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Régions

Fès-Meknès/ Pourquoi les projets piétinent?-De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5323 Le 26/07/2018 | Partager
Des walis compétents face à des élus pas toujours à la hauteur
Les clivages politiques ont bloqué le développement de la région
Une vision intégrée et projective des politiques publiques s’impose
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Proposés par les autorités locales, des projets de musée, palais des congrès, et institut de beaux arts, devaient être réalisés, par la Région, entre 2016 et 2019. Pour ce faire, plusieurs partenaires ministériels vont devoir accorder leurs violons… A ce jour, aucun n’est annoncé (Ph YSA)

EL HOUCINE Tijani, Ahmed Arafa, Mohamed Rharrabi, Mohamed Dardouri, et Saïd Zniber. Ce sont les walis qui ont présidé aux destinées de la région Fès-Boulemane (devenue Fès-Meknès) durant les dix-huit dernières années. Chacun d’entre eux, attestant d’une grande expérience dans l’administration territoriale et autre, est venu avec des priorités. Parmi elles figurent la sécurité, la restauration de la médina, et l’instauration du capital confiance. Pour y parvenir, il fallait composer avec des élites locales et principalement les élus. Au niveau régional, l’on retiendra le passage de deux grandes carrures politiques en les personnes de Mohand Laenser et M’hamed Douiri. Et c’est à ce dernier que revient l’idée de faire de Fès un hub régional de l’économie du savoir et de l’offshoring. Pour leur part, les projets culturels (palais des congrès, musées des arts vivants, institut des beaux arts…) de Laenser tardent à sortir de terre.     
Au niveau local, et particulièrement à Fès, l’alternance politique qui a marqué la gestion locale entre deux grands partis nationaux (PI et USFP) a laissé des séquelles. La ville n’avait pas un plan de développement intégré capable de répondre aux nombreux dysfonctionnements générés par la croissance urbaine (exclusion urbaine, menaçant ruine, animation économique, préservation du patrimoine…). «Il fallait fédérer les acteurs de la ville (élus, société civile, secteur économique) autour des priorités et objectifs majeurs», disait Mohamed Rharrabi. «Il faut avoir l’esprit du propriétaire, qui veille à préserver sa demeure, et non celui du locataire qui s’en fout carrément», conseillait Ahmed Arafa. Et avec son «soft power», Mohamed Dardouri, croyait énormément en la renaissance de la médina et qualifiait son renouveau d’un «retour vers le futur» (en référence au film «Back to the futur», qui relate le voyage dans une histoire et un passé glorieux). Dépositaire d’un héritage millénaire, la médina de Fès, à elle seule, constitue un fonds de commerce inestimable qui reste à fructifier et à amortir. D’où les multiples initiatives royales de sa sauvegarde.
Ailleurs, et malgré le foisonnement continuel de polémiques, seul le capital confiance doit régner aujourd’hui autour des priorités. Il est fondé sur une approche participative et inclusive des acteurs dans la gouvernance de huit grands dossiers de développement à savoir: la planification urbaine, la lutte contre la précarité et l’exclusion, la prise en charge de la problématique du menaçant ruine, le renforcement des infrastructures et équipements urbains, la création de zones d’activités économiques, l’animation socioculturelle, la qualité de vie et le développement durable. En 2016, le Conseil régional Fès-Meknès annonçait des projets culturels d’envergure. Pour les concrétiser, il fallait trouver 366 millions de DH. A noter que la région s’était engagée à apporter  20%  de ce montant. Mobiliser ces ressources financières nécessite un pacte conventionnel entre des partenaires solvables. Mohand Laenser ne désespère pas de décrocher un engagement gouvernemental. Quoiqu’il lui a été demandé de rationnaliser ses dépenses et revoir son plan de développement régional (PDR) selon les projets prioritaires. Mais voilà, plus de deux ans après avoir voté ce programme de projets culturels, aucun n’est sorti de terre. Ceci, alors qu’ils devraient être réalisés entre 2016 et 2019. « Nous devons redimensionner certains projets selon les ambitions du PDR», confiait-il à L’Economiste. Notons enfin que RAS (rien à signaler) du côté du conseil communal de Fès présidé par Driss El Azami El Idrissi. Oui, aucun projet n’a vu le jour durant les trois dernières années. Et le meilleur est à venir. Surtout que le maire a plusieurs occupations partisanes et politiques. Il est, entre autres, chef du groupe parlementaire PJD et président du conseil national du parti de la Lampe.

Une grande charge symbolique

Cité impériale millénaire, la ville de Fès constitue la métropole porteuse d’une grande charge symbolique et spirituelle et aussi réceptacle d’un exode rural exponentiel provenant des grandes périphéries rurales (du Pré-rif au Moyen Atlas). Ce qui a marqué depuis des décennies sa morphologie urbaine et lui impose l’enjeu d’une croissance économique pour répondre aux besoins d’une population qui avoisine les deux millions d’habitants. D’où les enjeux d’une gouvernance territoriale cohérente susceptible de projeter cette cité porteuse d’une grande légitimité historique dans le sillage de la compétitivité des territoires qui caractérise le Maroc d’aujourd’hui. En tout cas, pour réussir, une vision intégrée et projective des politiques publiques locales s’impose et éviter des entités à deux vitesses.


La Région a dépensé 1,12 milliard de DH

LE Conseil régional de Fès-Meknès a programmé, depuis 2016, un total de 230 projets avec un montant de 1,12 milliard de DH, financé à presque 100% par la région. En effet, le comité de supervision et de contrôle de l’Agence régionale d’exécution des projets de la région, réuni dernièrement, fait état de la programmation de 134 projets dans le cadre du fonds de développement rural, tandis que les 96 projets restants l’ont été hors du fonds. L’ensemble de ces projets, qui visent essentiellement à réduire les disparités territoriales, à travers le désenclavement du monde rural, l’électrification et l’alimentation en eau potable, en coordination avec les partenaires locaux, sont supervisés par l’Agence.  Celle-ci sera dotée d’une plateforme informatique dédiée au suivi et à la gestion des projets. La plateforme permettra d’aider à la prise de décision, d’échanger et de partager avec les acteurs l’état des lieux des projets, de contrôler et suivre les étapes d’exécution et d’améliorer la transparence de la gestion des projets. 

 

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