Régions

Casablanca: Qui délogera M’dina Bus?

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5312 Le 11/07/2018 | Partager
Son contrat arrive à terme en 2019
Le délégataire réclame 3 milliards de DH d’indemnités
L’appel d’offres pour désigner le remplaçant ouvert ce 13 juillet
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Les accidents sont monnaie courante à Casablanca. Le parc en état de délabrement avancé met chaque jour en danger la vie des usagers (Ph. L’Economiste)

Après Sita, Averda et Ecomed, est-ce le tour de M’dina Bus? La propreté et le transport public sont les deux grandes plaies de Casablanca. Si le service de la propreté et du nettoiement est actuellement en phase de refonte (cf. édition du 10 juillet 2018), celui du transport public par bus est toujours aussi défaillant. Il n’y a qu’à voir l’état de délabrement avancé des bus circulant à tombeau ouvert. Les résultats de l’opération d’audit, commanditée par l’Intérieur et menée par KPMG, ne sont toujours pas rendus publics. Les deux parties (délégataire et autorité délégante) n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente sur les manquements de chacun. Ils se rejettent depuis des mois (voire des années) la responsabilité de l’état actuel du service (cf. édition du 2 janvier 2018). M’dina Bus accuse la commune de ne pas avoir honoré ses engagements contractuels, occasionnant des préjudices estimés à des milliards de DH. La commune argue pour sa part du non-respect par le délégataire des investissements stipulés par le contrat de gestion déléguée. Mais le plus gros préjudice est celui subi par les millions de Casablancais qui supportent quotidiennement une piètre qualité de service, un parc vétuste et hautement polluant, des accidents à répétition, des pannes en série… 

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Au total, 141 millions de voyageurs sont transportés annuellement dont 12 millions d’étudiants... et dans quelles conditions! (Ph. L’Economiste)

 «Des divergences d’interprétations bloquent le processus de négociation», assure un élu. D’ailleurs, le rapport d’audit du cabinet KPMG n’a pas été validé par l’autorité délégante, qui le rejette en bloc. Un chiffre astronomique de 3 milliards de DH (l’équivalent du budget annuel de la commune) a même été avancé en tant que manque à gagner pour M’dina Bus. «Aujourd’hui, toutes les tentatives pour arriver à une issue à l’amiable ont été épuisées et M’dina Bus demande un arbitrage de l’Intérieur», souligne une source bien informée. Le cas échéant, la voie du contentieux est la seule issue possible dans les conditions actuelles. En attendant, l’autorité délégante ne perd pas de temps. En effet, l’Etablissement de coopération intercommunale, qui gère désormais le transport public, a mandaté la SDL Casa Transports afin de préparer l’après-M’dina Bus et désigner son ou ses remplaçants (voir aussi encadré). Le nouveau service est déjà baptisé: Albaida Hafilaty. Un appel d’offres pour la présélection des opérateurs ou groupements d’opérateurs est déjà lancé depuis quelques semaines. L’ouverture des plis est prévue ce vendredi 13 juillet. 
Rappelons que M’dina Bus reproche à la CUC, entre autres, de ne pas jouer son rôle de régulation (y compris pour l’exclusivité du service, la lutte contre l’informel, la mise en place de couloirs bus, de couloirs d’approche, la priorité au feu…). L’encombrement des voies est tel qu’aujourd’hui la vitesse commerciale des bus avoisine parfois les 2 km/h dans l’hyper-centre. Le réseau de M’dina Bus compte 70 lignes desservant 127.300 hectares sur le territoire du Grand-Casablanca. Au total, 141 millions de voyageurs sont transportés annuellement dont 12 millions d’étudiants. A titre indicatif, la 1re ligne de tram de Casablanca a transporté 157 millions de voyageurs sur 5 ans.  

Périmètre élargi

Depuis 2004, le service de transport collectif urbain par autobus est assuré principalement par M’dina Bus dans le cadre d’un contrat sur le périmètre de 11 communes pour une durée de 15 ans.
En 2017, et vu l’échéance proche du contrat de gestion déléguée du secteur des autobus, l’Etablissement de coopération intercommunale «Al Baida», qui représente 18 communes (Casablanca, Méchouar, Mohammedia, Aïn Harrouda, Beni Yakhlef, Nouaceur, Bouskoura, Ouled Saleh, Dar Bouazza, Mediouna, Lahraouyine et Tit Mellil, Ech-Challalate, Sidi Moussa Majdoub, Sidi Mouss Ben Ali, Al Majjatia ouled Taleb, Mediouna, Sidi Hajjaj ouled Hasser) a mandaté la société Casa Transports pour mener l’intégralité du processus de contractualisation avec un ou plusieurs exploitants afin d’assurer un service régulier de transport en commun par autobus à partir de novembre 2019, date à laquelle prendra fin le contrat en cours.

 

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