×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Régionalisation: Les disparités ont la peau dure

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5320 Le 23/07/2018 | Partager
    Elles concernent les niveaux régionaux et intra-régionaux
    Les présidents des collectivités «frustrés» par la lenteur du processus
    La charte de déconcentration et la réforme des CRI très attendues
    khalid-safir-int.jpg

    Intervenant à l’ouverture du MTF, Khalid Safir, directeur général des collectivités territoriales (DGCL), a insisté sur «la nécessité d’adoption d’une large déconcentration, pour garantir une décentralisation judicieuse, favorisant une gouvernance territoriale fondée sur la corrélation et la convergence, comme cela a été souligné dans plusieurs discours royaux»

    Près de trois ans après l’élection de la nouvelle génération des conseils régionaux, la future architecture territoriale n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière. Plusieurs écueils continuent de limiter l’effectivité de la régionalisation avancée. Après la finalisation du chantier réglementaire, suite à l’adoption des décrets d’application relatifs aux lois organiques sur les collectivités territoriales, d’autres chantiers sont encore attendus. En tête, la lutte contre les disparités régionales. C’est autour de ce thème que s’est tenue la 3e édition du Morocco today forum (MTF), vendredi dernier à Casablanca.

    Pour Mohamed Haitami, PDG du groupe Le Matin, organisateur de l’événement, «il est temps d’adapter les politiques publiques aux besoins territoriaux». Un constat partagé par les différents intervenants, dont Mustapha Bakkoury, président de la région de Casablanca-Settat. Aujourd’hui, le nouveau dispositif favorise une approche intégrée et de proximité dans l’élaboration et l’exécution des politiques publiques. C’est ce qui permettra, selon les différents intervenants, d’atténuer les disparités régionales. Surtout qu’après la refonte de l’organisation territoriale, «certaines régions concentrent plus de pauvreté, et connaissent une faiblesse dans l’accès aux services de base», a souligné Nizar Baraka, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Par exemple, 3 régions sur 12 accaparent plus de la moitié du PIB et l’essentiel de la création des richesses.

    D’autres écarts sont constatés au sein de la même région. Ceux-ci «réduisent les opportunités d’ascension et de promotion sociale», selon Baraka. Le président de la région de Casablanca-Settat, a mis l’accent sur une série de disparités qui marquent l’une des zones territoriales les mieux loties au niveau national, avec une évolution à plusieurs vitesses des provinces. C’est dans cette logique que la résorption de certains déficits figure parmi les priorités du nouveau Plan de développement de cette région. C’est le cas notamment du désenclavement de certaines zones, le renforcement de l’accès à l’eau et à l’électricité, la lutte contre l’exode rural...

    Aujourd’hui, les présidents des régions se disent «frustrés» par la lenteur du processus d’implémentation de la régionalisation avancée. «Nous avons besoin de réalisations concrètes», a estimé Bakkoury. Parmi les chantiers très attendus, celui de la déconcentration. «Tant que nous marchons à des vitesses différentes, c’est difficile d’aboutir à des résultats concluants», a-t-il expliqué. D’autres mécanismes devant favoriser l’implémentation effective de la nouvelle architecture territoriale n’ont pas encore vu le jour. C’est le cas notamment du Fonds de mise à niveau sociale, prévu par la Constitution et par la loi organique sur les régions. «Pourtant, son rôle est décisif», selon des présidents de régions. Idem pour la charte de l’investissement, la réforme des CRI et la charte des services publics, qui se font encore attendre.

    «Ces instruments sont importants pour donner plus de visibilité», de l’avis de plusieurs intervenants. La réforme des CRI devait être présentée à la dernière réunion du Conseil du gouvernement, mais a été reportée à une date ultérieure. La charte de déconcentration, «basée sur un système de gouvernance efficace, est en cours de préparation», selon Khalid Safir, directeur général des collectivités locales (DGCL).
    En plus de ces chantiers, les responsables des collectivités territoriales sont aussi attendus sur la question de la complémentarité entre les différents niveaux institutionnels. Safir a mis l’accent sur les nouvelles missions de chacun des étages au niveau territorial. La région, qui dispose désormais de nouvelles compétences, est chargée de la promotion du développement intégré et durable. La préfecture et la province sont plutôt «chargées de la promotion du développement social», au moment où la commune a pour mission de présenter «une offre de services de proximité aux citoyens et aux entreprises».

    Chantiers en cours

    Après l’installation des nouveaux conseils régionaux, plusieurs chantiers ont été lancés. Par exemple, 10 régions sur 12 ont déjà établi leurs programmes de développement. Pour les schémas régionaux d’aménagement du territoire (SRAT), «7 sont en cours d’élaboration, 3 ont abouti à un stade avancé et 1 est en phase de diagnostic», a fait savoir Khalid Safir. 2 Schémas directeurs de formation ont été également validés, 2 ont été finalisés et seront bientôt approuvés, en plus de 5 en cours d’élaboration. 

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc