Analyse

Accord de pêche Maroc-UE/Zakia Driouech: «Un protocole équilibré»

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5330 Le 07/08/2018 | Partager
Légère augmentation des quotas des pélagiques, forte hausse de la compensation financière
Le potentiel des captures ne concerne que les ressources non-exploitées par la flotte marocaine
Entretien avec Zakia Driouech, secrétaire générale du département de la Pêche
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«Le nouveau protocole de pêche, conclu pour une durée de 4 ans, prévoit  une contrepartie financière annuelle moyenne de 52,2 millions d’euros pour l’exploitation d’un volume annuel moyen de captures  de 100.000 tonnes, soit environ 523 euros la tonne», dixit Zakia Driouech, secrétaire générale du département de la Pêche

- L’Economiste: En quoi le nouveau protocole de pêche Maroc-UE est équilibré?

- Zakia Driouech: Le nouveau protocole de pêche Maroc-UE est équilibré dans le sens où il reflète un compromis répondant aux attentes des deux parties. Brièvement, la partie européenne a obtenu une hausse du quota de pêche des petits pélagiques, dans les limites imposées par la politique nationale de gestion durable de la pêcherie, et le Maroc a réussi à négocier une hausse de la contrepartie financière, une augmentation du nombre de marins marocains devant embarquer à bord des navires européens et le renforcement du dispositif de suivi et de contrôle de l’activité de pêche. Il convient de noter que les possibilités de pêche accordées à la flotte européenne ne concernent que les ressources halieutiques non exploitées par la flotte nationale et présentant un surplus.

- Y aurait-il une application provisoire avant ratification?
- Le nouveau protocole prévoit la possibilité d’une application provisoire par accord mutuel des parties. Pour le moment, cette question n’est pas à l’ordre du jour tant que l’accord et le protocole n’auront pas été signés par le Conseil de l’Union européenne.

- Que représente le niveau des débarquements obligatoires par rapport aux quantités pêchées par la flotte européenne?
- Le protocole prévoit des niveaux de débarquements obligatoires pour chaque pêcherie. En moyenne, ce niveau représente 25% des captures totales de la flotte européenne.

- Quelles en sont les destinations?
- Le protocole n’impose pas de destination particulière pour les débarquements obligatoires. Mais nous pouvons estimer, en raison de la nature des espèces, que l’industrie de la conserve et de la congélation à terre ainsi que le marché de la consommation en frais seront  privilégiés par les acheteurs marocains.

- L’export est-il assuré par des opérateurs marocains?
- Dans le cas où le poisson est valorisé dans des unités industrielles marocaines, ce sont ces mêmes entreprises qui en assureront l’export si telle est la destination ciblée.

- On constate une stagnation des volumes destinés à la conserve. Quelle explication?
- Selon les derniers chiffres publiés par l’Office national des pêches à fin juin 2018, les volumes destinés à la conserve ont enregistré une hausse de 15% (+17.000 tonnes). Plus globalement, au cours de la période 2011-2017, les exportations de l’industrie marocaine de la conserve ont enregistré une hausse annuelle moyenne en volume de 9% et de 10% en valeur. Ce qui se traduit par une  hausse des quantités traitées par cette industrie.

- La congélation a enregistré une forte progression. Est-elle intégralement menée à terre?
- Pour citer toujours les derniers chiffres publiés par l’Office national des pêches à fin juin 2018, les volumes destinés à la congélation ont régressé de 6% (-15.000 tonnes). La production est soit réalisée à terre (environ 192 unités) soit à bord de navires congélateurs notamment pour la pêcherie des céphalopodes et de crevettes. Ce secteur exporte plus de 90% de sa production.

- Pourquoi le poisson devient de plus en plus cher au Maroc?
- Le prix du poisson au Maroc est libre et résulte de l’offre et de la demande. A ce titre, il convient de distinguer entre le prix de la première et deuxième vente du poisson (respectivement dans les halles et marchés de gros de poisson) et ceux pratiqués sur les marchés de détail. Dans les halles et marchés de gros de poisson, les prix de vente n’ont pas enregistré de variations significatives pour les produits destinés au marché local. En revanche, les prix de vente au détail peuvent connaître des hausses notamment en période de forte consommation (mois de Ramadan par exemple) ou de baisse d’activité des navires (notamment à l’approche et pendant les fêtes religieuses).
Il convient d’indiquer à ce sujet que le contrôle des prix ne relève pas des attributions du département de la Pêche maritime.

Propos recueillis par Aziz GHOUIBI

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