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Licence professionnelle: Une formule qui marche, mais trop chère à mettre en place

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5318 Le 19/07/2018 | Partager
Encadrement rapproché, stages et partenariats avec des entreprises
70 à 100% d’insertions sur le marché du travail
Le manque de profs et de budget freine son développement
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Des effectifs réduits variant entre 30 et 40 étudiants par classe, des cursus conçus avec des fédérations sectorielles, des stages obligatoires, parfois des formations alternées entre cours théoriques et pratique en  entreprise

Des effectifs réduits variant entre 30 et 40 étudiants par classe, des cursus conçus avec des fédérations sectorielles, des stages obligatoires, parfois des formations alternées entre cours théoriques et pratique en  entreprise, des projets de fin d’études… Les licences professionnelles font l’exception dans les facultés publiques. 
L’accès à ces diplômes, que les universités proposent depuis maintenant 15 ans (2003), n’est pas ouvert à tous. Il faut passer par des concours écrits et oraux. C’est d’ailleurs la période des concours qui commencent ce mois de juillet et se poursuivent jusqu’en septembre, en fonction des établissements. L’offre de filières s’est largement améliorée ces dernières années, même si elle reste encore limitée. Les facultés ont consenti des efforts considérables pour concevoir des parcours pointus. Certaines se sont rapprochées du monde économique, ainsi que d’établissements étrangers, afin de monter des programmes répondant aux attentes des employeurs. A l’instar de cette licence de la Faculté de droit de Settat sur le commerce et distribution, montée avec le groupe Label’Vie, et où les étudiants, une trentaine, touchent une bourse mensuelle de 1.000 DH. Ou encore, de celle développée par la Faculté des sciences de Casablanca (Aïn Chock), avec le syndicat des biologistes médicaux de Casablanca, formant des techniciens de laboratoire.  
Le succès de cette formule ne se dément pas. Le taux d’insertion des lauréats sur le marché du travail varie entre 70 et 100%.
Le ministère en charge de l’Enseignement supérieur est conscient de l’intérêt de ce genre de diplôme. D’ici 2022, il prévoit d’inscrire 10% des étudiants des établissements à accès ouvert dans des formations professionnalisantes. Or cela requiert beaucoup de moyens. «Les licences professionnelles nécessitent un taux d’encadrement élevé, avec 6 à 7 enseignants pour 30 étudiants. Malheureusement, nous ne disposons pas de suffisamment de ressources», précise Abdellatif Komat, doyen de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Casablanca-Route El Jadida. Sa faculté en propose sept, qui accueillent 250 à 300 étudiants, alors qu’environ 20.000 sont inscrits en licence fondamentale. 
Pour l’heure, le manque de financement et d’enseignants freine le développement des licences professionnelles. Comment le ministère compte-t-il contourner ce handicap de taille, sachant que les budgets restent limités et que les départs à la retraite des professeurs universitaires s’accélèrent? En effet, de 2011 à 2017, les caisses du département de l’Enseignement supérieur se sont renflouées de seulement 14%, alors que le nombre d’étudiants a grimpé de 71%. En parallèle, le nombre d’enseignants n’a augmenté que de 18%. Par ailleurs, de 2010 à 2018, près de 1.013 profs ont quitté l’université publique. D’ici 2030, quelque 6.926 partiront à la retraite. Autre difficulté, l’image que reflète la formation professionnalisante, malgré son potentiel. Beaucoup d’étudiants continuent de l’assimiler à des parcours limités, menant à des métiers opérationnels peu valorisés. Alors qu’en réalité, ils ont la possibilité d’enchaîner avec un master spécialisé. 

Licence fondamentale: Des parcours à diversifier, absolument!

Tous les étudiants n’ayant pas eu la chance d’intégrer une grande école, un institut spécialisé, une faculté à accès régulé (facultés des sciences et techniques), ou encore une licence professionnelle, se retrouvent face à un choix restreint de formation dans le public. Les Facultés des lettres, des sciences et de droit offrent des parcours portant le nom de «licence fondamentale», peu nombreux et qui se ressemblent dans toutes les universités. Dans les Facultés des sciences juridiques, économiques et sociales, par exemple, ils ont le choix entre trois options: l’économie, la gestion et le droit (en arabe et en français). «Au final, nous nous retrouvons avec des lauréats ayant le même profil et en nombre élevé», regrette le président de l’université de Casablanca, Driss Mansouri. «Il faut proposer des filières spécialisées et diversifiées dès le départ, afin d’aller sur des formations sur mesure», insiste-t-il. Sauf que cela a un coût. D’où la proposition de certaines universités de faire participer les parents, collectivités territoriales et fédérations sectorielles au financement de l’enseignement supérieur.

 

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