traînent. Mais les Etats-Unis et le Mexique ont évoqué un possible accord d’ici la fin août.

    ■ De nouvelles sanctions contre l’Iran: Suite à son retrait de l’accord nucléaire iranien signé sous Barack Obama, Washington a rétabli le 6 août des sanctions à l’égard de Téhéran et de toutes les entreprises ayant des liens avec la République islamique. Cette première salve de sanctions concerne l’automobile et l’aéronautique civile, ainsi que des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières. Suivront le 4 novembre l’énergie et la finance. Washington se dit déterminé à réduire «à zéro» les exportations de brut iranien. Plusieurs pays ont réclamé des exemptions début juin afin de continuer à commercer avec Téhéran, en vain.

    ■ Le Japon s’y met aussi: Touché depuis mars par les taxes sur l’acier, le Japon a informé l’OMC de sa volonté d’instaurer, en représailles, des taxes sur des marchandises américaines à hauteur de 50 milliards de yens (385 millions d’euros). Pour le pays, le principal sujet d’inquiétude concerne toutefois la menace de taxes sur les importations automobiles.

    F. Z. T. avec agences

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