Culture

«Les Franco de Spa», l’autre temple de la scène francophone-De notre envoyé spécial, Amine Boushaba

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5323 Le 26/07/2018 | Partager
Un festival qui fête ses 25 ans
Les musiques actuelles à l’honneur
Francis Cabrel, Calogero, Christophe Willem… en guest stars
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Quelque 140.000 personnes ont assisté aux différents concerts qui se sont enchaînés pendant 4 jours. Chanson à texte, hip hop, musique électronique, une programmation éclectique qui met en valeur la diversité de la scène musicale francophone (Ph. Christelle Anceau)

Chaque année, la belle petite ville dormante de Spa, en Belgique, se réveille sous l’impulsion d’une bien heureuse folie. 4 jours de musique avec plus de 100 spectacles qui envahissent la ville et emplissent de décibels les forêts entourant la vieille cité thermale. 
Il s’agit des Francofolies de Spa qui se sont déroulées du 19 au 22 juillet. Bien que le festival ne soit moins connu que son grand frère de la Rochelle, l’évènement spadois en est tout de même à sa 25e édition et constitue l’un des plus grands rendez-vous de la chanson et des musiques actuelles d’expression française ou francophone, mais pas uniquement. Car multilingues de par leur culture, les wallons sont peut-être moins «sectaires» que leurs cousins de France quand il s’agit de langues. «En Belgique, nous sommes au cœur de l’Europe, il est donc inconcevable pour nous d’omettre que dans notre communauté française, il y a énormément d’artistes qui sont intéressés par l’exportation de leur musique et qui travaillent dans plusieurs langues: anglais, flamand, allemand… Nous ne voulons surtout pas faire des Francofolies un ghetto… Le plus important pour nous est que les artistes viennent de régions ou de pays francophones et/ou de culture francophone. Qu’ils chantent en italien, en anglais, en arabe ou même en berbère ne nous dérange absolument pas», explique Jean Steffens le codirecteur du festival.  Les organisateurs sont allés jusqu’à installer une scène d’expression anglaise. Sur les 5 scènes réunies dans «un village» situé dans le magnifique site du «Parc de sept heure», les concerts et spectacles se sont enchaînés du début de la matinée jusqu’à des heures après minuit. La fête se prolongeait au-delà du site du festival et plusieurs établissements prenaient le relais pour des afters musicaux jusqu’au petit matin. Une bonne partie de la ville, interdite à la circulation, où sont installés plusieurs stands d’animation font de l’évènement une véritable fête familiale et populaire. 
Côté artistique, une programmation éclectique, et rafraichissante avec une nouvelle scène des plus dynamiques. Il y avait, bien sûr, les inconditionnels de la chanson française, entre Francis Cabrel, Calogero, des jeunes confirmés tels que Vianney, Christophe Willem ou encore Amir, mais la véritable découverte était à faire du côté de la scène Hip Hop et la scène électro francophone. Réputées être plutôt classiques, les Francofolies de Spa ont opéré un véritable virage pour cette édition anniversaire. «Les vrais chanteurs à texte aujourd’hui sont les rappeurs, qui mettent les poings sur la table et qui disent ce qu’ils ne sont pas d’accord, comme ont pu le faire les punks dans les années 70, et l’histoire leur a donné raison. Aujourd’hui, ce sont eux qui souffrent dans les cités et le monde urbain, ce sont eux qui ont le droit de s’exprimer parce que leur expression est sincère et vient du cœur», explique Jean Steffen. 25 ans, après le passage de son père, le chanteur Marka, qui a fait l’ouverture de la première édition des «Franco de Spa» le jeune rappeur né à Molenbeeck, Roméo Elvis a ouvert le bal. Une prestation qui a fait chanter à gorge déployée une foule de jeunes et de moins jeunes, conquise par un rap actuel et décalé et une voix qui ne dédaigne pas des envolées mélodiques. L’or du commun, La Smala, Todiefor ou encore Cabalero & JeanJass, ont complété cette programmation de musiques urbaines. C’est ainsi que les scènes des «franco de Spa» ont connu leurs premiers «pogos» (danse où les jeunes sautent et se bousculent d’une manière désordonnée, que le milieu du hip-hop a emprunté aux amateurs de punk-rock). 

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En 25 ans les scènes des Francofolies de Spa ont connu des centaines d’artistes dont les plus incontournables ; Etienne Daho, Renaud, Maurane, Alain Souchon ainsi que des plus jeunes tels que Stromae ou encore Elvis Roméo (Ph. ABo)

Du côté électro, le groupe Soldout a offert l’un de ses derniers concerts aux spadois alors que le jeune DJ bruxellois, à la carrière fulgurante, Henri PFR a proposé un show de clôture tout en effets pyrotechniques et jeux de lumière. Le coup de cœur de cette édition restera la performance de l’auteur-compositeur et interprète belgo-camerounaise Lubiana. Loin des grandes scènes, la jeune artiste, accompagnée de sa kora (instrument de musique à cordes d'Afrique de l'Ouest réservé d’habitude aux griots) a livré un showcase émouvant devant un parterre de journalistes et de critiques séduits. Une voix suave et envoûtante à la tessiture jazzy dans un univers chargé de soul, de blues… des influences définitivement afro-américaines.

 

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