International

Croissance mondiale: Les signaux ne rassurent pas

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5316 Le 17/07/2018 | Partager
A cause notamment des tensions commerciales
Le verdict des institutions internationales
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Le FMI anticipe une croissance de 3,9% pour l’économie mondiale pour 2018-2019. Ses experts montrent toutefois qu’une conjoncture extérieure défavorable, telle que celle créée par les tensions commerciales croissantes avec les Etats-Unis, peut nuire à l’expansion économique

Lors de sa rencontre avec le Premier ministre chinois Li Keqiang, le président du Conseil européen Donald Tusk a appelé Pékin à éviter le chaos d’une guerre commerciale. Ceci en réponse au président américain Donald Trump qui a qualifié d’ennemis l’Union européenne (UE), la Chine et la Russie. Cette déclaration intervient au moment où se tenait, hier lundi 16 juillet 2018, la première rencontre bilatérale entre Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine à Helsinki (voir aussi page 30).
Après avoir déjà imposé des droits de douane sur 34 milliards de dollars de produits chinois, les Etats-Unis ont annoncé la semaine dernière des taxes supplémentaires sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises, qui seront appliquées dès septembre. La Chine avait aussitôt prévenu qu’elle prendrait des mesures de rétorsion en pareil cas. Le ministère chinois du Commerce a indiqué qu’il avait ajouté ces nouvelles menaces américaines à la plainte en cours contre Washington à l’OMC.
Pour de nombreuses institutions (Bruxelles, FMI, OCDE…), les tensions commerciales pourraient faire chuter les prévisions actuelles. Dans ses perspectives économiques intermédiaires de l’été 2018, la Commission européenne fait état d’une croissance résiliente sur fond d’incertitude accrue. Elle devrait rester forte en 2018 et 2019, atteignant 2,1% cette année et 2% l’année prochaine, tant dans l’UE que dans la zone euro. Toutefois, après cinq trimestres consécutifs de vigoureuse expansion, l’économie a ralenti au premier semestre de 2018 et les projections, tant pour l’UE que pour la zone euro, ont été revues à la baisse de 0,2 point de pourcentage par rapport au printemps. «La croissance en Europe devrait rester résiliente, étant donné que les politiques monétaires restent accommodantes et que le chômage continue de baisser. La légère révision à la baisse par rapport au printemps traduit l’impact des tensions commerciales et de l’incertitude politique sur la confiance et la hausse des prix de l’énergie», indique Pierre Moscovici, commissaire pour les affaires économiques et financières, la fiscalité et les douanes. «Nos prévisions tablent sur une poursuite de l’expansion en 2018 et 2019, bien qu’il existe clairement un risque baissier, en cas de nouvelle escalade de mesures protectionnistes. Personne ne sort vainqueur d’une guerre commerciale: elle ne cause que des pertes», ajoute-t-il. 
La dynamique de la croissance devrait néanmoins se renforcer légèrement au second semestre de cette année. Ceci sous l’effet de l’embellie du marché du travail, de la réduction de l’endettement des ménages, d’une confiance des consommateurs qui ne se dément pas et d’une politique monétaire qui demeure accommodante.
Le FMI a maintes fois prévenu que toute tentation protectionniste menaçait l’embellie économique. Dans sa mise à jour des perspectives de l’économie mondiale (publiée le 16 juillet 2018), le Fonds prévoit un taux de croissance de 3,9% en 2018 et 2019. C’est conformément aux prévisions des perspectives d’avril 2018, mais l’expansion devient moins régulière et les risques sont de plus en plus élevés. Les prévisions cachent de grandes disparités puisque le Fonds a abaissé celle des pays avancés dont le Japon, l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni. Pour le moment, la projection de croissance des deux premières économies du monde, Etats-Unis et Chine, reste, elle, inchangée pour cette année. L’équipe du FMI recommande, d’éviter les mesures protectionnistes et surtout de trouver une solution coopérative qui promeut la croissance du commerce des biens et services. Comme il est nécessaire d’adopter des réformes. Les pays n’ayant pas de marge budgétaire doivent s’en ménager une. Sur fond de volatilité des marchés financiers, il est impératif aussi d’assurer la résilience financière.

Région MOANAP: De bons pronostics, mais…

Les pays exportateurs de pétrole de la région du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, de l’Afghanistan et du Pakistan (MOANAP) ont bénéficié de l’amélioration des prix du pétrole, mais les pronostics d’avenir pour les pays importateurs restent fragiles, prédit le FMI. Il a projeté une croissance de 1,9% pour l’économie saoudienne en 2018, soit 0,2% de mieux que sa dernière projection en avril. Plusieurs économies font toujours face à d’importants besoins d’assainissement budgétaire et la menace d’un conflit géopolitique encore plus important continue de peser sur la croissance de la région. Elle devrait d’ailleurs passer de 2,2% en 2017 à 3,5% en 2018, puis à 3,9% en 2019. Pour rappel, les Assemblées annuelles  du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international se dérouleront à Marrakech en octobre 2021. L’année dernière, la croissance de l’économie marocaine s’est établie à 4,4% et devrait ralentir à 3,1% en 2018. A moyen terme (d’ici 2022), elle devrait se situer à 4,5%, d’après les récentes projections.

 

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