Economie

Délais de paiement: La CGEM s’inquiète

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5312 Le 11/07/2018 | Partager
Le groupement exige un calendrier de remboursement des arriérés de l’Etat
Boussaid interpellé sur le chantier de la neutralité de la TVA
Dynamique d’investissements: les entreprises en manque de visibilité

Pour sa première sortie «one to one» avec les Finances, Salaheddine Mezouar  a tenu  à marquer son territoire. Celui d’un groupement, la CGEM, qui s’inquiète fortement de la conjoncture que traversent les entreprises. Cette rencontre organisée avec Mohamed Boussaid était consacrée au «climat des affaires et délais de paiement». Plusieurs responsables ont fait le déplacement comme notamment Ahmed Rahhou, PDG de CIH Bank, Abderrahim Bouazza, DG de Bank Al-Maghrib, El Hadi Chaibaïnou, responsable du GPBM et  Khalid Safir, patron de la DGCL du ministère de l’Intérieur. 
Pour Mezouar, les délais de paiement ont battu tous les records. Sans en rejeter la responsabilité sur le seul département des Finances, il en appelle à un retour à la confiance. 
Pour lui, «dans une réunion pareille, nous devons sortir avec des signaux d’inflexion, dans  de la transparence et de la franchise. Pour le secteur privé, le moment est sérieux et le ministre des Finances a reconnu que la problématique des délais de paiement s’est aggravée». 
Le président de la CGEM n’y va pas par quatre chemins. Il veut être fixé sur «les montants des arriérés de l’Etat et surtout comment le ministère des Finances compte procéder pour les régler». Car, dit-il, « la machine a besoin d’oxygène. Ce travail doit se faire, la main dans la main, avec les Finances». 
Faisant référence à la loi de 2016, il a soulevé la question des décrets d’application qui tardent à voir le jour. Il s’agit de traiter cette question sans continuer à pénaliser les entreprises, particulièrement les TPE, les premières victimes de ce phénomène qui continue d’augmenter. 

Observatoire

Boussaid a lancé par la même occasion l’observatoire des délais de paiement. Pour donner plus d’élan et d’efficacité au travail de cette nouvelle structure, composée de représentants des secteurs public et privé, le ministre des Finances a proposé au président de la CGEM la coprésidence. Officiellement, c’est une instance consultative au service des autorités gouvernementales sur toutes les questions relatives aux délais de paiement des entreprises. Elle se veut comme une plateforme pour l’échange, la concertation et la proposition de mesures et d’actions visant la réduction des retards de paiement et la maîtrise des dettes des fournisseurs. 
L’Observatoire a tenu hier sa première réunion. Celle-ci a permis de constituer un comité ad hoc chargé d’élaborer une feuille de route pour le déploiement de l’observatoire et l’élaboration de son règlement intérieur ainsi que son plan d’action pour la période 2018-2019. 
Parallèlement à cette action, le ministère des Finances a lancé par la même occasion une plateforme électronique des réclamations des fournisseurs sur les délais de paiement des établissements et les entreprises publics. Ce site, élaboré en concertation avec la CGEM, est logé à la DEPP du ministère.

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Voulant être pragmatique, l’ancien chef de la diplomatie a proposé de mettre en place une commission pour le traitement du volet fiscal. Idem pour les crédits TVA. Sur ce dossier, des engagements de remboursement ont été pris. Ainsi, le stock total de 2017 et antérieur s’élevait à 14,2 milliards de DH. Pas moins de 8 milliards ont été traités dans le cadre de l’opération d’affacturage, qui a porté sur un peu plus de 8 milliards de DH. Ainsi, le stock restant à traiter est estimé à un peu plus de 6,2 milliards de DH. Dans cette opération, Mezouar s’inscrit dans l’optique de la durée et de l’avenir. Son idée est de voir comment consacrer une fois pour toutes la neutralité de la TVA. « C’est un vrai sujet sur lequel le secteur privé se dit prêt à s’engager pour aller plus loin dans la réforme. Pour cela, il conseille de mettre en place une cellule pour travailler sur cette question. Salaheddine Mezouar souhaite sensibiliser le ministère à la mise en place d’un fonds de garantie pour la trésorerie des entreprises, comme celui qui a été testé et mis en œuvre en 2010. 
Sur le manque de projets d’investissement, un comportement doit être dépassé. «Pour ce qui relève de notre part de responsabilité, nous agirons pour que la confiance et la dynamique d’investissement reviennent. Le secteur privé ressent le besoin fort de remonter la pente. Et pour cause, l’adrénaline pour continuer s’est estompée», note-t-il. 
Il est impératif de prendre des engagements qui permettent de faire passer un message positif et casser le mauvais état d’esprit qui gangrène la société: «l’absence de visibilité revient en force», dit-il. Mohamed Boussaid est dans le même état d’esprit.

 

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