International

Israël installe officiellement l’apartheid

Par Majda Kenfaoui | Edition N°:5319 Le 20/07/2018 | Partager
Les députés arabo-israéliens expriment leur indignation
Silence radio dans le monde arabe
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Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, se félicite de l’adoption de la loi Etat-nation (Ph. AFP)

C’est une loi controversée que vient d’adopter le Parlement israélien. La loi sur l’Etat-nation, qui vise à garantir le caractère juif de l’Etat d’Israël, a été votée jeudi 19 juillet avec 62 voix pour, 55 contre. La loi décrète notamment Jérusalem capitale d’Israël, et qualifie l’hébreu comme seule langue officielle, statut aussitôt écarté à la langue arabe qui, à présent, reste à usage administratif. «C’est un moment décisif dans l’histoire de l’Etat d’Israël qui inscrit dans le marbre notre langue, notre hymne et notre drapeau», a jubilé le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Les députés arabo-israéliens ont, eux, exprimé leur indignation contre l’adoption de cette loi la jugeant discriminatoire contre la grande partie de la population arabe vivant en Israël. Sur une population totale de 8,3 millions d’habitants, les personnes d’origine arabe représentent 20%. 

Depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948, les Arabes musulmans et chrétiens résidents sont officiellement citoyens, dont les langues officielles étaient l’hébreu et l’arabe avant la promulgation de cette loi. Les Arabes israéliens sont les descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création de l’Etat. Ce décret vise également à favoriser la création de localités  exclusivement réservées aux Juifs en territoire israélien. Si la communauté internationale n’a jamais reconnue les territoires annexés par Israël, elle perçoit néanmoins cette loi comme étant une mesure discriminatoire à l’égard de la population arabe. En effet, cette régulation a été largement contestée par l’Union européenne qui s’est dite «préoccupée» par l’adoption de cette loi, compliquant davantage les relations entre l’Israël et la Palestine. «Nous sommes préoccupés et nous avons fait part de notre inquiétude aux autorités d’Israël», a exprimé la porte-parole de la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, lors d’un point-presse. Aucune réaction n’a cependant pu être relevée par l’ensemble des pays arabes concernant ce décret de loi.

 

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