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International

La crise des migrants se poursuit

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5326 Le 01/08/2018 | Partager
L’Espagne est devenue la première porte d’entrée
Elle dépasse l’Italie qui a décidé de fermer ses portes
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Près de 23.000 migrants sont arrivés par la mer depuis le début de l’année, plus que sur l’ensemble de l’année dernière, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Plusieurs personnes sont mortes pendant la traversée (Ph. AFP)

Par voix de son ministre des Affaires étrangères Josep Borrell, l’Espagne a rejeté l’idée qu’elle soit confrontée à une immigration massive. Ce pays est devenu cette année la première porte d’entrée des migrants clandestins en Europe, dépassant l’Italie.

La décision de Rome de fermer ses ports aux migrants pousse davantage de migrants à se rendre en Espagne à partir de l’Algérie ou du Maroc (voir aussi «Migration: Le Maroc dit non à l’Union européenne», cf. notre édition N° 5305 du  02/07/2018).

La politique s’est emparée de la question de la migration depuis que le nouveau chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez (arrivé au pouvoir en juin en renversant le conservateur Mariano Rajoy) a accepté d’accueillir deux navires chargés de migrants refoulés par l’Italie. L’opposition conservatrice l’accuse d’avoir créé ainsi «un appel d’air», mais le gouvernement réplique que les arrivées augmentent depuis plus d’un an.

D’autre part, des ONG et des politiques italiens ont accusé un navire commercial italien d’avoir enfreint le droit international en reconduisant en Libye 108 migrants secourus dans les eaux internationales. Ces dernières années, les gardes-côtes italiens coordonnaient ces opérations et les migrants étaient conduits en Italie. Mais depuis juin, Rome se défausse sur les gardes-côtes libyens, qui ont demandé au navire de ramener les migrants à Tripoli.

«La Libye n’est pas un port sûr et cela peut conduire à une violation du droit international», a commenté le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

«Il s’agit d’un refoulement collectif», a dénoncé Nicola Fratoianni, député italien de gauche actuellement à bord d’un navire d’une ONG espagnole, qui a suivi les échanges radio du ravitailleur. L’ONG allemande Sea-Watch a évoqué pour sa part, «le premier refoulement par un navire italien depuis des années».

Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur et chef de la Ligue (extrême droite, alliée au M5S), a cependant rejeté les critiques. En 2012, la Cour européenne des droits de l’Homme avait condamné l’Italie après qu’un navire militaire italien avait ramené des migrants en Libye en 2009.

F. Z. T. avec agences

 

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