International

Sommet de l’Otan: Trump cible cette fois-ci l’Allemagne

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5313 Le 12/07/2018 | Partager
Efforts militaires, projet de doublement du gazoduc Nord Stream…
Les projets qui divisent sont nombreux
Emmanuel Macron appelle à «ne pas fragiliser l’Alliance»
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Donald Trump a lancé mercredi 11 juillet, au premier jour du sommet de l’Otan, une attaque frontale contre l’Allemagne. Berlin est accusée d’enrichir la Russie et de ne pas contribuer suffisamment aux efforts militaires de l’Alliance. Tout en se défendant, la chancelière allemande Angela Merkel a assuré que son pays prenait ses décisions de manière indépendante. Donald Trump et Angela Merkel ont eu l’occasion de s’expliquer au cours d’un tête à tête après la première séance de travail. Le président américain a alors changé de ton, assurant avoir de «très bonnes relations» avec la chancelière. Il a précisé avoir discuté du projet de doublement du gazoduc Nord Stream entre la Russie et l’Allemagne, auquel il est fortement opposé, mais il s’est refusé à entrer dans les détails de l’entretien. Merkel s’est dite «contente d’avoir l’occasion d’un échange de vues sur l’avenir des relations commerciales avec le président américain. Nous sommes des partenaires, nous sommes de bons partenaires et nous souhaitons continuer à coopérer à l’avenir», a-t-elle simplement commenté. Le président américain a dénoncé à plusieurs reprises le projet de doublement du gazoduc Nord Stream reliant directement la Russie à l’Allemagne et exige son abandon. Ledit projet divise d’ailleurs les Européens. C’est le cas de la Pologne qui estime ainsi que l’Europe n’a pas besoin de ce projet. Nord Stream 2 «est un exemple de pays européens qui fournissent des fonds à la Russie, lui donnent des moyens qui peuvent être utilisés contre la sécurité de la Pologne», a soutenu le chef de la diplomatie polonaise Jacek Czaputowicz à son arrivée au siège de l’Otan.
Les pays de l’UE importent deux tiers de leurs besoins de consommation. En 2017, ceci a représenté une facture totale de 75 milliards d’euros, selon les statistiques européennes. A ce jour, la moitié du gaz acheté est russe, mais les Européens cherchent à briser cette dépendance. Les Etats-Unis sont engagés dans une stratégie de conquête de marchés pour leur gaz naturel. Ils ont exporté 17,2 milliards de m3 en 2017, dont 2,2% par méthaniers vers les terminaux de l’Union européenne.
Trump s’en est aussi pris plus généralement aux membres de l’Otan qui «ne payent pas ce qu’ils devraient» pour leurs dépenses militaires.
Le chef de l’Otan a reconnu que le président américain avait utilisé un «langage très direct». Mais il a assuré que les Alliés étaient d’accord sur les dossiers cruciaux. Sur la liste figurent la nécessité de renforcer la résilience de l’Organisation, la lutte antiterroriste et le partage plus équitable du fardeau financier…
Présent au sommet, Emmanuel Macron a appelé les membres de l’Otan à «ne pas fragiliser l’Alliance».  Au cours de sa courte intervention, le président français a averti qu’une désunion de l’Otan «serait à terme source de dépenses encore plus importantes pour ses membres, confrontés alors à un contexte encore plus incertain en Europe». Pour l’avenir de l’Organisation, il a insisté sur quatre priorités: «la crédibilité des moyens de défense collective, l’efficacité dans la lutte contre le terrorisme et dans les opérations, la modernité dans la gestion des ressources et l’unité de l’Alliance…».

 

 

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