International

Les échanges mondiaux au menu du G20 Finances

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5318 Le 19/07/2018 | Partager
La rencontre est prévue les 21 et 22 juillet en Argentine
Iran, taxation, financement des infrastructures… d’autres sujets évoqués
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C’est lors du G20 Finances prévu les 21 et 22 juillet 2018 en Argentine que l’administration Trump répondra aux inquiétudes que suscite la politique commerciale des Etats-Unis. Washington a pris un tournant résolument protectionniste sur les échanges mondiaux en imposant des droits de douane supplémentaires sur l’acier, l’aluminium et des milliards de dollars de produits chinois.
Lors d’une séance de discussion prévue à Buenos Aires avec les représentants des sept pays les plus industrialisés (G7), le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin évoquera à nouveau la situation. Il a aussi prévu des rencontres multilatérales, mais pas avec Pékin. D’autres rencontres bilatérales seront organisées notamment avec la France, l’Allemagne, le Canada, le Japon, la Corée du Sud, l’Argentine, l’Italie et le Mexique.
Samedi 21 juillet, le président de la banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, interviendra sur le thème des risques encourus par l’économie mondiale. D’autres sujets seront évoqués comme les sanctions contre l’Iran, la taxation des entreprises numériques ou le financement des infrastructures. Avant de rejoindre Buenos Aires, le secrétaire américain au Trésor fera la veille une escale à Sao Paulo, au Brésil. Il y rencontrera le ministre des Finances et des membres de la communauté d’affaires.
De son côté, l’UE muscle sa riposte. Des mesures dites de sauvegarde entreront en application le jeudi 19 juillet. Elles sont destinées à protéger l’industrie sidérurgique européenne de l’acier étranger qui ne trouve plus de débouchés aux Etats-Unis à cause des taxes punitives de Donald Trump. «Les droits de douane américains (...) entraînent un détournement des échanges, ce qui pourrait causer de graves préjudices aux sidérurgistes et aux travailleurs de l’UE», a expliqué la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström. «Nous n’avons pas d’autre choix que d’introduire des mesures de sauvegarde pour protéger l’industrie européenne contre une poussée des importations», a-t-elle ajouté. Ces mesures, qui concernent 23 catégories de produits en acier, sont mises en place de manière provisoire. Le temps qu’une enquête de la Commission lui permette de prendre une décision finale, au plus tard début 2019, souligne l’exécutif européen. Elles prendront la forme de contingents tarifaires, c’est-à-dire qu’au-delà d’un certain quota d’importation, des droits de douane de 25% commenceront à être appliqués. Le quota fixé par la Commission correspond pour chaque produit à la moyenne des importations sur les trois dernières années.
Ces mesures seront appliquées à l’ensemble des pays du monde, à l’exception de quelques pays en voie de développement aux exportations limitées, mais aussi de la Norvège, de l’Islande et du Liechtenstein. Les Etats-Unis imposent depuis début juin des droits de douane punitifs de 25% sur l’acier européen. Une décision contre laquelle l’UE a déjà déposé une plainte devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les Européens ont également instauré des mesures de rétorsion contre certains produits américains comme les jeans ou le beurre de cacahuète. Le conflit commercial entre l’UE et les Etats-Unis risque de s’aggraver, Donald Trump ayant menacé de taxer les importations américaines de voitures produites dans l’UE.

Juncker à Washington

LE président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker doit se rendre à Washington, le 25 juillet, pour y rencontrer le président américain, dans le but de désamorcer les tensions commerciales. Les Etats-Unis sont les plus exposés aux conséquences de la guerre commerciale qui pourrait coûter des centaines de milliards de dollars au PIB mondial dans les prochaines années, a estimé Christine Lagarde, directrice générale du FMI. L’institution de Washington avait estimé que les tensions commerciales représentaient une menace pour la croissance mondiale. Elle avait alors avancé une possible réduction de 0,5% du PIB mondial d’ici 2020, soit plus de 400 milliards de dollars (Voir aussi «Croissance mondiale: Les signaux ne rassurent pas», dans notre édition N°5316 du mardi 17 juillet 2018). 

 

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